SCÈNE III
Les Mêmes, LUDOVIC, en costume de lieutenant de marine. II a un fusil sur l'épaule et un carnier rempli d'oiseaux a.ort~.
LUDOVIC
Bonjour, M. Ramponeau. (A. Diane.) Vous permettez> belle cousine ?
II lui prend la main, d'un air dégagé, et la porte à ses lèvres.
DIANE, retirant sa main.
Et si je ne permettais pas ?
LUDOVIC
Je me passerais de la permission.
Il reprend sa main, et la porte de nouveau à ses lëvies.
DIANE, retirant sa main.
Vous êtes de plus en plus insupportable !
LUDOVIC
Et vous, de plus en plus jolie... Votre costume
avec ces fourrures, vous va à ravir. Ah ! si je pouvais changer ces arbres en soldats, (Il mon're les sapins ) je leur ferais porter les armes devant votre gracieuse crânerie.
Il présente les armes.
DIANE, à Ludovic, d'un petit ton boudeur.
Mais non, mon cousin, je n'ai pas la moindre crânerie; je suis, au contraire, fort timide...
LUDOVIC
Une veuve n'est jamais timide, ma cousine; et s'il y avait un régiment de veuves, on vous décernerait, d'une voix unanime, le grade de capitaine.
RAMPONEAU, bas à Diane.
II a de l'esprit !
DIANE, avec dépit, bas.
Oui, à mes dépens.
LUDOVIC, à Rampon'^au.
Et qu'avez-vous fait de nos deux savants, ce matin?
RAMPONEAU
Us sont encore au bord de la mer, occupés à dégager leur antique Mammouth, enfoui sous les glaçons.
LUDOVIC
Eh ! bien, moi, j'ai poursuivi du gibier vivant. (Il ouvre son carnier.) Tenez, voilà ma chasse.