SCÈNE TROISIÈME
n'ouvrez votre porte qu'à des amis sûrs etdévoués, et nous serons tous heureux... vous le premier.
HONORÉ
Que je renonce à profiter des otlres de fortune que me fait ce riche et noble étranger? Ah ! pour cela, non, mon frère... Votre misanthropie vous mène trop loin !
FRANÇOIS HUBER
OÙ vous mènera l'amitié de M. Garsala ?
HONORÉ
Le chevalier Garsala a écrit, en ma faveur, à un de ses amis, à Paris:.. Il doit me transmettre la réponse aujourd'hui môme... Je l'attends. Assistez à notre entrevue, et tous vos scrupules disparaîtront.
FRANÇOIS HUBER
Ah! c'est ici que vous avez donné rendez-vous à Garsala?
HONORÉ
Sans doute. Je ne pouvais le recevoir au milieu des tic-tac de ma boutique.
FRANÇOIS HUBER
Eh bien! alors... (Brusquement.) adieu!
HONORÉ
Mon frère !...
FRANÇOIS HUBER
Ah! devant l'ennemi, je bats en retraite...
HONORÉ, inquiet.
Mais Carsala n'est pas encore là... Il ne viendra peut-être pas.
FRANÇOIS HUBER
Pardon, il approche, suivi de son Almanzor : je les entends.
Vraiment?
Regardez.
C'est vrai.
HONORÉ, joyeusement.
FRANÇOIS HUBER
Carsala et Almanzor paraissent au fond.
HONORÉ
FRANÇOIS HUBER
Eh bien ! avouez que je n'ai pas besoin de mes yeux pour y voir mieux que vous. (A part.) La crédulité de ce pauvre Honoré m'effraie. C'est lui qui est aveugle; et j'ai beau lui crier casse-cou, cela ne l'empêchera pas de tomber dans tous les panneaux !
HONOR-É, avec inquiétude.
François! où allez-vous, tout seul?
FRANÇOIS HUBER
Ah ! soyez sans inquiétude. Burnens est au jardin; je saurai bien le retrouver.
Il sort par la porte de droite.
SCÈiNE nUATRiÈiME 2o