LES PRESSENTIMENTS
* bans les premiers jours de novembre 1846, les habitants de Southampton couraient vers le port; le canon venait d'annoncer un bâtiment arrivant des Indes. Les uns attendaient, avec l'impatience du commerçant, des marchandises, des nouvelles; d'autres attendaient, avec leur cœur, un parent, un ami.
Un port de mer est un point de ralliement pour les douleurs et les joies vives. Quand un marin est resté un an entîe le ciel et Teau, et qu'il revoit sa mère ou sa fiancée, sa joie ressemble à de la folie ; quand le bâtiment s'éloigne, on dirait que les yeux ont été inventés pour pleurer.
La mer ressemblait ^ une nappe d'argent sur la*quelle se balançait avec coquetterie le navire le Vigilant Oq l'avait entièrement peint, en passant sous la lijgfne, ppup qu^il seii^^ât npuf à soq ^rivég dans le port. Les passagers avaient fait toilette, les matelots tiraient en chantant sur les câbles. Tout avait à bord un air de fête.
Au milieu du tumulte qui régnait sur le pont, une seule, personne était calme : c'était un jeune homme de vingt-cinq ans à peine, portant l'uniforme d'officier ; il regardait avec indifférence tout ce qui se faisait autour de lui.
Il faut* avoir un cœur bien insensible pour ne pas être ému à la vue de la terre, après un long voyage sur mer, surtout qu^d pettiB terre p^t celle qui nous a vu naître.
Notre officier voyait cependant son pays natal , n^ais il semblait n'y avoir ni parents ni anais à retrouver tant sa tristesse contrastait avec le contentement général.
— Qu'avez-vous donc, Richard? lui demanda le capitaine, gui passait près de lui, nous avons fait une traversée des plus heureuses, nous avons un ^ temps magnifique pour débarquer, vous allez revoir votre mère, vos frères, et vous nous faites une figure comme si yous aperceviez un grain à l'horizon ; il ne faut pa? être goucieûx comme cela à votre âge ; moi, qui suis un vieux loup (Je mer, qu^4 je vois la côte, mon cœur saute à se décrocher-
Ik SAPIfQ. 3
rr-Yous, ç'^st autre chose, c^pituine, réponçlU Richard, on' vous attend les bras et le cœur oijyerts ; jm)i, je suis |Straug(sr partout.
-r Vous avez rame trpp élevée, mon cher eqfî^nt, pouir être jaloux, reprit le capitaine, en lui tendant Iji main. Voyons 1 ch^sez-moi oes idées noifes^ Qu0 diabla t après tout, votre mère est votre pière I e)le o'est pas expansive, c'pst vr^i ; mais je suis sur qu'elle yous aime. Cadet ou ^né, vous êteé toujours son fils* Allons I allons ! riez un peu ; ça m'afflige 4e vous voir triste un jour d'arrivée.
En ce momenf chacun se pressa ppur quittprle pavire, chacun avait hâte de le laisser, comme si la terre allait s'eufuir; et bientôt le pont fut désert.
Richard sortit le dernier. La nuit commeugait à peine; mais un brouillard épais, survenu tout à coup, empêchait de distinguer les objets à vingt pas devant soi. Les tavernes étaient pleines de matelot^ qui chantaient, buvant et oubliant en un iustant tout ce qif'ils avaient souffert pendant une longue tr^yergée.
Sj le vice hideux de l'ivrognerie pouvait avoir une excuse, ce devrait être bieijcertaiuementpour le matelot.
L'Quyrier gui travaille peut prendre du repos le 4imaucbe, se prpmeuer ; ij peut, avec ce qu'il gagpe, se douper quelqi^es-unes des doupeurs de la yie ; g'il est malade^ il a une femme, un ami pour le soigner ; s'il est. pauyrp, délaissé, ii trouve ^ l'hôpital uu lit
dans lequel là charité a toujours mis des draps blancs.
Le matelot n'a pas de dimanche ; il a beau re-*doubler de courage, sa nourriture ne varie jamais : de la v^nde salée et du biscuit de mer ; l'eau qu'il boit est mesurée ; il dort cinq heures par nuit tout habillé ; s'il est malade, il est presque impossible de le soigner, il faut qu'il suppo^te ce roulis, qui torture ceux qui souffrent ; s'il meurt, son linceul est un sac de toile grossière; sa tombe, la mer.
Voilà pourquoi, quand les matelots sont à terre, un verre de vin les enivre et leur fait perdre la raison. Ces hommes, que Ton rencontre quelquefois se soutenant à peine, jurant et se battant comme des furieux, sont affreux à voir ; mais ils sont plus à plaindre qu'à blâmer.
