SCÈNE TROISIÈME Î
faudrait commencer. Il prend toujours une chose pour une autre. Mêmement qu'hier soir, dans la grange, il a donné une bourrade à la petite Claudine, (ElUfait le geste.) croyant que c'était moi...
MIRJOLET, à part.
Nenni !... je savions ben que c'était Claudine.
FOUGASSE
Enfin, il parle, il marche, il tient tout à l'envers ! Et saperlotte, M'ssieu le Marquis, regardez-le manoeuvrer.
Mirjolet voulant reprendre les outils qu'il a laissés sur le banc, les laisse tomber à terre.
LE MARQUIS, liant.
C'est vrai!...
MIRJOLET, d'un air pileux.
C'est que ma tête est pleine d'incertitude, et que j'avons perdu mon quilibre.
FOUGASSE
Eh ben, dis-la, ton incertitude, et je t'aiderai à le retrouver, ton quilibre.
MIRJOLET, montrant le bouquet et l'écrin.
V'ià!... On m'a donné tout ça à remettre : mais je ne savions plus ce qu'étiont pour Mame la baronne, ni ce qu'étiont pour sa femme de chambre.
FOUGASSE
Oh ! si je n'étions pas là, que de bêtises tu ferais ! (Prenant le bouquet.) Tiens! v'ià pour Mame la baronne!
MIRJOLET, prenant l'écrin.
Alors, v'ià pour Réséda!
FOUGASSE, lui mettant le sac et les outils sur le dos,
Et v'iàpour toi!
MIRJOLET, levant alternativement cliaque main, en s'en allant
Pour Marne la baronne, pour Réséda...
II sort.
FOUGASSR.
Gageons qu'il se trompera tout de même.