SCENE lY
Par an ?
Par an !
PLAGIDÇ:
pOROTtîEE
PLACIDE, à part
Je n'ai pas assez regardé la tante, (il se rapproche de Dorothée.) Alors, VOUS avoz itne boutique do 11 ours artificielles?
DOROTHÉE
A Versailles.
PLACIDE Achalandée ?
DOROTHÉE Double clientèle : la cour et la ville.
PLACIDE
Vraiment !
DOROTHEE, mystérieusemont
Ma boutique est un arsenal de coquetterie; M. Placide. C'est là que les femmes viennent cherclier la jeunesse et la beauté! La blonde y trouve, en toute saison, des myosotis, des bleuets et de pâles campanules, pour s'harmoniser avec la Ijlancheur de son teint et la douceur de son regard. La brune vient y demander, pour rehausser l'éclat de son minois piquant, des camélias, aux effets de neige, des coquelicots pourprés, ou des boutons d'or, aux disques
l)i'illants. La jeune lille choisit la pA({uorette ou l'églaritine, la jeune femme la rose, la grenade ou Foeillet, l'aïeule des pensées ou des violettes... (baissant les yeux) et l'épousée... (soupirant et minaudant) des fleurs d'oranger.
PLACIDE, à pari, regardant Louise
Des fleurs d'oranger ! l'allusion est directe ! Elle veut bien me donner sa nièce.
DOROTHÉE
M. Placide, à présent que vous êtes un peu reposé, si vous voulez visiter le jardin de Trianon, un démonstrateur vous accompagnera.
PLACIDE, reçTardant toujours Louise Un démonstrateur ! Qu'est-ce que ça?
DOROTHÉE
On appelle démonstrateur, au Jardin botanique de, Paris^ l'employé qui est plus qu'un jardinier et moins| qu'un professeur... Notre roi Louis XV a pris en: grande affection le Petit Trianon. Ilavoulu l'enricliir d'une école de botanique, et il a fait venir du Jardin du Roi. de Paris, deux jeunes démonstrateurs pou;* arranger et classer les plantes. L'un, Gilbert, est un bon garçon, i«ans façor), toujours la bx-lie à la main et la gaieté au cœur... L'autre, Berutrd de .lussieii, est un jeune homme distrait et rêveur, dont l'âme n'a pas l'air d'être sur la t M'i-c, mais dans quelque monde inconnu.