DE LA PHILOSOPHIE NATURELLE
ritalie et à TEspagiie. Les admirables statues, les monuments splendides, les tableaux merveilleux, même pour un peuple si sensible, ont, en peu de temps, décoré ses villes et ses palais. Tout cela fut l'œuvre de quelques années, et les siècles suivants n'ont rien fait qui vaille mieux. Mais, dans les arts, les travaux se placent à côté les uns des autres: ils ne s'ajoutent pas; et puis, quelque grand et bienfaisant que soit l'enthousiasme du beau, il n'offre pas de garantie contre les éclipses de l'esprit humain. Les chefs-d'œuvre des arts et des lettres dans la Grèce et à Rome n'ont pas préservé la civilisation d'une grande ruine; mais, autant qu'on peut le prévoir, les sciences mettent désormais les sociétés à l'abri de pareilles catastrophes. De plus, avec leur marche lente et successive, avec leurs travaux où chacun peut apporter sa pierre, elles tendent à égaliser les forces, à faire prévaloir partout l'intelligence à laquelle elles donnent la puissance, et, en remettant les objets à leur véritable place, à porter dans les âmes le besoin du calme et du vraCi,
Dès le premier coup d'œil jeté sur le domaine de la philosophie naturelle, on s'aperçoit qu'il est tout entier limité dans l'étude de la force et de la matière. Les nombres régissent la matière et la force. Chose remarquable, plus on s'éloigne de la nature inorganique pour s'avancer vers le domaine de la vie végétale et animale, plus l'importance de la forme augmente et plus les forces qui y résident deviennent rebelles aux lois du calcul. De là la différence entre l'avancement des sciences physiques où l'analyse mathématique trouve son plus beau développement, et l'état de Tanatomie et de la physiologie, où les lois, encore si rares, s'obtiennent avec tant d'efforts.
La méthode qui désormais préside à toutes les