‹ La science au tháâtre; comédiesChapitre 43 sur 259 · SCÈNE YII · texte numérisé non relu

SCÈNE YII

LOUISK, seule, puis BERNARD *, arrivant par la droite

LOUISE

Ah ! si mon père pouvait comprendre le génie de Bernard: s'il connaissait la noblesse et la grandeur de son âme: s'il savait combien je l'aime î

BERNARD, joyeusement Mademoiselle Louise !

LOUISE, tristement

Monsieur Bernard.

BERNARD

Vous êtes toute triste: que se passe- t-il donc?

LOUISE

Mon père vient de me signiQer d'avoir à épouser Gilbert.

BERNARD, vivement Mais VOUS n'y avez pas consenti ?

LOUISE

Comment résister à la volonté d'un père ? • Borna r«1. îvouise.

BERNARD

Ce mariage est imi^ossiblo ! Ne nous sommes nous pas juré un mutuel amour l

LOUISE Sans doute, monsieur Bernard, mais...

BERNARD, la conduisant au banc de ?azon, à gauche, et la faisant asseoir près de lui

Avez-vous oublié cette belle matinée où, pour la première fois, nos cœurs se sont compris... Je traversais la prairie, portant une brassée de roses, et vous, vous éliez assise, avec votre corbeille à ouvrage, sous le grand marronnier... « Monsieur « Bernard, me dites-vous, apportez-moi une de vos * roses; elle me servira de modèle. . Ce ne fut pas une rose, mais toutes les roses du jardin que je jetai à vos pieds... Et pendant que vous faisiez éclore, sous vos doigts, des tleurs nouvelles, moi, immobile et tremblant, je retenais mon soufUe, pour mieux vous contempler... Vos petits outils de lleuriste, épars çà et là, brillaient au soleil: de hautes tiges de li's balançaient au-dessus de votre tête leurs Heurs orgueilleuses; des violettes discrètes frémissaient dans l'herbe, et une nichée de fauvettes bavardaient sur le chêne voisin.

LOUISE, rêveuse

Oui. je me souviens...

BlillNAllD

I e soleil était déjà li:iiil; les lys pench;iient sur }eurs tiges leurs calices altérés ; les fauvettes

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