‹ La science au tháâtre; comédiesChapitre 219 sur 259 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

BRANOOLAR, M^e de SAINT- YVES. (Elle entre par le fond.) (Elle pose son voile.)

PRANCOLAR

Mme de Saint- Yves? Ah! que je suis surpris et heureu.K, heureux et surpris?...

M™^ DE SAINT-YVES

Vous deviez venir aujourd'hui chez moi.

BRANCOLAR, avec froideur

De quatre à cinq. (A pan.) Avec un bracelet. (Haut.) C'était inscrit là. (il montre son cœur.) Je n'y aurais pas manqué.

M™« DE SAINT-YVES

Eh bien, c'est que justement, je ne peux pas être chez moi de quatre à cinq.

BR.\NGOLA.R, toujours froid

Et pourquoi cela, Madame ?

M™e DE SAINT -YVES

Parce que j'ai un rendez-vous plus sérieux ailleurs.

BRANGOLAR

Où cela, Madame ?

U^^ DE SAINT- YVES

Au Tattersall, monsieur, au Tattersall.

BRANGOLAR

Il s'agit de chevaux ?.. .

^rae j)E SAINT-YVES

Russes...

BRANGOLAR

Alors je m'incline, madame, je m'incline. .

M™6 DE SAINT-YVES

Mais avant d'aller au Tattersall, j'ai voulu venir m'excuser.

BRANGOLAR

En me faisant une petite visite ! Ah ! madame que

c'est aimable de votre part ? (Avec une iodifférenca polie.)

Donnez-vous donc la peine de vous asseoir.

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M™^ DE SAINT-YVES

Comme vous me dites cela ! AU ! je vois que ma ' présence vous contrarie,.. Adieu donc, je me l'etire.

BRANCOLAR

Mais non, mais non, belle dame, (il la fait asseoir, et Vassied près d'elle, à gauche), pas encore!... Je suis très content de vous voir . . très content.

M'"^ DE SAINT-YVES

Eh bien! montrez- moi le bracelet que vous deviez m'apporter.

BRANCOLAR

Impossible !... Il est encore chez lebijojitier.

M™« DE SAINT-YVES

Eh bien! courez vite chez le bijoutier... Eh bien?...

BRANCOLAR

Eh bien, je ne demanderais pas mieux d'aller chez le bijoutier, mais...

M™® DE SAINT- YVES

Mais?...

BRANCOLAR, de plus en plu indifférent, et s'écarlant

Ce sera pour demain. (A part.) Que me prend-il - ■donc?... Brr!... j'ai froid !... Cest vraiment extraordinaire !... (Haut.) Vous permettez ?... (il s'enveloppe de la robe de chambre, qui était sur une chaise.)

M™e DE SAINT YVES, (à part)

Eh bien ! que fait- il ?. . .

BUANGOLAR... Il va s'asseoir sar le fauteuil, près de la cheminée. (A pari)

Me voilà redevenu tout à fait Brancolar. (il tousse.)

M^e DE SAINT- YVES, d'uQ Ion railleur

Vous toussez?... Voulez-vous de' la tisane ?

BRANCOLAR

Volontiers... (A part. Avec amertume.) De la tisane! et c'est Mme de Saint-Yves I...

M"'* DE SAINT- YVES, qui a versé la tisane dans la tasse qui était sur la cheminée, la lui présente, (riant)

Qui VOUS la prépare, et qui vous la donne, de

ses blanches mains ! (Lui prenant la tasse des mains.) (A part.)

Vieil invalide! (Haut, avec raillerie). Ah! Jules, qu'il est doux de consacrer à l'homme que l'on aime les plus belles heures... de la journée... (A part) sans oublier le Tatfersall. (Regardant sa montre.) C'est dans vingt minutes... dépêchons-nous !... (Haut ) Qu'il est doux de prévenir ses désirs, (Elle lui met un oreiller sous sa tète, et l'enfonce d'un grand ciup de poing), de chercher tout Ce qui peut lui être agréable, (Elle met un tabouret sous ses pied»

très brusquement), de veiller sur lui, sur son repos, sur

son bonheur! (A chaque phrase dite d'un ton doucereux, elle le bouscule.)

BBANCOLAR

Chère Paméla! comment reconnaître tant de dévouement ?

M'"^ DE SAINT- YVES

Âh ! c'est bien facile... en ajoutant quelques diamants au bracelet .. Et nous irons souper chez Ledoyen, aux Cliamps-Elysées !

BRANCOLAR Chez Ledoyen ? (Ilselè>e, voit la boîte rouge restée sur la

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