CHAPITRE II
Traits généraux du Relief
D'après l'esquisse géologique que nous avons faite, nous savons que la province de Saskastchewan est une vaste plaine aux ondulations peu accusées. Son altitude moyenne est de 1.000 à 2.000 pieds, et si l'on dressait une coupe verticale suivant une ligne droite tirée de l'angle nord-ouest, de la province à l'angle sud-est, on aurait, à peu près partout, des cotes comprises entre 1.400 et 1.700 pieds.
Cependant il y a, en plusieurs endroits, quelques étendues élevées ou déprimées qui rompent la monotonie de la plaine.
Dans la partie sud-ouest, si nous lirons une ligne allant de l'endroit où la Saskatchewan du Nord, rentre dans la province jusqu'à l'angle Sud-Est nous avons là un triangle où nous trouvons des altitudes qui vont de 1.800 à 3.000 pieds (Régina 1885 p., Swift Current 2423 p., la Montagne Boisée 2.875 p.; les collines du Cyprès atteignent même à leur point culminant 4243 pieds (1).
On remarque encore dans la région située au nord-ouest de Prince-Albert un important district s'élevant au-dessus de 2.000 pieds et des altitudes équivalentes, dans l'est de la province, le long du 102° méridien.
Contrastant avec les plateaux élevés du sud-ouest, la région envfronnant le lac Athabaska (690 p.) nous offre, au contraire, une dévression par rapport au niveau moyen de la province; de même, en aval de Prince-Albert, la Saskatchewan entre dans une région d'altitude inférieure où le lac Cumberland se trouve à 870 pieds.
Examinons un peu en détail ces différentes parties de la province.
Les Dirt Hills indiquent assez bien la direction sud-est nord-ouest et la limite à partir de laquelle les terres se relèvent dans le sud.
Leur prolongement vers Saskatoon et la Saskatchewan du nord conduit au Coteau, aux collines de l'Aigle, aux collines de l'Ours, ondulations de terrain de plus en plus accusées du côté sud, mais pas assez élevées cependant pour qu'il soit possible de préciser exactement la ligne de démarcation qui les sépare de la prairie.
Près de la frontière des Etats-Unis, à côté des collines des Cyprès, qui ne sont que des buttes formées de couches argileuses et gréseuses, apparaît la Montagne Boisée. Pour se faire une idée exacte de son importance, il suffira de comparer son altitude (2875 p.) à celle du lac des Douze-Milles qui s'étend à son pied (2479 p.) pour se rendre compte qu'il ne s’agit là que de collines un peu plus élevées que les autres. La Montagne Boisée est un centre de rayonne-
(1) Saskatchewan, minister of agriculture, 1911.
ment pour les criques qui se dirigent, dans le nord, vers la rivière du Bois, ct grossissent, dans le sud, les affluents du Missouri. Dans toute cette région du sud, se trouvent des plaines et des plateaux an sol riche en humus, reposant, presque partout, sur une couche de glaise.
Au sud de la rivière aux Carottes, Lout près de la dépression que forme ln Saskatchewan et le lac Cumberland, se dressent les hauleurs de Pasquia. Sur le versant oriental, les collines atteignent une hauteur de 2.000 pieds, la plaine environnante étant à 800 ou 900 picds. Les plateaux, plus élevés, s'étendent vers le sud-ouest et leur élévation diminue graduellement pour atteindre 1.600 pieds avec un relief n'accusant que des pentes très douces. Les collines Pasquia sont traversées par des ravins ayant souvent plus de 100 pieds de profondeur et larges de 400 à 500.
Citons encore les ondulations de terrain de la frontière est de la province : la montagne du Porc-Epic et les dernières pentes des môntagnes du Canard, en Manitoba, les Buttes de Tondre {Touchwood hills) et les collines du Castor. Enfin la montagne de l'Original présente une succession de collines et de vallonnements, qui deviennent de plus en plus accentués à mesure que l'on avance vers l'ouest ; l'on y rencontre aussi de grands et beaux plateaux d'une terre riche et fertile, noire comme du terreau.
Il y a peu à dire des deux dépressions que nous avons signalées. Celle du nord est marquée par la partie orientale du lac Athabaska; la région, d'apparence fertile, prolonge la grande pleine d'alluvions qui, dans l'Alberta, s'étend, pendant 200 milles, de Fort Mc Murray à Fort Chippewyan.
Quant aux terrains environnant le lac Cumberland, ils sont humides, marécageux et peu propres à la culture. De plus, les roches apparaissent en de nombreux endroits et les améliorations que l’on pourrait apporter paraissent d'une exécution difficile. Enfin, les débordements du lac et de la Saskatchewan sont parfois tellement considérables qu'ils mettent obstacle à toute extension des entreprises d'agriculture ct d'élevage.
En résumé, la province nous présente l'aspect d’une vaste plaine à peu près horizontale, ne s'élevant guère que dans le sud-ouest et offrant, par contre, quelques dépréssions de faible étendue dans le nord-ouest et l’est. Bien qu'en certains endroits, on ait baptisé « montagnes » les accidents de terrain, ils sont exclusivement caractérisés par la colline et le plateau.
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