‹ La science au théâtre, comédiesChapitre 32 sur 272 · SCÈNE XIX · texte numérisé non relu

SCÈNE XIX

ROSALIE. DIGK, BOB (entrant par le fond), FRANKLIN

FRANKLIN

Mais si je ne me trompe, voici Bob, que l'on disait à moitié tué par le feu du ciel. Il est revenu de son évanouissement.

BOB

Oui, M. Franklin, je suis revenu de mon évanouissement. Je suis encore un peu étourdi ; je n'y vois pas encore bien clair, mais enfin, j'ai échappé à ce terrible coup de foudre qui a renversé la moitié de la vieille tour.

Le bruit a été, en etïet, épouvantable.

BOB

Ah ! Monsieur, j'ai cru que le ciel me tombait sur la tête. Et malgré moi, j'ai levé les deux bras en l'air. (Il lève les deux bras) comme pour le retenir.

ROSALIE, s'approchant.

Mais que signifie cela, Bob ? Il me semble que tu n'es plus manchot ?...

BOB

Tiens, c'est vrai! Je me sers du bras gauche... (Il fait jouer son bras gauche) comme du bras droit, (Il fait jouer son bras droit) et du bras droit... comme du bras gauche. (Il fait jouer,alternativement,les deux bras.et en gesticulant

il donne un soufflet à Dick, qui se retire avec humeur.) C'est UIl

vrai miracle!

FRANKLIN

. Non, mon ami, il n'y a là aucun miracle ; il n'y a qu'un effet de l'électricit '. En frappant ton bras paralysé, la foudre l'a guéri.

DIGK (à part.)

Trop bien ! (haut) Il parait que le tonnerre est chirurgien.

BOB à Dick.

■ Tiens î la langue de Dick est déliée.

DICK

Comme ton bras, et par le même docteur, . . Mais dis-moi, Bob, (il l'amène sur le devant du. théâtre) à présent que tu peux te servir de tes deux mains, je pense que tu vas renoncer à. . (il fait, avec la main, le geste de voler.)

BOB

Oh! pour cela, j'en réponds (à Franklin.) Je vous assure, M. Franklin, que je ferai bon usage du bras que la foudre m'a rendu. Le coup qui a guéri mon bras, a aussi guéri mon âme, et je serai désormais un honnête homme et un b3n ouvrier. J'en lève les deux mains (il lève et agite les bras.)

DICKj s'écarta U de lui.

Il parait que le tonnerre est moraliste.

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