SCÈNE VU
ne cliîuitaient plus, et dans vos nuiius naissaient encore des roses, ({ui tombaient une à une sur le; sol... Quand votre travail fut acheva, roses naturelles et roses artiticielles étaient mêlées sur le gazon • « Monsieur Bernard me dites-vous, ramassons chacun « notre bien. » Je ne sais comment cela se fit, mais votre petite corbeille se trouva remplie de roses naturelles, tandis que j'emportais sur mon cœur les Heurs nées sous vos doigcs... Chères roses! les miennes vous ont fait l'aveu de mon amour, les vôtres m'ont dit d'espérer... (il se lève.) Et à présent, souvenirs et serments, tout serait brisé!... Ah! Louise, le jour où votre douce image ne rayonnera plus sur ma vie, jo n'aurai f]u'à mourir.
LOUISE, se levant
Mais, Monsieur Bernard, tout n'est peut-être pas désespéré ! . . .
BERNARD, vivement Que dites- vous?
LOUISE
Votre plus grand tort aux yeux de mon père, c'est le désordre dans lequel vous laissez les plantes de votre jardin. Si vous trouviez le secret de les arranger et des les classer, mon père reviendrait à de meilleurs s-ntiments pour vous.
RERNARD, elialeureuseinent
Mais ce secret c'est mon ambition, c'est mon rêve et mon désespoir. Depuis longtemps, je cherche et je ne trouve rien !. . . rieu !..,
32 LE JABDIN DE TRIANO^^
LOUISE, tristement Et bien! alors, adieu, Monsieur Bernard!
BERNARD, éperdu
Louise!
LOUISE
Mon père va revenir; il ne faut pas qu'il nous trouve ensemble. Mais ne vous découragez pas! Cherchez encore! clierchez !... (Elle montre le bouquet, qui est
reste sur la tni.ie) et espérez !
(Elle entre dans le pavillon).