‹ La santé pour tousChapitre 2 sur 42 · II DÉDICACE · texte numérisé non relu

II DÉDICACE

Que deviendras-tu, que deviendrons - nous si la science ne te ramasse, elle aussi, comme la charité Vorphelin, si elle ne te réchauffe sur son cœur, si elle ne te prend pas ensuite par la main pour te conduire, pour te guider, pour te protéger ! . . .

Tu mourras bien jeune ! . . . jeune encore ! . . . jeune toujours ! . . .

Ah ! comment se fait-il que tu as toujours été seul, abandonné, qu'on ne s'est pas occupé de toi, qu'on t'a toujours regardé avec indifférence, comme si tu n'étais pas tout notre sang, toute notre âme ! comme si ce n'était pas toi qui es le sol ! comme si ce n'était pas toi qui es la patrie ! . . .

Nous aspirons à la grandeur, à la fortune, à la liberté, et nous oublions que tu es tout cela ; que sans toi, pauvre petit, il n'y a ni grandeur ni fortune, ni liberté ! N'est-ce pas foi qui seras le grand homme ? n' est-ce pas toi qui feras la richesse du commerce ? n'est-ce pas toi qui défendras la frontière ?

Pardon, cher enfant ! Je viens a toi, je m'agenouille sur ton berceau — c'est le berceau de Moïse — et je te supplie, je te conjure de m'écouter et de m'entendre. C'est moi qui te parle ; non, ce n'est pas moi : c'est la science qui te parle par la bouche de ta mère ! Obéis comme elle t'aime !

Dr. Severin Lachapelle.

Ville Saint-Henri.

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