‹ La science au tháâtre; comédiesChapitre 24 sur 259 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

personnel, pour l'occuper de l'intérêt public? (Grondement de tonnerre.) Un orage éclate en ce moment sur la ville, et les habitants de Philadelphie, qui ont appris ton arrivée, te supplient de les sauver d'un désastre !

BCOULL

Le tonnerre a déjà fracassé un des gros arbres de la. promenade, et frappé une femme et deux enfants, qui s'étaient mis à l'abri sous ses branches. (Eclairs et coup de tonnerre.) J'en tremble encore.

ROBERT

Si la foudre tombait sur la poudrière qui est là^ sur ïa place, la moitié de la ville sauterait; car la poudrière est toute pleine de barils de poudre et de munitions préparées pour la guerre contre les Anglais, guerre qui est imminente.

(Eclairs et tonnerre.)

FRANKLIN

Vous avez raison, je dois tout tenter pour combattre le danger qui nous menace... Mes amis, je vous ai dit que l'électricité se dirige toujours vers les corps terminés en pointe. Je crois que la foudre n'est que de l'électricité. Si donc, je puis parvenir à placer au haut de la vieille tour, qui est prés de la poudrière, quelques tiges de métal pointues, l'électricité, attirée par les pointes, irait frapper la tour, et la poudrière, ainsi que la ville, seraient préservées. Donnez moi donc tout de suite les barres de cuivre que j'ai laissées ici, en parlant pour l'Europe.

COLEMAN

Hélas, nous ne les avons plus; elles ont été volées.

FRANKLIN

Volées?**

COLEMAN

Par Bob, le mendiant; et Bob a dû quitter Philadelphie ou se cacher, car toutes les recherches faites pour le découvrir, onl été inutiles. Personne ne sait où il demeure. On ignore même s'il a un domicile.

(Eclairs et tonnerre) .

FBANKLIN amèrement

• Vous me demandez de conjui^r la foudre, et je n"ai plus le moyen de le faire. Sans ces barres de métal, je ne puis rien, mes amis, rien! (Eclairs et. tonnerre) Et l'orage redouble I (Cherchant fiévreusement autour de lui) Si j'avais seulement une pique, une lance, une tige de fer ! (Apercevant, h droite, la barre que Bob a laissé tomber.) (Joyeux) Ah ! cette barre ! (il la ramasse) Je la reconnais, c'est une de celles que j'avais confiées àmistressGodfrey.Cela me suffira.

(Il se dirige vers le fond, en brandissant la barre.)

COLEMAN

Franklin, où vas tu ?

FRANKLIN (Sur le seuil de la porte du fond-.)

Je vais placer sur le haut de la tour celte tige, pour y attirer la foudre, et l'empêcher de tomber sur la poudrière !

COLEMAN Mais c'est jouer ta vie.

SCÊ!JE XVI 43

FRANKLIN

Que m'importe ma vie si elle sert à sauver d«s milliers d'existences !

(Il disparaît à gauche.)

SGOULL Je tremble de tous mes membres !

MÉRÉDITH regardant par la fenêtre Mes amis, voilà Franklin au sommet de la tour.

TOUS, regardant par la porte du fond Hourrah ! (Lueur éblouissante. Très forte détonation.)

SGOULL * Mon Dieu ! Franklin va périr !

ROBERT

Il est perdu ! Gourons à son secours ! (Robert Scoull et les six membres de l'Académie sortent rapidement, par le fond.)

COLEMAN(seul)'

Fasse le ciel que Franklin ait eu le temps de descendre avant que la foudre ait frappé la vieille tour!... Je n'ose regarder. (Regardant au fond, vers la gauche) La tour n'est q^i'un monceau de ruines !

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