SCENE X
Les Mêmes, MONTGOLFIER.
MONTGOLFIËR, arrivant par lefond, en courant.
Monsieur Pilâtre, venez donc... le public vous appelle à grands cris... (Apercevant d'A.rlandeseiriIàlrequi sebatient.) Que vois-je?... un duel chez moi!... Arrêtez ! arrêtez, Messieurs!... (D'Arlandes et Pilàtre mettent bas les armes.) Mais, au nom du ciel, pourquoi vous battez-vous ?
PILATRE.
Monsieur le marquis d'Arlandes veut absolumen que je le laisse partir en ballon, avec moi.
MONTGOLFIER
Et pourquoi, monsieur le Marquis, tenez-vous tant {\ partir en ballon?. . ,
D'ARLANDES
Je vais vous le dire... Je suis amoureux d'une personne de qualité, mademoiselle Clotilde de Versac
MONTGOLFIER
La fille du baron de Versac? Mais c'est un vieil ami de ma famille!. .. Et sa fille vous aime?
D'ARLANDES
Oui, Monsieur. Seulement, le baron, lui, ne m'aime pas ; et il refuse de donner sa fille à un simple capitaine d'infanterie. Il veut un gendre haut placé, qui
lui procure ses enLrôes à la cour, la grande ambition, ou. plutôt la grande déception de sa vie.
PILATRE.
Et comment pourrez-vous contenter l'ambition de M. de Versac? Parlez vite; le temps nous presse.
d'arlandes.
Le roi, vous le savez, est très enthousiaste des ballons. Il croit qu'on pourrait en tirer un grand parti à la guerre ; et il voudrait qu'un de ses officiers accompagnât M. Pilâtre de Rozier dans le premier voyage aérien qui va s'accomplir. A ma vive sollicitation, le Roi a daigné me désigner pour cet office, ajoutant que si je réussis, je serai nommé colonel au régiment des gardes. Mon union avec mademoiselle Glotilde de Versac serait assurée ; car un colonel au régiment des gardes a le droit d'entrer à la cour, lui et sa famille... Vouscomprenez maintenant, pourquoi je tiens tant h être votre compagnon de route.