SCÈNE CINQUIÈME
en latin le. catalogue de sa collection d'entomologie. Vous vous êtes assis à cette table, avec du papier, de l'encre et des plumes ; je travaillais assise sur celte chaise; mon oncle dormait dans ce fauteuil. Eh bien ! tenez !. .. (Klie s'approche de la table.) Voilà le papier. li est encore tout blanc. Vous n'avez pas écrit un mot. .. Et pourtant vous savez Je latin...
BURNENS, se rap, rochant d'elle.
Oui, mais vous étiez près de moi, terminant une broderie. Je retenais mon souffle, pour entendre le petit choc de votre aiguille courant sur la dentelle, et admirer les fleurs qui naissaient sous vos doigts. J'espérais que vos yeux rencontreraient les miens. Mais vos yeux sont restés fixés sur votre ouvrage, et si je n'ai pas écrit le catalogue latin c'est la faute de vos yeux ?...
JENNY, baissant les yeux.
Mes yeux ?. . . mes yeux ?. . .
BURNENS.
Vous les baissez encore ! Ah! je vous en prie, je vous en supplie, regardez-moi.
JENNY, elle relève les yeux et les baisse aussitôt.
Je n'ose pas . . .
BURNENS, lui prenant la main très doucement.
Eh bien ! mademoiselle Jenny, votre timidité, c'est comme mes distractions... Vous n'osez pas rencontrer mon regard, et moi, j'oublie tout en vous voyant... C'est que nous éprouvons Tun et l'autre le même sentiment...
JENNY
Nous avons tous les deux le même sentiment, dites-vous, M. Burnens. Mais lequel ?... Je ne me rends pas bien compte de ce que j'éprouve auprèede vous.
BURNENS.
Je ne saurais lire dans votre âme, clière Jenny, mais laissez-moi vous dire ce qui se passe dans la mienne... Ce qui fait battre mon cœur, ce qui m'intimide, me charme et me trouble à la foi^, ce qui m'attire vers vous, ce qui me retient et m'enivre, ce qui fait mon espoir, mon bonheur et ma vie, Jenny ! . . . chère Jonny . . . c'est l'amour ! . . .
JENNY, timid.^ment.
L'amour?, . . Vous croyez que nous nbus aimons?
BURNENS, avec élan.
Oui, Jenny, nous nous aimons et jurons de nous aimer toujours.
JENNY, lui donnant sa main.
Ah! toujours I... (Apercevant François Huber.) L'oncIe^ François!
Elle retire vivement sa maia.