‹ La science au théâtre, comédiesChapitre 119 sur 272 · SCÈNE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE DEUXIÈME

nos petits globes? En inventant les ballons, j'ai voulu donner à Thomme, non une force, mais un simple jouet.. .'N'aie donc pas plus d'ambition que moi-même.

COLOMBET

Qu'est-ce qui empêcherait d'attacher à vos ballons des ailes, des nageoires, ou des roues, pour les diriger h volonté ?

MONTGOLFIER

Mes 'ballons n'ont rien à démêler avec la mécanique ! Ce sont les hochets de ma vieillesse. . Lorsqu'ils s'élèvent et disparaissent dans les airs, au gré du vent qui souffle, il me semble voir •renaître, pour disparaître aussi, les rêves de ma

jeunesse !

COLOMBET

Oui, mais si je trouvais le moyen de les diriger, les ballons ne disparaîtraient pas au gré du vent qui souffle.

MONTGOLFIER

Tu ne dirigeras rien du tout!... Je t'en prie, Colombet, ne détruis pas, par d'horribles machines, la poésie de mes ballons bien-aimés!... Laisse-les, comme les bulles de savon qui brillent au soleil, suivre le chemin de la fantaisie et du hasard... Mais je ne dois pas oublier que la Cour doit venir cette après-midi, au jardin de la Muette !... (A Micheline, qui, pendant cette scène, a desservi, plié la serviette^ enlevé la table, etc.) Micheline, donne-moi mes manchettes et mon jabot d© dentelles.

18 LE PRE>riER VOYAGE AERIEN

MICHELINE, embarrassée.

Vos manchettes?... votre jabot ?...

MONTGOLPIER.

Sans doute, Theure approche... il faut que je me fasse beau ! . . .

MICHELINE

Mon pauvre maître, c'est qu'elles sont déchirées vos manchettes, et que votre jabot est tout fripé !

MONTGOLFIER, tristement.

Et je n'en ai pas d'autres?

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