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CHAPITRE VII

Développement de la prospérité nationale par les bénéfices réunis de l échange fait à valeur naturelle, et de la Division du travail.

87. L'établissement de l'échange est utile à tous les hommes. Tous ceux qui travaillent pou r échanger retirent, par le moyen de l'échange, beaucoup plus que s'ils occupaient leur propre travail pour se procurer directement par eux-mêmes la provision des choses nécessaires. C'est cette utilité qui introduit l'usage général d'échanger.

Attendu que ces avantages en dérivent par

l'effet de roccupaLion de chaque ouvrier dans le travail qui lui est le plus propre , rintrodurtion de l'échange puise son origine dans l'u' tilité résultant de la raison combinée de la division du travail, et de l'obtention du prix du travail en raison de la valeur naturelle.

Plus la demande des ouvrages s'accroît , plus s'accroît aussi la division du travail. Les progrès de la division augmentent la production du travail : l'augmentation des produits acquise par tous les travailleurs, crée de nouveaux besoins, et rend prospère la population en multipliant le nombre des mariages , par l'heureuse perspective d'un entretien plus abondant et moins onéreux des enfans : ces nouveaux besoins et cette nouvelle population étendent tour-à-tour les demandes des ouvrages, et la division devient conséquemment la cause et l'effet du progrès de la demande du travail.

L'imagination étonnée s'arrête en contemplant le sublime enchaînement des causes et des effets dans lesquels l'état social s'enveloppe dès l'instant que l'aurore de son bien être, le bienfaisant échange apparaît sur l'horison. Un vaste champ s'ouvre à un marché général de choses. Tous les hommes tournent leur sollicitude vers ce grand centre ; tous s'empressent d'améliorer leur aptitude , de recueillir les fruits de l'expé-

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rience , et de présenter dans le travail la plus grande valeur possible. L'émulation s'empare de tous les cœurs. On abandonne le travail qui exige des facultés dont la nature fut avare , et l'on embrasse celui qui sourit au génie. La société se resserre par un lien désormais indissoluble. L'homme devient dépendant de riiomme ; et plus la division du travail s'étend, plus la dépendance réciproque s'étend et s'enchaîne.

Chacun puise son bien être dans le fruit des travaux d'aulrui. Kien, peut être, n'est plus propre à réveiller un sentiment de grande admiration pour le créateur de l'univers, que la marche de la nature dans les effets réunis de la diçision et de l'échange. Tandis que chaque travailleur se fatigue avec un égoïsme tyrannique pour son utilité individuelle, il ne peut arriver à ce but qu'en dirigeant ses fatigues et ses sueurs vers la satisfaction des besoins et des plaisirs d'autrui. Paradoxe sublime!... Chacun est forcé de reconnaître dans renrichissemcnt des autres la source de son propre enrichissement. Ainsi en même temps que l'homme dépité et envieux de la prospérité d'autrui, lutte par des travaux arrosés de sa sueur , pour surpasser les autres en richesses , il désire ardemment l'augmentation du nombre des riches ; et plein d'anxiété, il suit leurs traces

en humble esclave dans le sentier des peines , pour offrir un servile aliment à leurs désirs , à leurs caprices même. Les produits augmentés des travaux des uns deviennent la récompense des produits augmentés des travaux des autres , et , par l'effet de ce contraste paradoxal , à la faveur de l'amélioration du bien être individuel, la richesse de la nation s'élève rapidement au faîte de 1 opulence. . ; ;.

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