SCÈNE VIII
BRANCOLAR
Mon repas de carême ? Ah I par exemple, non !
(Appelant.) Baptiste, Baptiste (Baptiste entre par la droite.)
Vous allez me servir à déjeûner... là, dans la salle à manger, (il moclre la droite.)
BA.PTISTK
Tout de suite, monsieur... Mais quel menu ?
BRANCOLAR
Celui du Turco, parbleu !
BAPTISTE, à lai-même
Potage à la bisque, homard à l'américaine, buisson d'écrevisses, Pâté de foie gras... C'est bien, Monsieur.
BRANCOLAR
Et n'oublie pas, après le café, la chartreuse verte
et le kummel 1 (Baptiste sort.)
THÉOGÊNK
Je t'en supplie, Brancolar, ne prends pas ce déjeuner incendiaire... Et pour m'obliger, tu vas t' administrer tout de suite, devant moi, quelques pilules blanches, adoucissantes et rafraîchissantes... quelques-unes seulement... deux ou trois... pour me faire plaisir!
BRANCOLAR, (Il preod, lar la cheminée, la' boite blanche, et aval* des pilules, en faisant la grimace)
Allons ! Mais c'est bien pour t'obliger, (A part.) Il m* s'en irait jamais sans cela. (Haut.) Eh I bien, es-tu content ?
THÉOGÈNE . Encore une.
BllANÇOLÂR
Encoi'e une?... (il avale encore des pilules blanches, en faisant la grimace.) Il ne s'en irait jamais sans cela.
THÉOGÈNE
Merci, mon ami, merci pour moi et pour toi!... Maintenant je pars trantiuille. . . (A part.) Les pilules feront leur effet, (il sort par le fond.)
SCÈ>.E IX
BRANGOL.\R .seul, puisGERTRUDE (IlapprocUe le fauteuil de la cheminée, il passe sa robe de chambre sur sa jaquette, et s'assied dans le fauteuil. )
BRANCOLAR
Là ! dans ma robe de chambre et dans mon fauteuil!. . On est bien ainsi... Je sens renaître le calme ■dans mon esprit et la fraîcheur dans mon sang.
GEUTUUDE, entrant par la droite
Monsieur, votre déjeuner est servi.
BRANCOLAR, indilliireut, assis devant la cheminée
Ah ! . . ca'st que je n'ai pas Itieu faim.
GERTRUDE
' Ne le laissez pas refroidir... Le potage à la bisque 'et * les Acrevjsses bordelaises, ça demande à être mangé très diaud.