CARBONIQUK CONTENU OU PRODUIT
Hydroerène
Eau.
Oxyde de carbone
Acide carbonique
^ 1 / Formène.
Garbures \
vu 1 , ■ < Ethylene.
d hydrogéné. ) „
^ t Butylène.
Totaux
Tous sont combustibles à l’exception de l’acide carbonique, et ils consomment en brûlant, comme l’indique le tableau, des volumes déterminés d’oxygène, et donnent ou de l’eau ou de l’acide carbonique.
Deux volumes d’hydrogène en brûlant se combinent avec un volume d’oxygène et donnent de l’eau. Un volume d’oxyde de carbone s’unit à un demi-volume d’oxygène et donne un volume d’acide carbonique; un volume de forrnène ou protocarbure d’hydrogène est brûlé par deux volumes d’oxygène, et il se produit un volume d’acide carbonique et de l’eau.
Un volume d’éthylène ou bicarbure d’hydrogène, pour brûler complètement, exige trois volumes d’ox^-gène et fournit deux volumes d’acide carbonique.
Un volume de butylène est brûlé par 6 volumes d’oxygène, et on obtient 4 volumes d’acide carbonique.
11 résulte de ces données obtenues par l’eudiomètre, qui ont été publiées dans V Ai^cnda du chimiste par l’éminent professeur Berthelot, que 122 centimètres cubes d’oxygène sont nécessaires pour brûler 100 centimètres cubes de gaz, et on obtient 02'^'"^, 5 d’acide carbonique, à peu près la moitié de 122, qui est Gl. Retenons donc que dans la combustion complète du gaz d’éclairage, le volume d’oxygène emprunté à l’air qui circule autour des flammes est double du volume d’acide carbonique produit. Un calcul très simple montre que le volume d’air qui contient 122 centimètres cubes d’oxvsfène est égal à 586 cenlimètres cubes.
Il est fort désagréable et nuisible de respirer les produits de combustion du gaz, et de se placer au-dessus de réchauds à gaz ou de becs de gaz allumés : de l’air très chaud, pauvre en oxygène, riche en acide carbonique et en azote, pénètre dans les poumons : c’est de l’air vicié, insuflîsant pour l’hématose. Aussi je ne cesse de conseiller l’emploi d’appareils, de hottes pourvues de tuyaux qui permettent l’entraînement complet au dehors des produits de la combustion.
GAZ D’ECLAIRAGE
Au moment même où je rédige cet article, je lis dans le Petit Journal (7 novembre 1904) le récit d’un accident mortel dont a été victime un jeune officier, INI. X., qui a été trouvé asphyxié dans une baignoire :
« L’eau de la baignoire était chauffée au moyen d’un appareil alimenté par le gaz. La combustion de ce gaz devait se faire incomplètement, car quelques jours auparavant X. avait été incommodée par des émanations d’oxyde de carbone. » Malgré les tractions rythniées de la langue et les soins donnés par les médecins, après que le malade avait repris connaissance, l’intoxication par l’oxyde de carbone amena une issue fatale.
A-t-on dans ce cas employé l’oxygène, dont j’ai démontré l’efficacité dans mon livre intitulé l’Oxyde de earbone (Encyclopédie Léauté) ? Ce ne sont pas quelques litres d’oxygène qu'il faut faire respirer à l’homme empoisonné, ce sont des centaines de litres qu’il faut employer, qu’on doit pouvoir trouver dans toute pharmacie, et les officines sont nombreuses à Paris.
L’explication que je puis donner de l’accident mortel si regrettable que je viens de rappeler me paraît être la suivante : un mauvais allumage du gaz a déterminé la combustion à chaque orifice des injecteurs, avant le mélange du gaz avec l’air. Jamais le gaz ne doit brûler ainsi; on sent alors l’acétylène qui est toujours mélangé d’oxyde de carbone, lorsque celte combustion incomplète a lieu. En faisant respirer à un chien les produits de combustion d’un bec Bunsen brûlant par le bas, j’ai obtenu en moins d’une demi-heure la mort de l’animal; le sang était en grande partie oxycarboné.
Je ne puis trop insister auprès des architectes sur la nécessité d’entraîner au dehors les produits de la combustion du gaz, qui en se répandant dans une salle de bains fort petite, meme dans les appartements nouveaux les plus somptueux, causent des malaises et trop souvent des accidents mortels.
