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LES SERPENTS VENIMEUX

La quanlilé de cliloroforme employé est la moitié ou le tiers de celle qu’il laut mélangera 150 litres d’air pour obtenir l’anesthésie par le chloroforme seul; c’est ce qu’a démontré le procédé très ingénieux de dosage du chloroforme dans le sang et dans les tissus, que nous devons à l’habile docteur Nicloux.

Sur les serpents venimeux. — J’emprunte à la notice scientifique de mon collègue à l’Académie de médecine le professeur Kaufmann, d’Alfort, des faits intéressants relatifs à la vipère et à son venin, et à la destruction des vipères par le hérisson. Dans un rapport au ministre de l’agriculture, M. Kaufmann étudie la distribution géographique de la vipère en France; il expose les accidents ]>roduits chez l’homme et les animaux domestiques par les morsures de ce reptile venimeux; il indique les moyens à employer pour prévenir ces accidents et pour les guérir, et les mesures administratives qu’il conviendrait de prendre pour empêcher la propagation des vipères et pour arriver à leur destruction complète. En partant d’une statistique officielle faite dans les trois départements de la Franche-Comté, M. Kaufmann montre l’importance de la prime sur la destruction. Pour que la prime produise tout son effet, il faut qu’elle soit assez élevée pour assurer un gain rémunérateur à ceux qui pratiquent la chasse des vipères; il faut de plus qu’elle porte de préférence sur les reptiles tués au printemps et qu’elle soit plus élevée pour les vipères que pour les vipereaux.

Le hérisson destructeur des vipères. — Quand on enferme ensemble dans une cage un hérisson et une vipère, on peut assister à un combat des plus curieux et duquel le hérisson sort toujours victorieux.

Le hérisson, en s’avançant vers le reptile, abaisse son museau et le cache sous les épines qui surmontent sa tête et qui forment un véritable casque armé de pointes aiguës. Au moment où le hérisson ainsi protégé arrive près du reptile pour le saisir, celui-ci, la gueule large-

ment ouverte et les crochets à venin saillants, cherche à frapper le museau de l’agresseur; mais ses coups, au lieu de porter directement sur la peau, tombent sur les épines, et le venin lancé se perd inutilement. Après avoir frappé ainsi à plusieurs reprises sans résultats, la vipère cherche à fuir, mais le hérisson la saisit et la mord vigoureusement. Pendant la lutte qui se poursuit alors, le reptile frappe encore des coups répétés, souvent ses crochets pénètrent dans le museau du hérisson; mais celui-ci se soucie peu de ces morsures tardives, il n’en est nullement impressionné, parce que la provision du venin est épuisée et que par conséquent les crochets ne peuvent lui inoculer qu’une quantité de venin insuffisante. Il finit par saisir le reptile par le cou et la tête, le tue assez rapidement et le dévore ensuite. Le hérisson est moins sensible au venin de la vipère que les autres animaux, mais il ne faudrait pas croire qu’il jouit de l’immunité complète. En effet, j’ai tué plusieurs hérissons en leur inoculant à chacun une grosse goutte de venin frais sous la peau. 11 est bien certain que si le hérisson était atteint au museau par la première morsure du reptile, il succomberait souvent, ou en tout cas serait intoxiqué plus ou moins. (Kaufmann.)

Le hérisson étant un excellent destructeur de vipères, il conviendrait de favoriser sa multiplication dans les régions infestées de ces dangereux reptiles (professeur Kaufmann).

J’ajouterai que dans tous les pays où existent des serpents venimeux, les voyageurs feront bien de se munir d’une provision de sérum antivenimeux du docteur Calmette, de Lille, pour traiter les hommes et les animaux mordus par les serpents, qui ont fait tant de victimes.

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