LE VAL UU FIER
que ce soit nous qui soyons chargé de sa conduite que si elle était échue à quelque étranger. »
Il ne se contente pas d'en être le pasteur attentif ; il veut pour elle une université semblable à celle d'Avignon et, comme la Ville a des scrupules, ergote, se méfie, il fonde en Avignon le collège Saint-Nicolas, où l'on entretiendra vingt-quatre étudiants des diocèses de Genève, de Maurienne et de Tarentaise, et il lui donne ses neuf cents manuscrits. Expirant à Rome, par quelque beau soir, il fait ouvrir les fenêtres, pour voir le couchant rose et « admirer la divinité qui préside à cet univers ». Il ressemble à ces moines qui, cherchant des lieux de solitude, découvraient des paysages et confondaient leur amour de Dieu et de la nature. Sa fin a quelque chose d'humain, d'attendri, qui fait penser aux derniers instants de Rousseau. Elle me rappelle cette jolie estampe de Moreau le jeune, gravée par Gutemberg, au bas de laquelle on lit les dernières paroles que Jean-Jacques adressa à Thérèse Levasseur : « Ma femme, dit-il en montrant le rayon de soleil qui entre dans la chambre et les enveloppe tous deux d'une lumière presque surnaturelle, ma femme, rendez-moi le service d'ouvrir la fenêtre, afin que j'aie le bonheur de voir encore une fois la verdure. Comme elle est belle, que ce jour est serein ! Oh ! que la nature est grande ! Voyez vous-même cette lumière immense ; voilà Dieu, oui. Dieu lui-même, qui m'ouvre son sein et qui m'invite enfin à aller goûter cette paix éternelle et inaltérable que j'avais tant désirée. »
Vous chercherez en vain la maison de Jean- Jacques ou celle de Calvin ; mais la