‹ La science au tháâtre; comédiesChapitre 146 sur 259 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

BURNENS, puis JENNY.

BURNENS, il entre par la porte de droite, premier plan, portant une ruchî, qu'il met à côté de la ruche qui est sur la table.

Là!... j'ai fait ce que m'a dit M. Huber ; les abeilles fugitives sont entrées dans une nouvelle ruche, et les voilà ! Il n'en manque pas une... (Regardant dans la ruche.) Oh ! oh ! la nouvelle colonie s'est déjà mise au travail... Les deux peuples voisins rivaliseront d'ordre et d'activité.

JENNY, elle a un petit chapeau de paille. Elle entre par 1; fond, en courant, un salabre à la main.

. Oncle François ! oncle François !...

BURNENS.

M. Huber n'est pas ici, mademoiselle Jenny. Il est au jardin. Voulez-vous que je l'appelle ?

JFNNY.

Non... J'ai fait une capture; (Elle lui montre le salabre, dans lequel se trouve un papillon-) voyez...

, . . BURNENS.

Un papillon!

JENNY

Il s'agit maintenant de le saisir bien délicatement, et de le piquer dans un cadre. Tenez... prenez-le

SCi.NE CINOUIÈME 33

je vous prie, .. (Elle tend le salabreà Burnens, qui hésite.) Eh bien qu'avez-vous ?

BURNENS, tremblant.

Rien!

Il prend le papillon et le pique dans un cadre, en regardant Jenny.

JENNY

Mais si ! votre main tremble, et Vous piquez le papillon tout de travers ! (Elle relire le papillon, et le pique au milieu du cadre.) Voilà comme il faut s'y prendre!.. Du reste, depuis quelque temps, M. Burnens, vous êtes d'un distrait, ah! mais d'un distrait !...

BURNENS.

Moi?

JENNY

Oui, vous... Lundi, mon oncle vous pria d'allei surveiller les belles chenilles blanches qui filent leurs cocons de soie, en plein air, sur l'arbre du Japon.

Eh bien?

BURNENS.

JENNY

Je m'approche de l'arbre du Japon, et quest-ce que j'aperçois? Des papillons qui sortaient déjà de leur coque, pour s'élever joyeusement dans les airs. Et vous, au lieu de les saisir, vous restiez debout, immobile, et comme pétrifié... Si c'est là votrefaconde surveiller les vers à soie!...

Ah ! mademoiselle Jenny, pardonnez-moi ; mais

c'est votre petit chapeau de paille qui causait ma distraction.

JENNY

Mon chapeau de paille?

BURNENS.

Je ne- vous avais pas encore vue avec ce petit chapeau. Et il vous va si bien !... Enfin, que voulez-vous, mademoiselle Jenny, l'arbre du Japon, les chenilles, les papillons, j'oubliais tout, pour admirer votre chapeau...

JENNY

Mon chapeau, mon chapeau?... Mardi, je n'avais pas de chapeau, lorsque mon oncle nous dit d'aller cueillir, sous les grand marronniers, des fraises, pour le dessert ! Eh bien, au lieu de m'aider à cueillir des fi'aises, ce quieut été poli, vous êtes encore resté debout et immobile. Et pendant que je remplissais mon panier, vous, vous soupiriez... Tenez, comme ça... (Elle soupire.) Si c'est là votre faconde ramasser des fraises...

BURNENS.

Vous n'aviez pas votre petit chapeau, c'est vrai ; mais les derniers rayons du soleil, filtrant à travers les branches des marronniers, entouraient votre front d'une auréole d'or. Et si je ne vous ai pas aidée» c'est que je regardais vos cheveux à travers lesquels se jouait le soleil.

JENNY

Le soleil! le soleil ?... Il était couché hier au soir, le soleil, lorsque mon oncle vous ordonna d'écrire

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