‹ La science au théâtre, comédiesChapitre 222 sur 272 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

THÉOGÈNE, prenant sur le j,'uéiidûn, la boite de pâle de guimauve,

et la lui offrant

Mon cher Brancolar. . . un peu de pute de guimauve. . .

BUA.NGOLAR

De la guimauve?... Snpristi ! j'en ai bien assez dans le tempérament !..(Ii jette, d'un revers de main, la boile de guimauve, que lui présentait Brancolar.)

THÉOGÈNE, lui présentant un paquet de rhubarbe Un peu de rhubarbe. . rien qu'un peu !

BRANCOLAR Veux-tu me laisser tranquille ?

THÉOGÈNE, à part Ni guimauve, ni rlmbarbe ; essayons autre chose.

(11 tire un journal de sa poche) (haut.) Veux-tu jeter un COUp

d'œil sur ce nouveau journal ? Tiens, assieds-toi là, (Il le dirige doucement vers la cheminée, et le fait asseoir) dans ce bon fauteuil, et lis la Sentinelle, journal du soir et du matin. C'est un journal très b^en informé. Politique, criti(|ue, esthéti({ue, littérature, horticulture, agriculture, pisciculture, sylviculture, ostréiculture apiculture. (A part.) Si tout cela ne Fendort pas !.. .

BRANCOLAR, se levant furieux, et jetant le journal, d'un revers de

main

Eh ! je n'aime pas la [)oliti(iue !

THEOGÊNE, le poursuivant, avec un écran chinois, qu'il a pris sur la

cheminée

Mon ami, prends cet éventail. .. Tu as besoin de te rafraîchir le sang.

Le sang d'un Turco n'est jamais trop chaud!. (Il jette à terre l'éventail, d'un revers de main.) (Très véhément.) Monsieur le docteur Théogène, voulez-vous me faire le plaisir de me laisser en re[)OS ?

THÉOGÈNE, allant s'asseoir au guéridon

Ah ! mon ami... depuis quarante ans, le mot gène était supprimé entre nous. Tu m'appelles Théogène ?... Je ne suis donc plus ton Théo ?... ton petit Tliéo?...

BRANCOLAR

Théo, ouThéogéne, voilà le cas que je fais de votre pliarmacie ! (il prend le papier gris et les drogues qui sont sur le guéridon, et jelle le tout par la fenêtre, a gauche.) Et si VOUS ne sortez pas à l'instant, j'en ferai autant de votre personne, docteur Théogène Colomas !

THÉOGÈNE, à part Eh Lien, j'ai joliment réussi à le calmer.

BRANGOLAR, se promenant à grands pas

Monsieur voulait me faire avaler ses drogues et ses idées... Monsieur voulaitineconduire à la lisière... Mais je suis le maître de mes actions, ventrebleu, et je le prouverai!

THÉOGÈNE, il se lève

Mon cher Brancolar, le Turco t'entraine trop loin. 11 faut te mettre au régime. C'est l'heure de ton déjeuner. Commnnde, je te prie, pour aujourd'hui, ton menu rafraîchissant.

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