SCÈNE PREMIERE
EUGÉNIE, entrant par le l'onJ, portant dei livres, elle est en tenue de pensionnaire ; puis GER.T11TJDE, traînant une malle.
EUGÉNIE
Entin, me voilà sortie de pension!
(Elle met les livres sur le guéridi)n.
GERTRUDE Et voilà votre bagage chez nous.
EUGÉNIE
Ah! Gertrude, que je suis contente !
Ah! mademoiselle, que je suis fatiguée!
(Elle s'assied sjr la malle, et s'é\enle avec son mouchoir) EUGÉNIE
Et tu dis que mon oncle songe à me marier?
b LE sanCt du turco
GERTRUDE
Dame! votre oncle, M. Brancolar, vous sert de père, depuis que vous êtes orplieline. Il n'a rien négligé pour votre éducation; et h présent que vous savez l'orthograplie, il ne négligera rien pour votre bonheur... Vous aime/ M. Alois, il vous donnera M, Aloïs pour mari.
EUGÉNIE
Vraiment?
(iEKTHUDE
M. Aloïs est le lils de son meilleur ami, le docteur Théogène Golomas... Théo, comme l'appelle, familièrement, votre oncle ; ça ira tout seul.
EUGÉNIE Tu crois?
GEllTRUDE, regardant par la fenêtre.
Et, précisément, le voilà le docteur Thi''ogène Golomas... Je suis sûre qu'il vient faire la demande en mariage.
EUGENIE, reprenant les livres qaVlle avait posés sur le giii'iiJon
Oh! alors, vite! vite!
Eh bien! où allez-vous?
EUGÉNIE, joyeusement
Serrer mes livres, et poser ma robe de pensionnaire. (Elle sort par la droite.)
SCENK II
SGK\E II
GERTRUDE, puis TIIÉOGKNE, avoc une canne à pomme d'or, un chapeau bas et à grandes ailes. (Il entre par le l'ond).
GERTRUDE
Aujourd'hui, la demande en mariage, et bientôt la noce. .T'nimo ça, moi, une noce! (Elle sefrotioles mains.)
THÉO(;ÈNE
Brancolar n'est pas là ?
GERTRUDE
Non, monsieur: il est sorti. (Avec empressement.) Mais vous pouvez l'attendre.
THÉOGÈNE
Gomment, sorti? Et il vient de m'envoyer ce télél^ramrae ? (il tire un télégramme de sa poche.) (Lisant) « Paris <i à Paris, 7-28, 8;?7. Viens me voir. Être inquiet. Cas « extraordinaire, uni({ue, exceptionnel. » (A part.) iii s'assied sur le canapé.) Un cas exceptionnel ! Quelle chance I Je le ferai mettre dans les journaux, et ma réputation sera faite. (Haut.) J'étais à déjeuner... des œufs à la coque, je laisse mes œufs ; j'avais des clients plein le salon, je laisse mes clients..., je laisse tout eiilin, je me dépêche d'accourir... (il se lève.) (A (iertrude, qui rentre, après avoir emporté la malle) et tu me dis : Brancolar est sorti !
Mais oui, docteur, M. Brancolar est sorti. H se porte fort bieri.
THÉOGÈNE
En apparenct', c'est possible ; mais au fond, il doit être malade , puisqu'il m'envoie une dépêche. (Mouvement de Gertrude.) Oh ! sois tranquille, avec des soins et un régime sévère, nous triompherons du cas exceptionnel... Brancolar est . raisonnable, que diable! sa vie est régulière. Il mange peu, se couche de bonne heure.
GEUTUUDE, riant
M. Brancolar un homme raisonnable ! M. Brancolar se coucher de bonne heure ! Ah bien oui !