CHAPITRE II
Géologie (1)
A l'exception d’une mince bande de terrain au sud, toute la\plaine intérieure envoie ses.eaux dans l'océan glacial Arctique au nord, ou dans la baie d'Hudson à l’est; la pente générale des terrains est donc indiquée |vers ces deux directions.
Cette plaine continentale intérieure a, depuis les premier temps géologiques, une histoire relativement tranquille : presque pas de phénomènes orogéniques ni éruptifs, seulement quelques mouvements continentaux. Le pays
a) Nous nous sommes servis pour ce chapitre de l'excellente Esquisse géologique de M. G. A. Young.’
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est presque entièrement recouvert d'un manteau de terre végétale qui dérobe aux yeux, sur de grands espaces, des “couches sédimentaires peu inclinées ou plissées seulement sous de très larges angles. G8s couches reposent, sans doute, à leur tour, sur un prolongement occidental du plateau Laurentien.
La province de Saskatchewan peut ètre divisée en {rois parties bien distinctes au point de vue géologique. Une ligne ayant une direction sud-est nordouest, tirée du lac Cumberland vers la rivière Glcarwater, jalonne, en effet,une suite de lacs : Montréal, la Ronge, la Plonge, Ile à la Crosse, Clear, la Loche, faisant partie de ces immenses nappes d'eau qui vont du lac Winnipeg au lac du Grand Ours, en passant par le lac Athabaska et le Grand Lac des Esclaves.
Au nord de ces lacs, le terrain appartient aux temps primaires; c'esb, pour la plus grande partie, le Laurentien. Mais on trouve aussi d'autres formations géologiques. Un vaste district limité au nord par les lacs Athabaska et Black, s'étendant à l'est jusqu'au lac Wollaston ct au sud jusqu'au lac Cri, est formé de grès qu'on suppose Kewinawiens. Au nord du lac Athabaska on a découvert de très légers affleurements qui doivent dater du Huronien supérieur. Toute cette région n'a pas encore été sérieusement prospectée, sauf en suivant le cours de quelques rivières. Mais il n’est pas téméraire de supposer qu'on retrouvera dans Ces terrains anciens les mères richesses minérales que dans les formations semblables de l'Ontario du nord. Déjà on a découvert du charbon au lac la Ronge et l'on suppose que les grès dans Île voisinage du lac Cree peuvent contenir du cuivre.
Cette région seplentrionale qui ne comprend donc que des terrains très anciens est séparée de la partie sud de la province par une étroite bande de formations paléozoïques. On distingue d'abord l'Ordovicien qui a pris la direction sud-est nord-ouest depuis le lac Winnipeg et atteint presque la frontière occidentale de la province. Il est représenté par des grès surmontés de calcaires magnésiens, puis tout à fait au sommet, par des couches de schistes et de calcaires. Il repose au nord-est sur le Précambhrien et se termine à l'ouest sous le Silurien en concordance, ou sous le Dévonien et le Crétacé aux points de lacune dans la sédimentation.
Le Silurien qui n'apparaît que sur une faible étendue dans l'est, se compose surtout de calcaires magnésiens horizontaux et de dolomies.
Le Dévonien enfin forme une étroite bande qui va du lac la Plonge à la rivière Clearwater reposant sur le bord occidental du plateau Précambrien; on y a découvert des sables bitumeux au lac Buffalo. !
Tout le sud de la province appartient, pour la plus grande partie, au Crétacé, avec, ça et là, quelques îlots de Laramie et de Tertiaire, principalement près de la frontière des Ktats-Unis.
Nous ne nous étendrons pas outre“mesure sur la formation du Crétacé, M. Guénard ayant déjà montré, dans sa monographie de l'Alberta, que la plaine du Nord-Ouest ne peut s'expliquer sans l'étude des Rocheuses. La surrection de cette chaîne de montagnes ne date en effet que de l'ère tertiaire ; au paravant, les territoires qui se trouvent à l’est de ces plissements furent submergés sous la grande mer intéricure qui recouvrait alors la région centrale
du continent. Puis à la fin de l'ère paléozoique, la plus grande partie de la plaine intérieure vit Les eaux marines se retirer el resta émergée jusqu'à la fin du crétacé. Le pays fut sans doute soumis alors à une érosion qui balaya des quantités considérables de sédiments, mais qui semble n'avoir pas détruit l'horizontalité primilive de la surface de sédimentation. Pendant l’époque Colorado il. y eut retour de la mer, qui s'étendait alors de l'océan Arctique jusqu’au golfe du Mexique. Dans cette mer se déposèrent successivement des schistes noirs, des schistes calcaires et des calcaires marneux, À la fin de l'époque Montana l'existence de mers peu profondes semble avair été le prélude d'une régression générale des eaux marines et le retour aux conditions lacustres. Aussi l’époque suivante, l'époque Laramie, fut-elle le témoin de la formation de sédiments d'eau douce, dont on ne retrouve plus dans le sud de la province de Saskatchewan que des lambeaux épargnés par l'érosion.
