‹ La science au tháâtre; comédiesChapitre 113 sur 259 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

PILATRE, JOSIANE.

JOSIANE

Braver tant de dangers!... Ah! c'est beau! c'est noble, M. de Rozier!

PILATRE.

Alors, vous. Mademoiselle, vous n'avez pas peur pour moi ?

JOSIANE

Je n'ai jamais peur pour qui fait son devoir !

PILATRE.

Avec une âme aussi élevée que la vôtre, Mademoiselle, on doit parler en toute franchise... Je vous avouerai donc ce qu'en toute autre circonstance, je vous aurais toujours laissé ignorer.

JOSIANE

Que voulez-vous dire?

PILATRE.

Je vous aime, Mademoiselle. (M)uvement de Josiane.) Je n'ai pu rester insensible à votre grâce ingénue, à votre esprit charmant, à la noblesse de vos sentiments et de vos idées. J'avais osé faire cet aveu à M. Montgolfier, qui dispose de votre main, puisque vous êtes orpheline, fille de la sœur qu'il a perdue. Je sollicitais l'honneur insigne d'entrer dans sa famille. Mais, pauvre, inconnu, sans situation déterminée dans le monde, j'avais peu de chances d'être bien accueilli. Votre oncle, en effet, n'a point répondu favorablement à ma demande. Bien plus, il m'a fait promettre de ne point chercher à vous plaire, de ne jamais vous parler d'amour... Voilà pourquoi, Mademoiselle, j'ai observé ^nvers vous jusqu'ici, une réserve, qui coûtait cruellement à mon cœur, mais qui n'était que l'accomplissement d'une promesse donnée... Cependant» je vais, tout à l'heure, tenter la plus téméraire entreprise, et il y a toute probabilité que je succomberai dans le dangereux voyage que je vais tenter au sein des airs. Je ne veux pas que celle

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