‹ La science au tháâtre; comédiesChapitre 130 sur 259 · RIDEAU · texte numérisé non relu

RIDEAU

LA

COMÉDIE EN UN ACTE

PERSONNAGES

FRANÇOIS H UBER, naturaliste (50 ans).

HONORÉ, frère de François Huber.

BURNENS, élève de François Huber.

CARSALA, Sicilien.

ALMANZOR, valet de Carsala.

VAN BRECK, savant hollandais.

JENNY, fille d'Honoré.

V action se passe à Genève, en lypS'

La République des abeilles, met en scène l'aveugle François Huber, qui nous a révélé les mœurs merveilleuses des abeilles, et le jeune Vaudois, François Burnens, qui lui prêta le secours de ses yeux, pour ses longues et patientes observations.

Une idée philosophique sert de base à cette comédie. Vous qui avez été frappés par les coups de l'adversité, vous pouvez trouver les plus douces consolations dans rékude de la nature. Hommes qui avez été victimes de rinjiistice ou de ringratitude de vos semblables, vous pouvez obtenir des plus humbles animaux la réparation des maux que vous, avez endurés. François Huber se console de la cécité qui l'a atteint dès sa jeunesse, en faisant, dans l'étude des mœurs du peuple des abeilles, des découvertes d'un inestimable prix, et en tirant parti, au profit de l'industrie humaine, du travail de ces humbles insectes.

Moralité : Les abeilles peuvent donner aux hommes des leçons de sagesse, de conduite politique et d'économie La république des abeilles, qui est vieille comme la nature, peut servir de modèle aux républiques du jour.

Dans mon ouvrage. Les Insectes, qui fait partie du Tableau de la nature, j'ai donné quelques renseignements biographiques sur François Huber et le jeune Vaudois Burnens. Je crois devoir transcrire ici cette page, qui peut servir d'introduction historique à la CQmédie de la République des abeilles.

« Grâce à l'invention des ruches de verre, Réaumur. John Hunter, Schirach et François Huber, nous ont dévoilé, par leurs admirables recherches, les mœurs étonnantes des abeilles.

« Les découvertes de François Huber semblent tenir

du miracle, quand on considère que cet observateur était aveugle depuis l'âge de dix-sept ans !

« Privé du spectacle du monde extérieur, François Huber n'en voulut pas moins consacrer sa vie à l'observation et h l'étude de la nature. Il se faisait lire les meilleurs ouvrages de son temps sur l'histoire naturelle et la physique.

« Son lecteur habituel était son domestique, François Burnens, natif du pays de Vaud.

« Le jeune Burnens s'intéressait singulièrement à tout ce qu'il lisait, et il révélait, par ses réflexions judicieuses, un véritable talent d'observateur. Huber résolut de cultiver ce talent. Bientôt, il put accorder toute confiance à son compagnon, et voir par ses yeux, comme par les siens propres.

« Les deux naturalistes (nous n'hésitons pas adonner ce titre au pauvre paysan du canton de Vaud, qui seconda si bien son maître, dans. ses longues heures d'étude), imaginèrent une foule d'expériences originales, qui leur firent découvrir des vérités que personne n'avait soupçonnées jusque-là. Les résultats de leurs recherches furent publiés, en 1789, dans un volume intitulé: Nouvelles observations sur les abeilles qui produisit, parmi les naturalistes, une sensation profonde.

« Burnens fut, plus tard, rappelé dans sa famille, et investi, par ses concitoyens, de fonctions importantes. François Huber continua alors ses observations par les yeux de l'excellente femme qu'il avait épousée. Un second volume fut ainsi composé par lui, à vingt ans de distance du premier.

« Ce volume fut publié par son fils, Pierre Huber, à qui l'on doit les remarquables recherches sur les fourmis, qui sont connues de tous les naturalistes. »

LA s^

Le cabinet d'histoire naturelle de François Huber. — Les murs sont recouverts de cadres remplis de papillons. — Porte au fond. — A droite^ deux portes, l'une conduisant aux appartements, l'autre, au premier plan, ouvrant sur un jardin. — Près de cette porte, une table, sur laquelle est une ruche de paille garnie de verres. — A gauche une croisée, bahut, bureau, guéridon, fauteuils, chaises, etc.

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