Danger d’explosion. — Le gaz d’éclairage, mélangé en
certaines proportions avec l’air, détone avec la plus grande violence, et si les volumes sont assez grands, les effets mécaniques renversent les murs, tordent les métaux, lancent des projectiles qui peuvent tuer ou blesser grièvement les hommes : il y a des exemples nombreux de ces explosions désastreuses.
J’ai l’habitude, dans mes cours, de faire l’expérience suivante, qui est très démonstrative : je fais passer dans une cloche à gaz en verre épais 10 centimètres cubes de gaz d’éclairage et 6 d’air renfermant la proportion
d’oxygène nécessaire pour la combustion complète du gaz ; je fais pénétrer dans la cloche, après avoir agité le mélange pour le rendre homogène, un inflammateur à fil de platine; je fixe sur le sommet de la cloche un chapeau de laiton, à l’aide d’un support ou d’une vis de pression ; je recouvre le bocal plein d’eau d’une planche et d’un poids de 20 kilogrammes; je fais passer le courant d’une batterie d’accumulateurs; le fil rougit, une explosion violente a lieu qui chasse en dehors de la cloche une partie des gaz résultant de la combustion. Ces gaz recueillis renferment de l’acide carbonique et de l’oxyde de carbone, et dans une explosion célèbre de grisou qui eut lieu à Tylerstown, en Angleterre (27 janvier 1896), 57 ouvriers sur 90 qui se trouvaient dans la mine et trente chevaux sont morts empoisonnés par l’oxyde de carbone, comme l’a reconnu le professeur Haldane. J’ajouterai que si 10 centimètres cubes de gaz produisent déjà une forte explosion, si un mètre cube de gaz ou cent mille fois plus de gaz se mélangent avec 6 mètres cubes d’air, l’explosion produite par la flamme d’une bougie ou d’une allumette sera aussi terrible que si l’on avait fait détoner un énorme obus.
Dès que l’on sent, en pénétrant dans un magasin ou dans un appartement, la moindre odeur de gaz, avant l’allumage, il faut fermer le compteur, ouvrir des portes ou des fenêtres opposées pour renouveler l’air, et ne procéder à l’allumage des becs qu’après la disparition de l’odeur.
GAZ D’ÉCLAIRAGE
Ce qui rend l’usage du gaz préparé à l’aide de l’eau dont on fait passer la vapeur sur du charbon porté à la température de 1,000°, extrêmement dangereux; dans la pratique, c’est qu’il est formé de 48,8 d’hydrogène p. 100 et de 49,7 p. 100 d’oxyde de carbone, ])roportion 7 fois et demie plus grande que celle qui est contenue dans le gaz d’éclairage 0,6). (C’est de plus que ce gaz n’a pas d’odeur. C’est ce qui fait et ce qui fera renoncer à l’em- ])loi du gaz de l’eau, bien que sa préparation soit plus économique que celle du gaz de la houille.
Appareils de chauffage par le gaz. — Non seulement le gaz nous rend de très grands services j)Our l’éclairage, mais il est employé en grande quantité pour le chauffage et pour la cuisson des aliments.
Rien n’est plus commode dans nos appartements parisiens que l’usage intermittent des poêles radiateurs, qui, composés de tuyaux en terre réfractaire garnis de trous, chauffés par des becs de Bunsen, émettent une grande quantité de chaleur; mais, quand on les fait installer, il faut, à travers le tablier d’une cheminée baissé presque complètement jusqu’à 2 ou 3 centimètres du sol, faire percer un trou pour le tuyau de dégagement des produits de combustion. Ce tuyau doit, derrière le tablier, porter un coude et un tuyau vertical ayant au moins un mètre de hauteur, afin que tous les gaz chauds et contenant de la vapeur d’eau s’échappent complètement par la cheminée, qui doit être au-dessus du toit, surmontée d’un chapiteau à girouette tournant sous l’action du vent ; on évitera ainsi les coups de vent et le reflux dans la pièce des produits de la combustion.
Lorsque le poêle radiateur est allumé, il faut s’assurer que l’air de la chambre ou du salon est complètement entraîné, en approchant du sol une petite bougie allumée. Dans toute la surface rectangulaire ouverte comprise entre le sol et le bord inférieur du tablier, on constatera l’inclinaison de la flamme et l’établissement d’un bon tirage ; si la flamme s’inclinait en sens inverse du dehors
en dedans, l’installalion serait mauvaise et devrait être modifiée par un fumiste habile.
