SCENE XII
Les Mêmes, BURNENS, entrant par le fond,
VAN BREECK, avec un étonnetnent joyeux. Burnens !
JENNY, courant à Burnens- Vous n'êtes pas blessé?
burnens.
Non, mademoiselle.
FRANÇOIS HUBER, qui s'est levé.
Et Carsala ?
BURNENS.
Une balle dans Tépaule... Almanzor l'a mis dans une voiture, qui se trouvait là, je ne sais comment, et fouette cocher ! Les deux coquins iront se faire pendre ailleurs. (A VauBreeck.) Je n'ai qu'une parole, M. Van Breeck... Neuf heures viennent de sonner... voilà le Sphinx Atropos.
Il lui donne un papillon, qu'il a pris dans sa boîte de fer blauc.
VAN BREECK, piquant le papillon dans un cadre,
La collection est maintenant complète! A chacun de tenir sa promesse. (A François Uuber.) Voilà, mon cher Monsieur, un bon de quinze mille livres, sur mon banquier de Genève! (U lui donne un papier, qu'il a prisdatis son portrfeuiile ) (A Burnens.) Vous voudrez bien, mon ami, vous charger de faire emballer soigneusement la collection, et me l'envoyer à Leyde.
BUBNENS.
Soyez tranquille, M. Van Breeck ; il ne manquera pas une antenne aux scarabées, pas une palte aux coléoptères, pas un œil aux fourmis !
Van Breeck salue, et sort par le fond.
FRANÇOIS HUBER, à Burnens.
Mon ami, voilà ta dot.
Il lui donne le papier.
BURNgNS, il veut lui baiser les mains.
Ail ! mon cher maître, que de reconnaissance !
FRANÇOIS HUBER
C'est bon !... c'est bon !. . . J'ai à m'ocuper à présent du cadeau de noces de Jenny. (A Jeuny.) Ouvre le bahut, Jenny ; ce qu'il renferme est pour toi.
JENNY
Pour moi ? (-Elle ouvre le bahut, et en retire une pièce de satin blanc.) Ah ! le beau satin !
FRANÇOIS HUBER
C'est ta robe de noces... Les chenilles que j'élevais sur l'arbre du Japon, sont les petites fées qui en -ont filé la soie.
sc!:ne treizième 59
JEXNY, pensive.
Ma robe de noces? .. Alors j'épouse?... (Elle regarde timidement Burnens.) Burnens ?...
BURNENS.
Oui, Jenny ! car, Dieu merci, nous n'avons plus à craindre le chevalier Carsala!