SCÈNE TROISIÈME
DIANE, s'approchant curieusement.
Voyons!
RAMPONEAU, regardant dans le carnier.
Plongeons, manchots, grèbes, guillemots et pingouins! Cela fera une jolie broclietle !. . . Mais à dire vrai, j'aurais préféré à tout ce gibier d'eau un petit chevrotain.
LUDOVIC
Si cela peut vous être agréable, M. Ramponeau, j^ai le temps d'aller vous tuer un chevrotain!
DIANE^ prenant les oiseaux morts.
En attendant, je vais dire àChristiana de plumer ces volatiles!
Elle entre dans la chaumière.
LUDOVIC, qui a suivi Diane des yeux. (A. Ramponeau.)
Ah ! M. Ramponeau, que ma cousine est jolie, qu'elle est gracieuse et bonne! (Criant, d'un air en colère.) M. Ramponeau! votre nièce est adorable!
RAMPONEAU
Eh! bien, demandez-moi sa main; je vous raccorde sur-le-champ.
LUDOVIC
Non. . . je l'adore, mais je ne veux pas l'épouser.
RAMPONEAU
Et pourquoi, Monsieur?
LUDOVIC
Vous voulez une confidence?
20 LA FEM.Mr: AVANT I.R Dl'X'JGE
RAMPONEAU
Une explication, tout au plus.
LUDOVIC
Eh! bien, sachez, M. Ramponeau, que j'ai fait un serment.
RAMPONEAU
Un serment! et à qui?
LUDOVIC
A moi-même.
RAMPONEAU
Mais, quel serment vous êtes-vous fait à vousmême?
LUDOVIC
Je me suis juré de ne pas épouser de veuve.
RAMPONEAU
Pourquoi donc cela, M. Ludovic ?
LUDOVIC
C'e?t une idée à moi... Ah ! si Diane ne s'était pas mariée I...
RAMPONEAU
Elle Ta été si peu! si peu!...
LUDOVIC, vivement.
Si peu ! si peu !... Tenez, vous me feriez dire quelquesoLLise.J'aijno mieux vous qui Lier... M. Ramponeau, je vais tuer votre chevrotain.
Il sort par la droite.