‹ La science au tháâtre; comédiesChapitre 21 sur 259 · SCENE XIII · texte numérisé non relu

SCENE XIII

FRANKLIN, DÉBORÂ.H, en costumé de mariée, avec un voile blanc, entrant par le fond.

FRANKLIN Ah I trop tard !...

DÉBORA.H Oui, trop tard ! je suis mariée ! (Elle s'agenouille.)

FRANKLIN, (avec reproche.) Ah!

DÉBORAH

Ne m'accablez pas ! On m'assurait que vous m'aviez oubliée, que vous restiez à Londres. Rien n'a pu fléchir mon père, et j'ai dû obéir à ses ordres. Mais je suis plus malheureuse que vous, car vous êtes libre, (avec douleur.) et moi, j'appartiens à un autre.

FRANKLIN (il la relève)

Je vous ai trop aimée, Déborah, je vous aime trop encore pour trouver dans mon cœur un mot de blâme ou de reproche. Laissez-moi, seulement, pleurer mon bonheur perdu.. . Mon bonheur ?. . . Pendant qu'il s'envolait à jamais, une douce illusion berçait mon esprit .. Il y a quelques jours, j'étais en mer, et assis sur le pont du navire, n'ayant devant moi que le ciel et les flots, le fiel, qui allait être bientôt celui de ma patrie, et les flots, qui nie rapprochaient des rivages aimés, je dévorais par la pensée la distance qui me séparait encore de vous. Je me croyais

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