TABLEAU CLINIQUE
AGE. — Les enfants atteints de scaphoïdite tarsienne ont entre 5 et 10 ans en général. Cependant quelques observations se rapportent à des enfants de 3 ans et 3 ans et demi ; la plus récente observation de Rœderer à un enfant de 2 ans et demi, une observation de Fassett au même âge, un cas de Frœælich à un garçon de 13 ans; mais dans ce dernier cas, nous avons déjà dit qu’on pouvait se demander s’il s'agissait bien de l’affection décrite par Kôhler ; les détails radiographiques laissent subsister un doute à cet égard.
Olindo Alberti (de Milan) insiste sur la date d’apparition du « syndrome scaphoïdien » de Kohler qui coïncide avec le développement du noyau osseux du scaphoïde, apparaissant entre 3 et 5 ans, plus tard que les autres noyaux du tarse : il croit y trouver la preuve d’une anomalie d’ossification.
Sexe. — Les deux sexes sont indifféremment atteints ; cependant il existe une prédominance de garçons, sans doute parce qu’ils jouent plus violemment et sont plus exposés aux traumatismes que les filles. Dans les 13 pre-
mières observations publiées, on trouve 9 fois des garçons, 4 fois seulement des filles.
Mouchet et Ræderer possèdent actuellement 5 observations sur lesquelles ils comptent 3 garçons et 2 filles.
Sur les 43 observations où nous avons trouvé le sexe indiqué, nous avons relevé 32 garçons e£ r1 filles seulement.
CONSTITUTION Er ANTÉCÉDENTS. — Les enfants atteints de scaphoïdite tarsienne sont généralement des enfants sains, robustes. Deux fois les auteurs signalent une certaine débilité ou notent que l'enfant est venu au monde au cours d’un accouchement laborieux.
Nous ne voyons pas lPaffection coïncider avec du rachitisme. Cependant Haenisch fait allusion à un léger rachitisme constaté quatre années auparavant. Mouchet signale dans une de ses observations une dentilion défectueuse, sans que ce signe puisse être attribué au rachitisme non plus qu’à la syphilis héréditaire.
Dans presque tous les cas où la réaction de Bordet- Wassermann a été recherchée chez lPenfant, elle est restée négative, mais elle n’a pas élé pratiquée dans ces cas-là chez les parents ; du moins les auteurs ne mentionnent pas celte dernière recherche qui eût pu être intéressante. Ce qui est certain, c’est que les enfants n’ont présenté aucun stigmate d’'hérédo-syphilis.
Ils n’ont pas d'autre part de signes de tuberculose. Une enfant observée par Hænisch eut pendant quelque temps des ganglions au cou et à laîne. Les auteurs allemands qui ont cherché la réaction de von Pirquet
l'ont trouvée négative.
St De
L'hérédité est en général très peu chargée. Dans une observation de Kôhler (la première) et l'observation 5 de Schultze, l'enfant appartient à une famille tuberculeuse. L'enfant examiné par Lefournier avait un père tuberculeux et une mère hérédo-syphilitique. Nous ne croyons pas que la gonorrhée signalée par Kohler chez un père avant la génération de lenfant ait pu avoir quelque importance dans l’étiologie de la scaphoïdite tarsienne de ce dernier.
Si les trois premiers malades de Kôhler n’ont eu au: cune maladie de l'enfance, par contre certains autres auraient eu la diphtérie (un an et demi auparavant) ou la scarlaline (quelque temps avant). Cas 1 et 2 de Schultze, cas 2 de Mouchet.
Un fait intéressant est celui qu’a observé Rœderer : la présence d’une scaphoïdite chez le frère et la sœur. Cetie scaphoïdite en quelque sorte familiale mérite d’être notée.
TRAUMATISME ANTÉRIEUR. — Assez souvent le traumatisme est signalé. Kôhler cependant dans ses premières observations prend soin de dire qu’il n’y a pas eu de trauma. Mais mention est faite du traumatisme dans 6 sur 7 des observations de Schultze,dans les observations de Hænisch, de Grüne, de Mc Clure, de Heath, de Ræderer.
I ne s’agit pas d’un traumatisme banal dont le souvenir est plus ou moins vague, mais d’un traumatisme nettement circonstancié., L'enfant reçoit une planche (Mc. Clure), un cadre de fenêtre (Hænisch), une roue de voiture (Caffier) sur le dos du pied ; il fait un saut d’un
SANS VTT ME
mètre (Grüne) ; il saute plusieurs marches, il saute dans un escalier, il a le pied serré dans une porte (Schultze). Un autre enfant reçoit une brique sur le pied (Schäffer), une fillette observée par Rœderer bute contre une souche, etc...
[l'est exceptionnel de voir l’affection débuter immédiatement après le traumatisme (cas de Grüne, cas 1 de Schullze) ou quelques jours après (Schäffer); quand il y a traumatisme, c’est au bout d’un temps plus ou moins long, six semaines (Mc Clure), dix semaines (Rœderer), plusieurs mois (Schultze, Caffier) ou même un an (Hænisch) qu’apparaissent les premiers phénomènes et on peut, en pareil cas,se demander quel rôle un traumatisme aussi éloigné peut jouer dans le développement de la scaphoïdite. |
Bien vague d’ailleurs est, dans beaucoup de cas. la no- Lion du traumatisme ; l'enfant de lobservation I de Mouchet se serait « tourné le pied », suivant l'expression de la mère ; Moreau (d'Avignon) mentionne un faux pas chez le garçon qu’il a observé. Ces entorses (?) du pied sont-elles réellement antérieures à l’affection ? Il est permis d’en douter quand on voit manquer dans un grand nombre de cas la notion d’un traumatisme quelconque.
- Signes cliniques. — La symptomatologie de la scaphoïdite tarsienne des jeunes enfants estsimple,presque schématique : elle est à peu près la même dans toutes les observations.
Un garçon ou une fille — entre 5 et 10 ans — se plaint un jour de souffrir au niveau du scaphoïde soit à