‹ La science au point de vue philosophiqueChapitre 16 sur 70 · RBCHERCHBS SUR LA CHALEUR DE LA TERRE · texte numérisé non relu

RBCHERCHBS SUR LA CHALEUR DE LA TERRE

ces prodigieux changements, et de montrer par quel enchaînement de modifications la terre a passé pour arri« ver à son état actuel. Notre globe n'a pas toujours élé constitué comme il Test maintenant; à des époques fort reculées, il a été pénétré d'une excessive chaleur ; sa surface, à bien des reprises, a changé de forme et de configuration ; son atmosphère a contenu des éléments différents de ceux qu'elle renferme aujourd'hui. Il ne faut donc pas s'étonner que, dans les diverses phases qu'elle a parcourues, la terre ait aussi nourri des populations diverses de végétaux et d'animaux. Quand on lit Cuvier, il semble que ces vastes changements ont été les résultats de déluges universels, de cataclysmes, de bouleversements, sans qu'il soit possible de bien comprendre quelles causes ont pu opérer ces déplacements des mers et ces submersions alternatives. Or, les récentes découvertes de Fourier et de ses élèves sur la théorie dé la chaleur donnent une explication, sinon particulière, au moins générale, des principaux phénomènes; et le refroidissement successif de la masse planétaire, jadis incandescente, fait tomber toutes les hypothèses qui contredisaient les lois physiques, hypothèses que les géomètres ne pouvaient admettre, et concevoir l'ensemble des modifications que la constitution du globe a éprouvées. C'est un jour nouveau jeté sur ces difficiles et curieuses questions.

Entrons donc, par cette voie aussi, dans la vaste antiquité qui a précédé les races humaines. Cuvier, le premier, a levé le voile qui nous la cachait. C'est certes un des plus brillants efforts de la science de l'homme que d'avoir percé les ténèbres répandues sur la face de cet abime, et d'avoir voyagé en esprit dans des terres où ses pieds n'avaient jamais été posés. Lorsque notre grand naturaliste âu£ retrouvé les mondes

il2 NOUVELLES &BCHERCHBS DES GEOMETRES

enseTelis et leurs vieux habitants, il aurait pa dire en changeant un peu le vers de Lucr&ee :

Avia ierrarum peragro loca nollius ante Trita solo.

Mais ce n'est pas à la zoologie que nous allons demander des renseignements sur les temps écoulés. Une autre science et un autre guide yont^ par des chemins différents, nous ramener encore aux antiquités de la terre, et nous donner quelques lumières de plus sur les phases de la vie de notre planète. Fourier, dont les admirables travaux ont fondé la théorie de la chaleur, a fourni les moyens d'expliquer les changements du globe, et même d'apprécier une portion des intervalles qui nous séparent de ces choses si étranges. Les résultats qu'on a obtenus ainsi par le calcul sont très-faciles à comprendre; et ce sont ces résultats seuls que je prétends exposer ici.

On sait que la terre est un corps arrondi, un ellipsoïde régulier, qui présente un renflement à son équateur et un aplatissement à ses pôles. Cette configuration est au reste commune aux planètes de notre système solaire. Elles sont des ellipsoïdes renflés à leur équateur, aplatis à leurs pôles; et quelques-unes d'entre elles, par exemple Jupiter et Saturne, qui sont beaucoup moins denses et qui tournent sur eux-mêmes avec deux fois plus de rapidité que la terre, sont par cette double circonstance bien plus aplaties aux pôles que notre globe.

Cette configuration de la terre et, Ton peut ajouter, de toute planète étant bien établie, il a été possible de demander à la physique comment un corps, tournant sur lui-même avec une grande vélocité, avait dû être

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