BAPTISTE
Tout de suite, monsieur... Mais quel menu ?
BRANGOLAK
Celui du Turco, parbleu !
BAPTISTE, à lui-même
Potage à la bisque, homard à l'américaine, buisson d'écrevisses. Pâté de foie gras... C'est bien,. Monsieur.
BRANGOLAR
Et n'oublie pas, après le café, la chartreuse verte
et le kummel î (Baptiste sort.)
THÉOGÈNE
Je t'en supplie, Brancolar, neprendspasce déjeuner incendiaire... Et pour m'obliger, tu vas t' administrer tout de suite, devant moi, quelques pilules blanches, adoucissantes et rafraîchissantes... quelques-unes seulement... deux ou trois... pour me faire plaisir!
BRANGOLAR, (Il prend, sur la cheminée, la boîte blanche, et avale des pilules, en faisant la grimace)
Allons ! Mais c'est bien pour t'obliger. (A part.) 11 ii« s'en irait jamais sans cela. (Haut.) Eh! bien, es-tu content ?
THÉOGÈiNE Encore une.
BUANCOLAR Encore une?... (U avale encore des pilules blanches, en faisant la
grimace.) Il ne s'en irait jamais sans cela.
THÉOGÈNE
Merci, mon ami, merci i)Our moi et pour toi!... Maintenant je pars tran([uille... (A pan.) Les pilules feront leur effet, (ii sort par le fond.)
SGÈiNE IX
BRANGOLA.R seul, puisGERTRUDE (Ilapproche le fauteuil de la cheminée, il passe sa robe de chambre sur sa jaquette, et s'assied dans le fauteuil.!
RRANCOLAR
Là ! dans ma rol)e de chambre et dans mon fauteuil!. . On est l)ien ainsi... Je sens renaître le calme dans mon esprit et la fraîcheur dans mon sang.
GEllTRUDE, entrant par la droite Monsieur, votre déjeuner esl servi.
RRANCOLAR, indilTéreut, assis devant la cheminée Ah !.. , c'est ({ue je n'ai pas Ijien faim.
GERTRUDE
N<! le laissez pas refroidir... Le i)otage à la ])isque et les écrevisses hordelaises, ea demande à être mangé très diaiu].