SCÈNE II
GERTRUDE, puis THKOGKNE, a"c une canae à pomme d'or, BO chapeau bai et à gra&dei ailes. (Il entre par le Tond).
UERTRUDE
Aujourd'hui, la demande en mariage, et bientôt la noce. J'aime ça. moi, une noce ! (Elle se frotie les mains.)
THÉOGÈNE
Bnincolar n'est pas là ?
GERTRUDE
Non, monsieur; il est sorti. (Atôc empressement. ),Mais vous pouvez l'attendre.
THÉOGÊNE
Gomment, sorti? Et il vient de m'envoyer ce télégramme ? (.11 lire un télégramme de sa poche.) (Lisant ) « Paris « à Paris, 7-28, 8i?7. Viens me voir. Être inquiet. Cas t extraordinaire, unique, exceptionnel. » (A part.) (il t'assied sur le canapé.) Un cas exceptionnel ! Quelle chance I Je le ferai mettre dans les journaux, et ma réputation sera faite. (Haui.) J'étais à déjeuner... des oeufs à la coque, je laisse mes œufs ; j'avais des clients plein le salon, je laisse mes clients..., je laisse tout enlin. je me dépêche d'accourir... (il se lère.)
(A Gerlrude, qui rentre, après avoir emporté la malle) et tu me dis :
Brancolar est sorti !
GERTRUDE
Mais oui, docteur, M. Brancolar est sorti. Il se porte fort bien.
THEOGENE
En apparence, c'est possible ; mais au fond, il doit être malade , puisqu'il m'envoie une dépêche. (MouYcment de Gertrude!) Oh ! sois tranquille, avec des soins et un régime sévère, nous triompherons du cas exceptionnel... Brancolar est raisonnable, que diable ! sa vie est régulière. Il mange peu,- se couche de bonne heure.
GERTKUDE, riant
M. Brancolar un homme raisonnable ! M. Brancolar se coucher de bonne heure ! Ah })ion oui !
THÉOJÈNE
Que dites- vous, Gertrude ?
GERTRUDE, riant
Je dis que j'en sais plus long que vous, tout docteur que vous êtes. .
THÉOGÈNE
Et que sais-tu ?
• GERTRUDE, mystérieusement
Je sais que monsieur est allé, cette nuit, aux Folies-Bergères?
THÉOGÈNE
Allons donc !
GERTRUDE
J'ai entendu quand il a donné l'ordre au cocher.
THÉOGÈNE
Brancolar aux Folies-Bergères?