SCÈNE XXII
«f noms et prénoms ont étf"" inscrits sur le registre de « l'Etat civil, le jour de la Sainte Elisalieth. J'espé- « rais que nous ne nous séparerions jamais, mais tu « es parti pour Philadelphie, sans me dire adieli.Veux- « tu donc m'abandonner? Jenepuisle croire. Je suis, « du resté, décidée à faire valoir en tout et partout « mes droits de femme léoitime.
i( Signé : Anna Pahner, épou e Roger. »
M. GODFREY
Une coutellerie à Manchester et une coutellerie à Philadelphie, c'est bien : mais une femme à Philadelphie et une femme à Manchester, c'est trop! M. Roger devra se contenter de la femme qu'il a laissée en Angleterre.
DIGK
Le numéro un \
FRA.NKL1N
Quel bonheur!... (à Déborah.) Vous voulez bien de moi pour votre époux, chère Déborah?
DÉBORA.H meUant sa main dans colle df Franklin Voici ma réponse.
READ
Mon cher Franklin, le repas de noces préparé pour Roger, sera votre repas de liancailles avec ma fille.
M. GODFREY
Ah ! monsieur Franklin, quelle belle journée!... Déborah mariée, puis dém9riée.
FRANKLIN (gaiement) Et remariée !
DICK
Un repas de noces pour notre taverne.
SGOULL Notre ville sauvée.
COLEMAN Et le paratonnerre inventé !
TOUS Vive Franklin !
FRANKLIN Et vive la physique!
TOUS Vive Franklin 1
PvIDEAU
Paris. — Imp. JITLES D ELORME, 52, rue de Provence.- 2382
COMEDIE EN UN ACTE
Représentée pour la première fois, à Paris, sur le Thkathe des Menus-Plaisirs, le 20 avril 1889
Louis XV avait établi, en 1738. dans le pîirc du Petit Trianou, une École de Botanique , et il avait appelé à ta direction Bernard de .hissien, dénions traleu'- au Jardin des plant s de l'aris
'i'out le monde sait que i'ernard de .iussieu est le ci'éateur de la elassilication des i)lanies en l'aniilles I aliirelles. entrepr se d vaut laquelle avait échoué le génie d- Linn^^ et qui avait et-' envisagée jusque là comme la pierre philosopliale de la botanique. 1er- S'-nne, ce. en lant, ne peut dire comnent Beinard de •Iussieu réalisa cette découv- rte. qui est une d' s plus belles conceptions de l'esprit humain, lîernard de Jussieu r/a pas laissé une seule liijne sur la manière dont il arriva à discerner et <à établir les groupes naturels parmi toutes les plantes du globe. Tout ce qu'on a de lui, c'est un manuscrit de quelques p 'ges, le Catalogue det; plantes rfn Jardin de Tria'ton^ qui ne renferme autre chose que les • noms des familles végétales • t ceux des genres créés }>ar lui, avec les noms des espèces, et qui ne fnisait, d'ailleut s, que reproduire l'ordre dans lequel étaient distribuées les plantes, dans le jaidin de l^ou s XV, au I et t Tri non.
lette particularité intéressante de l'histoire de la botani(|ue. c'est-à dire la découverte des familles végétales i)ar Bernard de Jus-ieu, est le sujet de la comédie du Jnrdin de Trianon.
PERSONNAGES
BERNARD DE JUSSIEU .... M- Verlac.
GILBERT Froment.
BARNEVILLE, intendant du '^
Jardin de Trianon Desmonts.
Placide BUZIQIIET, herboriste. Vavasseuk. m
LOUISE, lille de Barneville. . . . M^^Savelli.
DOROTHEE, vieille lille. Clara Lemonnier
SUZETTE, jardinière. Lorig.
L'action se passe à Trianon. en 17^8
Le théâtre représente le jardin du Petit Trianon — A droite un pavillon ; devant le pavillon, une table, avec des outils de fleuriste et des chaises. — A gauche, un banc de gazon.