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La philosophie positive, ianviev

DE L’IDÉE DE JUSTICE

nécessité de nutrition qui est imposée à la substance organisée pour qu’elle subsiste comme individu, et l’autre, de la nécessité d’aimer qui lui est imposée fondamentalement par l’union des sexes pour qu’elle subsiste comme espèce. Mais cela , dira-t-on, pour le premier cas, est bien rudimentaire, et, pour le second, bien grossier. Bien grossier? je rencontre cette expression en un passage de Bossuet, dans cet écrit sur la Comédie où il s’est montré si violemment hostile à tous les instincts modernes, et où il a, en termes si cruels, envoyé Molière de la scène joyeuse où il rendit presque le dernier soupir, aux mains d’un juge impitoyable pour le rire et la joie : « Ces passions, « dit-il, qu’on veut appeler délicates, et dont le fond n est si grossier (§ 4). » Mais, théologien imprévoyant des objections, de qui, si votre théologie est vraie, tenons-nous ce fond grossier que vous nous reprochez? et qui, car il faut bien que j’anthropomorphise pour vous répondre, qui a imaginé de nous obliger aux conditions de la nutrition et de la sexualité? Laissons ces dires, qui jadis ont été l’aliment d’une autre civilisation et qui sont désormais sans vertu réelle et progressive. Grossier ou non, c’est d’un fond simple que tout part pour croître en complexité et en raflinement. Je n’ignore pas qu’entreprendre la subtile analyse des phénomènes psychiques, c’est s’engager dans des voies facilement décevantes. Aussi, je ne propose mes idées que comme des études qui m’ont servi, souhaitant qu’elles servent à quelques autres. Mais, à côté de cela, ce qui est ma conviction bien arrêtée, c’est qu’en m’efforçant de tout ramener, dans ce domaine, à des conditions de physiologie psychique, je me conforme à la vraie méthode de recherche.

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