L'existence de chacun est tellement enveloppée de mystère, qu'il arrive souvent que le riche envie le malheur du pauvre. Richard s'était approché d'une taverne pour lire l'adresse d'une lettre. Il contemplait en silence la joie franche des buveurs ; il soupira comme s'il reprochait à la destinée de ravoir fait homme du monde.
— Voyons, murmura-t-il en remettant dans sa: poche la lettre qu'il avait regardée, ne vais-je pas me plaindre, m'apitoyer sur mon compte quand je porte à de pauvres gens une nouvelle qui va leur briser le cœur. Je n'ai pas seulement cherché dans* ma tète les paroles, les phrases qui pourraient adou«
cir mon récit. Je ne sais comment je vais m'y prendre.
Richard s'arrêta devant une maison de nyodeste apparence ; la fenêtre du rez-de-chaussée était seule éclairée.
— Ce doit être là? pensa le jeune homme. Il s'approcha plus près des carreaux pour voir à Tintérieur. :
Dans cette chai^bre se trouvaient deux femmes : Tune était assise. Elle pouvait avoir quarante à quarante-quatre ans. La beauté passe si vite chez une pauvre ménagère qu'on n'aurait pas pu voir si elle avait été belle , sans sa fille qui se trouvait en face d'elle comme un reflet de sa jeunesse.
Celle-ci était une belle enfant de seize ans : ses cheveux châtains ondes encadraient sa figure d'un ovale parfait; ses yeux noirs, quoique voilés par des larmes, brillaient comme des étoiles ; sa bouche était charmante, malgré un petit air dédaigneux et peut-être à cause de cela; ses sourcils se rejoignaient imperceptiblement; son nez était fin; sa taille moyenne était cambrée et bien prise ; pourtant il était aisé de voir qu'elle n'avait pas encore atteint toute son élégance. Les lignes de son visage, vues de profil, étaient d'une pureté parfaite, ainsi éclairées par les reflets pâles de la lampe ; sa physionomie avait quelque chose d'étrange, elle ressemblait à un beau portrait de Rembrandt. ' Ces deux femmes arrangeaient ou plutôt contem-
pldent des effets d*homme, épars sur Une table.
— Ce sont elles I murmura Richard, en reculant pour n'élre pas aperçu, pauvre madame Lauredt! elle a Tâir bien faible ; on dirait qu'elle pleufe. Je ne me sens pas le courage d'entrer ce soir; je puis remettre ma tisite à demaiti sans manquer à ina parde.
Le jeune homme s'éloigna comme s'il se sentait soulagé par la résolution qu'il venait de prendre.
La persoîlUe qu1l venait de nommei- madame Laurent, était d'Une pâleur extrême, d'uUe maigreur diaphane. On voyait que la chétive créature ne tenait à la vie que par un souffle.
Depuis bientôt six ans qu'elle était veuve, madame Laurent luttait avec le tnal, et sans les soins ' de sa fille, le souvenir de ses deux fils, elle eût suivi de bien près son mari dans la tombe.
C'était, du reste, une histoire mélancolique que celle de ce mari qu'elle pleurait encore tous les jours.
Ldureht avait souffert toute sa vie de ces mstiix inconnus que la deiâtinée jette souvent dans le berceau des hommes.
Sa mère était belle ; elle se le laissa dire en l'absence de son mari; lorsque celui-ci revint, elle allait être mère.,.
Aussi n'attendit-elle pas avec des tressaillements de joie le bonheur que dontie là matetnité ; elle' maudit au coiïtfaitereiifaut qu'elle portait dauiS son sein. C'était le fruit d'une faute.
LA SÂt»Hb. f
L'enfant du ddtiite de T... porta le noîti de Laurent i'Àrtnùrier,
Cet homine, ijui était son pèi*e par la loi, le détestait, le traitait aveô dureté. Soit intérêt, soit faiblesse, il ne s^ëtait pas séparé de sa femme ; il élevait, en lé sachant, un bâtard comme soiî fils ; atix yëtix du monde qui Tentoûrait, c'était un saint homme,
Pierre Laurent vécût ainsi seize atis. Son pain était souvent arrosé de ses larmes ; à cet âge il se crut homme et voulut s'affranchir de cette paternité qui Técrasâit.
Il partit un jour pour chercher fortune, croyant la trouvera t*aris.
Là capitale ouvre ses portes à toUs cetix qui arrivent, mais lorsqu'ils sont trop nomi)reUx, elle les étouffe ou les laisse mourir de faim. Il ne suffit pas d'êtrejéUne, d'avoir derinteIl{gence,dtlcouragepour trouver à vivre dans cette ville, où tout se vend, où tout s'achète, où tout se corrompt à la longue. La forttttië à ses caprices et ses préférés. Pour Un homtiie qui rétlssit, il y en a des milliers qui succombent.
Pierre supporta là misère, les privations leô plus duhss.
