‹ La science au théâtre, comédiesChapitre 38 sur 272 · LES MEMES, LOUISE * LOUISE · texte numérisé non relu

LES MEMES, LOUISE * LOUISE

Chère tante, je vous apporte mon ouvrage de la semaine.

DOROTHÉE

Très bien. (Lui mouU-ant le bouquet que Suzetle lui a donné.) Louise, voilà un bouquet cueilli dans le jardin de Trianon; il faut en faire un pareil, en fleurs artificielles,

LOUISE

.le vais commencer tout de suite, ma tante. Les fleurs que j'ai terminées, et que je vous apporte, conviendront parfaitement pour ce bouquet. (Elle met le bouquet et la corbeille sur la table, s'assied, et se met à faire un bouquet artificiel, avec les étofl'es et les tiges de fer qui sont dans sa corbeille.)

. SUZETÏE

Quand le bouquet que j'ons cueilli dans le jardin, ne vous servira plus, mam'zelle Louise, vous me le donnerez, n'est-ce pas ?...

LOUISE Pourquoi faire ?

SUZETTE Pour le faire manger à not' chèvre.

• Suzette, Dorothée, Louise

DOROTHÉE

Ne voir dans les lleiirs qu'une pâture à bestiaux!' Ah ! li ! Suzette !

SUZETÏE

Et quoi qu'on pouviont voir dans les bleuets et les coquelicots, si ce n'étiont le dessert des moutons et des chèvres ? (Doi-oihée liausso les épaules.) (L'imitant.) G'étiont point répondre, çà !

LOUISE Les fleurs servent de parure, Suzette I

SUZETTE, à Louise

Les belles dames de la ville s'attiiiont avec des ^ Heurs des champs ! (Ellerit.) Ah! ah! vous vouliont rire.

LOUISE

Non, il n'est pas de bijou qui orne mieux une femme qu'une fleur.

SUZETTE

Faites excuse, mam'zelle, mais les fleurs se faniont M vite, et quand la parure n'étiont plus frnîche, la feunne ne le ])araissioiit i)as non plus.

LOUISE

Les prés et les bois ne .sont-ils pas là, pour renouveler l'écrin de la nature ? Les fleurs ne meurent que pour renaître, Suzette. Une rose est fanée, un boulon

la remplace. (Elle enlève la rose qui était dans ses cheveux, et la remplace par un bouton de l'ose naturelle, qu'elle prend dans le bouquet qui est sur la table.)

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