SCÈNE OUINZIÈME
D AU LANDES
Mourir pour la science, c'est entrer de plain-pied dans l'immortalité.
PILATRE.
Si nous sommes descendus, c'est que nous n'avions plus de combustible. (A Colombet.) C'est ta faute, Colombet.
COLOMBET
C'est vrai. Si je vous avais donné quelques bottes de paille de plus, vous alliez dans la lune. (A part.) Et j'étais débarrassé de mon rivai. Ah ! mon pauvre Colombet, ni amour ni ballons, tu ne sais rien diriger !
PILATRE, à Monfgolfîer.
Et maintenant, après la victoire qui vient de couronner mon entreprise, puis-je espérer, M. Montgolfier, que vous m'accorderez le bonheur auquel mon cœur aspire ? Ne suis-je pas trop hardi en osant vous demander la main de votre aimable nièce?
MONTGOLFIER
La main de ma nièce ? Je vous l'accorde avec bonheur, mon cher élève, mais à une condition : c'est que vous n'emmènerez pas Josiane dans les nuages.
PILATRE, regardant Josiane.
- Non I le bonheur est ici I
II serre la main de Josiane.
d'arlandeS, à de Versac.
Eh bien! Monsieur le baron, vous voyez que le premier voyage aérien vient de se terminer par un mariage. Ne voudriez-vous pas qu'il en fît un second ?
DE VERSAC
Monsieur d'Arlandes, vous vous moquez, sans doute. Je conduisais ce matin ma fille au couvent des Ursulines, pour l'arracher à vos obsessions. Elle m'a échappé, mais elleest ici, et je saurai bien la conduire au couvent
d'arlandës.
Je crois, M. le baron, que ce n'est pas au couvent que vous la conduirez, mais à l'autel...
DE versac.
Jeune homme, vous êtes fou l
d'arlandës.
Ne vous avancez pas trop, M. le baron; vous en auriez des regrets tout à l'heure... Votre plus ■ cher désir, votre ambition en ce monde, c'est, , n'est-ce pas, d'avoir vos entrées à la cour ; et vous cherchez un gendre assez haut placé pour vous , procurer cet insigne honneur ?
DE VERSAC, embarrassé.
Heu !...
d'arlandës. ■:
Ah ! vous me l'avez dit !.. Eh bien! M. le ^ baron, je peux réaliser le rêve de votre vie !... Ce | soir, le roi, selon. sa promesse, m'accordera le bre- |