Ëh quittant ses parents, il s'était promis de tiô jamais leur écrire, et il fut inébranlable dans c^ette résolution . Son orgueil dotniiia ses souffrances ; sa loyauté domina son orgueil, il ne rectila dotant àti-
cune espèce de travail : il fit tous les métiers, et comme il avait un esprit supérieur, qu'il était plein d'énergie, il réussit à gagner le pain de chaque jour, quoiqu'on lui volât une partie de son travail. C'est encore une des industries parisiennes : lorsqu'un homme arrive et qu'il cherche de l'ouvrage, il trouve presque toujours un marchand, un fabricant ou un maître qui lui dit : « Je n'ai besoin de personne; je vous prends pour vous rendre service. » En attendant, il le fait travailler comme quatre et lui donne bien juste sa nourriture. Enfin, à force de persévérance, Pierre finit par devenir premier ouvrier chez l'armurier le plus en renom à Paris.
• Pierre devint amoureux de la fille de son patron. Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre que son maître ne consentirait jamais à leur mariage.
Que faire?
Les deux jeunes gens résolurent de se sauver à Londres,
On se mariait alors si facilement en Angleterre 1
Pierre enleva donc celle qu'il aimait ; c'était la seule mauvaise action qu'il eût commise dans sa vie ; nous pensons qu'on la lui pardonnera aisément, surtout quand nous dirons que, durant toute son existence, sa femme fut son seul amour, que son premier baiser et son dernier soupir furent pour elle.
Les commencements furent un peu durs pour les nouveaux mariés ; ils n'étaient pas riches ; mais
Tamour réchauffait leur chambre, le soleil ne semr blait briller que pour eux.
On proposa à Pierre une place à Southampton; il l'accepta et alla s'établir dans cette ville*
Pierre aurait dû se trouver heureux ; il avait trois enfants charmants et sa femme était un ange de douceur. Cependant, il était souvent triste, il avait dans les veines quelques gouttes de sang aristocratique et malgré lui, malgré ses efforts, l'envie le mordait au cœur; il se croyait déplacé dans un atelier, son orgueil se révoltait à l'idée d'obéir passivement à un maître. Il voulut épargner à ses enfants ce supplice qui lui faisait rêver la richesse et le rendait malheureux au réveil.
Madame Laurent lui demanda un jour quel état il voulait donner à ses fils.
— Un état dans lequel ils ne dépendroiit pas des hommes, mais de Dieu, répondit-il.
— Je ne comprends pas, répliqua madame Laurent en pâlissant, à Fidée d'avoir deviné.
— Us sueront marins tous les deux.
Madame Laurent voulut faire des objections, mais son mari ne lui en laissa pas le temps.
— Je le veux I dit-il avec fermeté.
Cétait la première fois qu'il parlait ainsi; la douce femme pleura, mais elle n'osa pas répliquer. -
Le lecteur comprend maintenant pourquoi la pauvre mère était si triste chaque fois qu'un de ses fils allait s'embarquer.
— Je lï'âl pas le courage de finir ce paqtiel , murmura madame Laureilt en regardant Marie.
Marie se peticha poUr Tembrasser.
— Tu n*es pas raisonnable, ma boîme mère, tu sais bien qu'un rien te rend malade ; ce îi'est pas la première fois que mes frères partent. Pierre reviendra. ^
— Oui, il reviendra, lui répondit sa mère avec tristesse, mais je n'ai pas de santé et s'il était bien longtemps...
— Peux-tu avoir de vilaines idées comme cela, et me les dire, reprit Marie, tu ne m'aitiies donc pas?
— Oh! dit niadame Laurent en Tattirant près d'ellct ne va pas croire ça... Mais tu restes, toi.
Ea ce moment, on ouvrit la porte sans frapper ; un jeune homme de vingt à vingt-deux ans s'arrêta sur le seuil en croisant les bras. Il était grand, bien bâti, sa figure était agréable, son regard doux, ses traits réguliers. Il fit quelques pas dans la chambre et jeta sa casquette sur la table avec un mouvement d'impatience ; puis revenant près de madame Laurent et lui prenant les mains, il lui dit :
— Tu pleures encore, ce n'est pas ce que tu m*avais promis ; voyons, ma mère, il faut être raisonnable, parce que je ne peux pas te voir pleurer, moi, voistti, ça me fait mal à Fâme et je voudrais être heureux quand le bon Dieu me ramène près de vous.
— Tu as raison, mon enfant, dit madame Lau-
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rcût en s'essûyant les jreux et essayant de mettre de ToMrë àûhé les effets épats. Mais c'est démslin que tu nous quittes, tti Tàs ètte Un an absent.
Piefre s'ettorça de rite en disant : ça passe vile, va, un an ; ce n'est que doUze ttiois, à mon retoui" j'aurai gagné quatre cents francs l C'est joU cela I Ah! tiens, dû m*a donné cent francs d'à-cônipte.
