SCENE XH
Les Mêmes, DIANE, LUDOVIC, ils sortent de la chaumière.
LUDOVIC, bas à Diane.
Ils en sont à la scène d'amour et au mariage. La pièce est finie...
DÎÂ.NE, s'avançant, toussant.
Hum! hum I
GHRISTIANA, confuse, s'écartant de sir Evans (à part.)
Madame de Beaugençy!...
DIANE, à sir Evans.
Mes compliments, sir Evans, votre fiancée est charmante.
SIR EVANS, avec transport.
Ah! sivous saviez !...
Je sais que cette jeune fille n'est pas de notre temps; je sais qu'elle est encore naïve et pure, car le jour même de son mariage,' elle s'est évanouie, on l'a crue morte, et on l'a ensevelie dans cette grotte!... Je sais qu'elle vient de revenir à la vie, que vous l'aimez, et qu'elle vous aime. Je sais enfin que remplaçant le mari à qui on la destinait, vous cueillerez avec elle le bouquet de pervenches qu'elle devait cueillir avant le déluge.
SIR EVANS, très étonné, à Diane.
Un bouquet de pervenches?... Que voulez-vous dire?
DIANE, riant.
Comment, vous, un anthropologiste, un paléontologiste géolisant, vous ignorez la coutume des fiançailles, chez l'homme primitif?...
LUDOVIC
Ma foi, je Fignore aussi.
DIANE
Eh bien, sachez, Messieurs, que dans les temps préhistoriques, la cérémonie des fiançailles consîs- ' tait à aller cueillir ensemble un bouquet de pervenches. Ce bouquet était comme le « oui » que Ton prononce aujourd'hui devant monsieur le Maire.
LUDOVIC, à part.
La cérémonie de la pervenche me paraît une aimable invention de ma spirituelle cousme. Je ne sais où elle veut en venir, mais laissons-la faire: elle doit avoir son idée. (Haut.) Je comprends : ia pervenche était la fleur d'oranger des temps primitifs.
DIANE, à^sir Evans et à Christlana.
Allez donc cueillir le bouquet de pervenches, beaux amoureux.
CHRISTIAN A
Il y a des pervenches dans la grande prairie voisine... Le temps de les cueillir, et nous revenons.