‹ La science au théâtre, comédiesChapitre 120 sur 272 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Les MÊMES, JOSIANE.

JOSIANE, elle a des manchettes et un jabot à la main.

En dentelle, non, mais en broderie, mon cher oncle, vous avez des manchettes et un jabot tout neufs!. . . Voyez!. . .

MONTGOLFIER

Brodés par toi, ma petite Josiane?

JOSIANE, fait un signe affirmatif.

Eh! bien, vous ne me remerciez pas?...

Elle lui tend la joue.

MONTGOLFIER, il l'embrasse .

Tiens!. . . (Il lui prend la tête, et l'embrasse plusieurs fois.) tiens, encore!...

sci':ne quatrième 19

JOSIANE

Maintenant, allez vite vous habiller. J'ai déjà vu, au balcon du château, les dames de Polignac et de Breteuil en grande parure!

MONTGOLFIER, regardant gaiement son habit.

M'habiller?... Ton jabot et tes manchettes feront tous les frais de ma toilete, mon enfant!...

Il sort par la gauclie.

MICHELINE

Bah! avec un coup de brosse sur les souliers et de la poudre h la maréchale sur la perruque, vous serez superbe.

Elle sort par la gauche.

SCENK ÏV

JOSIANE, GOLOMBET.

COLOMBET, soupirjnt, en regardant Josiane, qui s'est assise dans le fauteuil, et qui s'est mise à broder.

Ah!... ah!... ah!...

JOSIANE

Eh ! mon Dieu ! M. Golombet, qu'avez-vous ? (Riant.) Voudriez-vous remplacer le vent, pour faire marcher vos ballons ?

COLOMBET

Dans ce moment, je ne pense guère aux ballons, Mademoiselle!... Je voudrais vous parler... et je n'ose pasl... (Il soupire.) Ah!... ah!... ah!.,.

JOSIANE

Il faut toujours pouvoir dire tout haut, ce que Ton pense tout bas, M. Colombet.

• COLOMBET

Et]! bien, mademoiselle Josiane, puisqu'il faut pouvoir dire tout-haut ce que Ton pense tout bas, je dirai donc que je vous...

JOSIANE, sévèrement, avec un regard hautain.

Monsieur Colombet!...

COLOMBET

Je dirai que j'aime une jeune fille charmante... Elle est aussi bonne que belle; elle brode comme une fée; elle a tous les mérites et toutes les vertus... Seulement, elle ne fait aucune attention à moi, et j'ai peur qu'elle ne rie de mon amour... Voilà pourquoi, au lieu de parler, je soupire... Ah!... (Il soupire.) Voyons, une supposition, mademoiselle Josiane: si vous aimiez quelqu'un, et qu'on ne vous payât pas de retour, que feriez-vous?

JOSIANE

Je ne saurais répondre à votre question, M. Colombet; car si j'aimais, je voudrais être payée de retour, et ma fierté ne s'abaisserait pas à solliciter un cœur qui se détournerait du mien.

COLOMBET, vivement.

Ah! Mademoiselle, vous aimez! (A part.) Et ce n'est pas moi !

JOSIANE

Je ne sais si j'aime et si je suis aimée ; j'ignore

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