‹ La science au tháâtre; comédiesChapitre 118 sur 259 · MONTGOLFIER, JOSIANE · texte numérisé non relu

MONTGOLFIER, JOSIANE

JOSIANE, entrant par le fond •

Pourquoi donc, mon cher oncle, ne voulez-vous pas voir votre belle montgolfière s'élever dans les airs, emportant nos hardis voyageurs?

MONTGOLFIER, avec trjstesse.

Parce qu'ils ne reviendront pas! Parce que je n'ai pas la force d'assister à la catastrophe qui se prépare !... La foule ne voit dans le départ de ce ballon, qu'un spectacle qui l'amuse! Moi, j'y vois deux hommes qui jouent leur existence... Quand je pense qu'ils ont à leurs pieds l'abîme, et sur leurs têtes une flamme qui menace sans cesse le frêle globe qui les emporte, je ne peux que redouter pour eux, le plus affreux trépas!... Ah ! Josiane! où est le temps où, pour charmer tes regards d'enfant, je faisais ces jolis petits nuages aux milles couleurs, qui, inoffensifs et coquets,

s'en allaient par les airs, comme de grands papillons, sous le souffle joyeux du printemps!... Maintenant, hélas! ce ne sont plus des jouets : ce sont des instruments de mort!... (Ou entend frapper à la porte de droite, premier plan.) Josiane... as-tu entendu?

JOSIANE

Oui, mon oncle; on a frappé à la porte des appartements du château. ..

CLOTILDE, à la cantonade.

Au nom du ciel!... ouvrez!... ouvrejî-moi, je vous en supplie!

Montgolfier ouvre la porte de droite.

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