Je n’ai pas besoin de décrire les fourneaux à gaz de cuisine, qui sont connus de tout le monde, mais il est utile de faire remarquer que lorsqu’il s’agit de rôtis ou de grillades, il faut que le morceau de viande soit placé à 3 centimètres environ de la surface presque horizontale formée par deux rangées de flammes brillant en blanc et rayonnant plus de chaleur que les flammes bleues.
Si l’on veut obtenir un rôti, on fera disposer sur un escabeau un tourneliroche qui fera tourner la pièce de viande pendant trois quarts d’heure ou un temps plus long, suivant son volume.
Un récipient métallique de forme rectangulaire placé au-dessous et reposant sur des bouchons de liège recevra le jus du rôti.
11 est bien essentiel, au point de vue de l’hygiène, d’obtenir une cuisson suffisante : il y a souvent une différence considérable entre la température à la surface et dans l’intérieur d’un rôti, comme on peut le reconnaître au thermomètre; l’ingestion dans l’estomac de viande rouge qui peut contenir des cysticerques, larves de ténia, peut donner naissance dans l’intestin à des ténias ou vers solitaires, très nuisibles à la santé.
Les Abyssins, qui se nourrissent de viande crue, ont presque tous le ténia, dont ils se débarrassent de temps en temps par le kousso et par d’autres antlielmintiques.
Le savant d’Abbadie, qui a été président de l’Académie des sciences, m’a raconté que, pendant un long séjour qu’il fit en Abyssinie pour des recherches scientifiques, il n’avait jamais voulu se soumettre à l’usage de la viande crue ; il s’est nourri exclusivement de riz; il ajoutait que son savant collègue M. Boussiiigault lui avait dit : « Il est impossible de se nourrir ainsi en ne prenant que du riz, qui ne renferme pas assez d’azote. Cependant on peut affirmer que le riz seul peut suffire pour entretenir la santé et l’énergie musculaire. M. Guillaume Grandidier, qui fit
GAZ D’ECLAIRAGE
plusieurs voyages à Madagascar, a vu des porteurs chargés de lourds fardeaux se contenter de 800 grammes ii 000 grammes de riz par jour; il est vrai que le riz est préparé par les indigènes avec une petite quantité d’eau, presque à sec, pour éviter une trop grande dilatation de l’estomac.
Conseils pratiques dans l’emploi du gaz. — Lorsqu’on fait installer le gaz d’éclairage dans une cuisine, il faut prescrire aux ouvriers de placer le compteur sur une tablette à la hauteur de 2 mètres environ, pour qu’il soit hors de la portée des enfants (c’est généralement ce que l’on fait); puis, dans l’établissement des tuyaux de plomb et des robinets, il faut faire disposer ceux-ci de manière que le consommateur (le compteur étant fermé) puisse de temps en temps dévisser la vis et graisser le noyau de chaque robinet avec un peu de suif : c’est ainsi qu’on évitera les fuites de gaz par les robinets.
Il est bon de faire souder au tuyau principal d’arrivée du gaz fixé contre le mur un second branchement en forme d’Y, de manière à posséder deux robinets, l’un desservant le fourneau à gaz par un tuyau métallique soudé aux deux extrémités, l’autre permettant, à l’aide d'un autre tube métallique, de conduire le gaz à un bec Bunsen ou à un bec cintré de Berthelot pourvu de son support. On obtient ainsi un troisième réchaud, qui peut être utile dans certains cas. Je supprime volontiers les tuyaux de caoutchouc, qui souvent se fendent et donnent une issue au gaz, et je les fais remplacer par des tuyaux métalliques de plomb ou de laiton soudés à leurs extrémités.
Pour ouvrir et pour fermer le robinet du compteur, ce qui est indispensable chaque fois que l’on quitte son appariement, ou le soir avant de sc coucher, rien n’est plus commode que l’emploi de chaînes terminées par un anneau et qui sont attachées à un levier fixé sur le noyau du robinet.
La fermeture du compteur est si essentielle, qu’elle doit être contrôlée successivement par deux personnes : ou
évitera ainsi, à coup sûr, les accidents d’empoisonnement par l’oxyde de carbone contenu dans le gaz, qui arrivent souvent pendant le sommeil et qui ont fait mourir des familles entières, le père, la mère et les enfants.
Je suis d’avis qu’il ne faut pas employer le gaz dans les chambres à coucher.