. À la fin du Laramie, dans les premiers temps de l'ère tertiaire, la lisière
occidentale de la grande plaine intérieure fut alors le théâtre de gigantesques mouvements du sol qui donnèrent naissance aux montagnes Rocheuses. Les terrains brisés et disloqués furent soulevés et poussés vers l'est, les uns sur les autres, à des distances atteignant parfois plusieurs milles. À mesure qu'on s'éloigne de la chaine principale vers l'est, les effets de ces forces orogéniques s'atténuent graduellement et l'on voit apparaître dans la Saskatchewan des collines ondulées de plus en plus basses.
Après cette période d'activité orogénique, la plaine intérieure entra dans une nouvelle période de sédimentation. C’est ainsi que les collines des Cyprès et la Montagne Boisée sont formées de couches argileuses et grèseuses surmontées de couches de cailloux roulés et de lentilles de sable. Ces terrains proviennent sans doute du dépôt d’alluvions grossières et ne représentent que les vestiges de dépôts analogues qui avaient autrefois une grande extension, puis disparurent par l'érosion qui n'a pas cessé de se produire depuis le Tertaire jusqu'à nos jours.
Avant ou pendant l'époque glaciaire, il paraît y avoir eu un immense affaissement de la région septentrionale du Canada central. La pente générale des : terrains dirigée jusque là vers le sud, s’inclina désormais vers le nord. Par suite, la bordure de la couche de glace recula dans cette direction, laissant derrière elle de nombreux lacs, et modifiant profondément le régime des eaux (1). °
Les immenses terrains de culture et d'élevage dont nous venons d'esquisser la formation, et qui composent la partie méridionale de la province, sont relati. vement pauvres en ressources minérales et il n'en peut guère être autrement dans un pays recouvert d’un épais manteau de sédiments qu'aucun accident sérieux ne vint troubler. On drague bien de l'or dans les sables et les graviers de la Saskatchewan septentrionale, à partir de l'endroit où elle entre dans la province, à l'ouest, jusqu'au coude qu'elle fait pour quitter la direction nordouest sud-est et prendre la direction sud-ouest nord-est; mais, à l'exception de
() Voir, à ce sujet, le chapitre V, Hydrographie.
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ce mincrai ol aussi des matières premières emplovécs dans l'industrie du ciment, de la polerie et de la construction, la production minière est entièrement restreinte à celle des combustibles.
Notons toutefois que le sel existe dans différentes parties de la province, M. W. Jonis, de la connuission géologique, à vu une pelile source salée dans les collines Pasquia, à l'est de Prince-Albert. A d'autres endroits, le long de la partie occidentale de la provinee, des sources salées el sulfureuses ont été repérées.
# On «a enfin découvert, dans différents districts, l'argont, le cuivre, le cobalt, le fer, le mica, la tourbe, l'ocre et le gaz naturel (1).
Les dépôts d'argiles et de schistes argileux sont exploités autour de Régina, Saskatoon, Pyrince-AMbert, NL Les districts les plus étendus et ayant le plus d'importance pà { cette industrie, sont ceux des Dirt Hills situés au sud de Moosejaw fartenant au Laramie.
D'après la commission géologique du Canada, il y a, en Saskatchewan, 5.500 milles carrés de charbon ou 20 billions de tonnes de lignite.
- Les dépôts de liynite se trouvent principalement dans la partie méridionale de la province .Ils s'étendent dans le périmètre d'une ligne tirée de la fron- Hüière des Etats-Unis, vers Oxhow, puis de à vers Lampmann, Weyburn, Forward, Avonlea, le lac Johnston, le lac des Rivières, le lac des Douze-Milles et la Montagne Boisée. Une étroite bande est située à l'ouest de la Montazne Buisée el une autre au nord-ouest du lac Johnston. De plus des dépôts existenb aussi dans les collines des Crprès et sur le Coteru (21.
«La superficie la mieux connue est celle des environs d'Estevan où des mines sont en exploitation depuis plusieurs années. Sur une grande étendue, il y a, par section, au moins 7.000.000 de tonnes de lignite exploitable. Huit townships représentent environ 2.000.000.000 de tonnes (Voir le rapport de ln commission géologique du Canada, par M. D. B. Dowling) ».
La formation Belly-River, dans le nord-ouest de la province, s'étend le long de la frontière de l'Alberta, de Walsh (environ 20 milles à l’ouest de Maple creek), dans le sud, à environ 18 milles au nord de Macklin, dans le nord. La limite orientale est indiquée par une ligne allant de Walsh à la Saskatchewan du sud, environ 15 milles à l'est de Saskatchewan Landing, puis se continuant vers le lac de l'Ours Blanc, Perdue, Wilkie, Swinburne et tournant à l'ouest pour atteindre Ja limite de l'Alberta. Cela représente une superficie d'environ 4.500 milles carrés, Comprenant environ 3.000 millions de tonnes de lignite d'après les calculs de M. Dowline fa).
Dans le nord, des traces de charbon bitumeux ont été découvertes vers Prince-Albert, le long de la Saskatchewan.
@) Saskatchewan, minister of agriculture, 1911. €) Pour plus de détails, voir Ia description du district d'Assiniboia, chapitre XI. (3) The Public Service Monthly, february, 1913.
Si l'industrie minière n'en est encore qu'à ses débuts, on voit qu "elle est appelée à prondre, dans l'avenir, une grando extension.