Et il jeta tout jdyetix son argent sur la tstble, en regardant sa mère commd on fait ànx enfants qu'oll cherche à , consoler avec un joiiet. Comme elle ne souriait pas, il reprit :
— C'est pour toi; compte, il tl*y maiique pas uti penny, ce qui ne m'a pas empêché de m'amuser tout de même ; ce sont les amis qUi ont payé. Ils n'ont pas une bonne mère, une bonne petite sœur comme moi, eux; ils vous connaissent bien, je parle assez de vous pendant le toyage. Quand je chante en me réveillant, ils me disent : Tu as rêvé de ta mère ou de ta sœur I heitiî et c'est la vérité. Ils voudraient bien venir ici, mais ce sera pour quand ma sœur sera mariée. Il ne faut pas épouser un marin, entends -tu, ce sont de bons enfants, mais...
— Mais, dit sa mère, ils vivent trop peu avec ceux qui les aiment. Nous y penserons quand tu reviendras, elle n'a pas seize ahs.
— Dame, dit Pierre en regardant sa sœur avec satisfaction, c*est,que c'est une demoiselle^ ma petite Marie ; et prenant la main de la jeune fille, îl dit :
—Ah I regarde donc, mère, quelle différence de couleur, croirait-on que nous sommes du même sang ? J*ai ra,ir d'un nègre à côté d'elle.
Et le jeune homme regardait avec tristesse ses larges mains calleuses brûlées par le soleil.
— Cher enfant ! dit sa mère en l'embrassant. C'est un métier bien dur, et si tu veux m'écouter|Ce voyage sera le dernier que tu feras, je tâcherai de décider aussi ton frère à quitter la marine. Nous resterons tous ensemble. Ah! si ton père m'avait écouté, vous rfauriez jamais été marins. Il croyait me quitter moins vite, que Dieu ait son ^me en paix, sa volonté a été faite, maisf elle m'a coûté bien des larmes. C'est plus fort que moi : quand le vent est grand ou que la mer roule un peu, je deviens folle d'inquiétude. ' ,
— Pauvre mère, je comprends cela, pourtant tu as tort. Oh I je suis fâché de te faire de la peine, mais je ne changerai jamais d'état. J'aime l'Océan, l'espace ! Je ne pourrais pas respirer dans un atelier. On se moquerait de moi si je faisais ma prière tout haut en plein jour. Les gens de la terre ne connaissent pas assez le bon Dieu; entre le ciel et l'eau, vois-tu, on est chez lui, on lui parle bien souvent et il vous écoute. Après l'orage le beau temps ; on a plus de plaisir que de peine.
— Oui, le danger passé, vous chantez ; mais tu auras beau dire, je sais qu'il arrive des accidents affreux, des ministres épouvantables.
— Àh I bah I les mères^ ça voit tout en noir ; ma sœur est plus raisonnable que toi ; n'est-ce pas, Marie, que tu serais marin^ si tu étais homme ?
— Je ne sais pas, je crois que je ferais ce qui plairait le plus à ma mère.
— Ah I dit Pierre, c'est une leçon^ il parait que je suis un mauvais fils.
^ Elle ne te dit pas cela, elle voudrait te voir rester avec nous.
— Est-ce vrai, ça, Marie? Eh bien, reprU-il en soupirant, ce voyage sera le dernier, si mon frère le veut. Êtes-vous contentes?
Toutes deux l'embrassèrent à la fois, et la gaieté sécha les pleurs. Marie rangea le paquet pour préparer le modeste souper.
—Pars-tu bien sûr demain, mon frère? tu sais, la dernière fois, vous êtes partis huit jours plus tard.
— Je n'aurai pas cette chance-là ce voyage-ci, je devrais être à mon bord ce soir ; j'ai permission jusqu'à demain six heures du 'matin, et une fois rentré, tu sais, on ne sort plus. Le canon va chanter avec le coq. Si je ne vous quittais pas, je serais joliment heureux, je n'aime pas la terre. Allons, parlons d'autre chose. Combien y a-t-il que mon frère Jacques est parti?
—Voilà huit mois ; mais j'ai reçu deux lettres des Indes, j'espère qu'il va bientôt arriver.
— Vois- tu, mère, le seul moyen de le garder, c'est
1i LA SÂPHO.
de le marier. Oil li'a pas besoiti d'être Hche pour être heureux, et quand on a de boîis bras et du courage, Dieu vôu^ aide.
tes troi^ personnes se turent, leuts âmes étaient tristes comme là lumière qui les éclairait. Madame Laurent rompit le silence la première.
— Je ne voudrais pas vous attrister, mes pauvres enfants. On croit que lés pressentiments d*une mère sont exagérés, pourtant il me semble que des rêves, des mt)uvements de mon cœur m'ont annoncé un malheur, je voudrais que ton frère fût de retour.