SCENE XIII
Les Mêmes, HONORÉ.
HONORÉ, paie, défait, les habits en désordre, le chapeau bossue.
Qui a parlé de Carsala? du misérable Carsala ? de l'indigne Carsala ?
FRANÇOIS HUBER
Que vous esl-il dono- arrivé, mon Dieu ?...
HONORÉ
Je ior-^de la réunion électora'.e. On ma sifflé, hué bafoué, injurié, bousculé, battu! (Il tombe sur une chaise.) Ah! Je n'oserai plus me montrer dans les rues de Genève L
FltANÇOIS HUBER, tàtant les vêlements d'Honoré.
Je comprends! Vous avez prononcé votre discours monarchique, à la réunion des électeurs. (Redressant le chapeau d'Honoré, qui est bos^ué.)Et il n'a pas été goûté, le discours !... Que voulez-vous, mon frère, les honneurs, les titres et l'argent, c'eût été trop ! La poli-
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tique ne vous apas réussi, mais il vous reste la fortune et le marquisat.
11 ne me reste rien du tout ! La malle-poste de Paris vient d'arriver, avec la nouvelle que les assignats sont tombés dans un tel discrédit que leur valeur est maintenant dérisoire ! Et le misérable Sicilien vient de disparaître, en emportant mon argent et mon marquisat. Il m'a tout pris, il m'a tout enlevé!...
FRANÇOIS HUBER
Non, grâce à Burnens, il n'a pas enlevé votre fille.
HONORÉ, il se lève.
Gomment, après m'avoir trompé, dépouillé, ruiné, le bandit voulait encore me voler mon enfant ?
FRANÇOIS HUBER
Je vous avais bien dit, mon frère, de vous méfier de ce chevalier d'imposture...
HONORÉ, douloureusement.
Je vous en prie, François, n'ajoutez pas un reproche à ceux que je m'adresse moi-même !... Ah ! si c'était à recommencer.
FRANÇOIS HUBER
Que feriez-vous ?
HONORÉ
Je mettrais les intrigants à la porte, et je dirais à Burnens :« Tu es un honnête homme. ..je te donne «ma fille...» Et les tic-tac des horloges, qui m'exas-