‹ La Scaphoïde TarsienneChapitre 9 sur 30 · AUTOS · texte numérisé non relu

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du scaphoïde, tantôt par une augmentation de volume du scaphoïde lui-même.

Cet os est sensible à la pression surtout sur la face dorsale et parfois exclusivement à ce niveau, ou aussi sur sa face plantaire.

Les autres os du pied sont normaux. La santé générale est intacte.

Tel est le tableau symptomatique de la scaphoïdite tarsienne des jeunes enfants.

Reprenons avec quelques détails les traits principaux : douleurs, attitude du pied dans la marche, gonflement de la région scaphoïdienne. Ces traits sont peu accentués et nous devons reconnaitre que c’est l’image radiographique qui donne à la scaphoïdite tarsienne son originalité si spéciale.

La douleur est quelquefois spontanée, siégeant à la partie moyenne du bord interne du pied, au niveau du scaphoïde, plus vive à la fin de la journée, quand l’enfant a marché, mais apparaissant parfois la nuit. On a vu cette douleur présenter un caractère lancinant (Schäffer) ou revenir par crises. .

Elle est calmée, d’après certains auteurs, par la pression douce de la main à plat ; elle l’est toujours sous l'influence du repos.

Le plus souvent elle est provoquée seulement par la pression forte du doigt sur le scaphoïde, surtout sur sa face dorsale et sur sa tubérosité ou simultanément sur sa face plantaire.

Cette douleur à la pression manquait dans le cas de

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Lomon, peut-être parce qu’au moment de l’examen, la scaphoïdite était déjà en voie de régression.

La boiterie a toujours été minime. L’attitude du pied dans la marche est destinée à décharger la voûte plan. taire. L'enfant « ménage » son pied; il «le pose de travers » comme disent les parents. Il appuie doucement sur le sol, le plus souvent en varus, quelquefois en valgus. |

Au repos, le pied est normal ou légèrement creusé. Lomon l’a vu aplali et sur ce signe, plutôt exceptionnel, il a tenté d’édifier un peu rapidement peut-être, une théorie pathogénique du pied plat basée sur les constatations radiologiques.

Le gonflement de la région scaphoïdienne est toujours minime ; Pœdème, quand il existe, est peu prononcé el strictement localisé ; exceptionnellement Stumme a signalé une rougeur des téguments.

Tous les mouvements du pied; flexion, extension, adduction, abductivn, rotation en dehors ou en dedans sont libres ; il n’y a pas de contracture musculaire.

SIGNES RADIOLOGIQUES

Dans cette scaphoïdite tarsienne des jeunes enfants, MM. Albert Mouchet et Ræderer ont bien montré que la clinique n'est presque rien, la radiographie est tout.

« C’est de lPimage radiographique que la scaphoïdite tarsienne tire son intérêt, son originalité ; cette image ne ressemble à aucune autre, elle est absolument caractéristique et quand on l’a vue une fois, on ne l’oublie plus. Le scaphoïde seul est modifié, à l’exclusion de tous les autres os du pied.

« Le scaphoïde est modifié dans sa forme, dans son volume, dans sa structure :

« Dans son volume : l'os est aminci, réduit au tiers ou même au quart de son épaisseur, le plus souvent aplati, comme «exprimé », saillant dans le sens vertical comme dans le sens transversal. (Voir la planche à la fin des observations). |

« Dans sa forme : le scaphoïde est aplati, en galette ; il a perdu sa convexité antérieure et sa concavité postérieure ; il a pris quelquefois la forme d’un disque bicon-

cave.

« D'autre part ses contours sont dentelés, irréguliers ; on voit ici des rugosités, des bavures, là des encoches.

« Dans son architecture enfin : Vos est condensé, il est plus calcifié que normalement, il a perdu sa trabéculation. Cette opacité est, avec l’amincissement le trait le plus caractéristique à l'examen radiographique ; on dirait une bague niétallique ». (Mouchet et Ræœderer).

L’opacité siège surtout au centre de l’os, mais elle ne constitue pas une zone régulière, de largeur uniforme, elle a une épaisseur variable plus grande en haut ou en bas. Elle forme, suivant les cas, soit une grande plaque uniforme avec vacuole claire à son centre, soit une plaque divisée dans le sens traversal- par une fissure, ou plusieurs fissures (observ. II de Mouchet, observ. de Laurent Moreau) donnant l'apparence de stratification (Stries claires alternant avec stries condensées) soit des taches opaques discontinues séparées par des zones plus claires (aspect tacheté, pommelé, analogue à celui qui a été observé dans les os scaphoïdes ou semi-lunaires du carpe anciennement fracturés).

L'observation I de Ræderer, l’observation I de Mouchet fournissent des exemples de scaphoïdite Aomogène dans lesquels l'os est tout entier condensé, l’accroissement des sels de chaux est également réparti dans toute la masse. Au lieu que dans l’observation de Moreau, on voit sur l’image radiographique la zone du tubercule scaphoïdien conserver un contour net et une transparence normale.

L’accroissement de densité de l’os donnant lieu à une

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opacité presque métallique, l’amincissement et l’étalement du scaphoïde, l’irrégularité de ses contours, la disparition des trabécules osseuses et l'impossibilité de distinguer la corticale du tissu spongieux, tels sont en résumé les traits caractéristiques du tableau radiographique.

Mouchet et Rœderer ont bien insisté sur ce fait que «les aspects radiographiques varient notablement suivant la période de la scaphoïdite « à laquelle la radiographie est pratiquée ». [ls ont pu se rendre compte de ce fait en prenant sur les enfants qu’ils ont observés une série de radiographies successives. Lorsqu'on est appelé à examiner Penfant, il peut y avoir déjà des semaines, peut-être des mois, que le scaphoïde a subi des modifications anatomiques et qu’une calcification excessive a troublé son architecture.

Behm a opéré un cas de scaphoïdite chez un garçon de 6 ans ; il a trouvé que le centre de l’os n'avait pas la couleur rouge normale mais une teinte jaunâtre. Le prélèvement d’un morceau d’os lui a permis de constater à l’examen microscopique qu'il existait dans la moelle des particules nécrosées sans structure, entourées à certains endroits d'éléments jeunes de tissu conjonctif ; pas d’ostéoclastes. Behm conclut à l’existence d’un trouble de nutrition du scaphoïde, de ce qu'il appelle une « nécrose anémique de l’os » (obs. XL).

La scaphoïdite tarsienne ne s’observe en général qu’à un pied. Cependant sur 26 cas connus de lui en 1915, Kôhler avait noté 10 fois la bilatéralité. Depuis ce mo-

ment, nous avons trouvé deux observations de sca-

moe

phoïdite bilatérale dues à Drevon (de Marseille) et à Thursten Holland (de Liverpool).

Mais, en somme, l’unilatéralité est la règle.

Nous devons noter que, quand les deux pieds sont pris, ils le sont presque toujours l’un après l’autre.

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