‹ La science de l'économie politiqueChapitre 12 sur 62 · CHAPITRE YL · texte numérisé non relu

CHAPITRE YL

Tendance de la valeur du marché à la valeur naturelle.

7 5. Il est donc nécessaire que le travailleur entreprenne l'investigation de la concurrence des au très travailleurs aux ouvrages, et celle de la concurrence des individus qui les demandent.

76. Pour connaître la concurrence des autres ouvriers aux travaux, il faut c tre au fait de l'aptitude (jue les ouvriers possèdent pour ces travaux, et de l'opinion qu'ils ontsur la demande et l'offre future de ces mêmes travaux. Pour connaître

]a concurrence des individus dans la demande de CCS travaux aux marches, il est nécessaire , nonseulement de prévoir et de savoir juger toutes les circonstances influant sur la demande des travaux, mais bien aussi de prévoir et de juger l'aptitude que les demandeurs possèdent pour l'achat des travaux ; puisqu'il se pourrait que quelqu'un refusât l'achat d'un ouvrage par suite d'une erreur dans la connaissance des travaux, en préférât 1 achat chez un autre , et lui fît l'offre d'un prix plus avantageux , lors même que cet ouvrage fait par le vendeur préféré présenterait un travail beaucoup inférieur à 1 autre travail, et serait, en effet, moins propre à ses besoins.

y y. Chacun doit en conséquence terxdro à embrasser le travail le plus propre à présenter un échange avantageux par les effets combinés du coût, de l'aptitude, de la situation économique, et de la concurrence du marché.

78. S'il appartenait à l'homme de prévoir l'offre et la demande des choses, cela ne pourrait arriver que par le moyen des talens et du travail. Ainsi, dans cette partie qui est donnée à l'homme de prévoir la concurrence du marché, il ne peut obtenir une utilité par l'effet des talens et du travail , qu en raison du mérite de la cause qui a produit ces effets, c'est-à-dire,

qu'en raison du mérite du travail , sous les mêmes principes re'gulateurs de la valeur du mérite du travail de tout autre sorte d'ouvrage quelconque. La concurrence géne'rale à l'utile majeur doit réduire tous les travailleurs au niveau de leurs propres forces.

7g. Ainsi, la valeur naturelle de la prévision est la valeur naturelle du coût et de l'aptitude employés à prévoir.

80. Ainsi , tous ceux qui , à égal coût ^ présentent un égal mérite d'aptitude par les rapports combinés du coût, de l'aptitude et de la situation économique, soit pour exécuter, soit pour transporter, soit pour vendre un travail, doivent appartenir à une même classe; et la valeur naturelle de leurs travaux, à coût égal, doit être égale.

81. Ainsi, le mérite naturel comparatif du travail respectif de chaque classe doit dériver du degré de supériorité ou d'infériorité de mérite d'aptitude , à coût égal, envers d'autres classes, qui résulterait par les effets combinés de coût, d'aptitude et de situation économique, et sous les mêmes principes directeurs du mérite naturel du travail, sus-mentionnés.

82. Cela établi, s'il était donné à l'homme de prévoir en entier la concurrence du marché , deux choses qui , dans ce période de la société

auraient exige un égal mérite de travail pour les recueillir et les vendre , s'échangeraient au pair.

83. Les dommages qui résultent des erreurs dans la prévision , et les avantages que 1 on retire d'une prévision heureuse, portent au plus haut degré que Thomme puisse atteindre Tart de deviner la concurrence du marché. Les uns doués d'une perspicacité intellectuelle se fatiguent à découvrir les secrets de la demande et de l'offre; les autres, envers lesquels la nature fut avare de ces talens , s'efforcent de démêler la conduite des hommes distingués dans cet art et de suivre aveuglément leurs traces. Dans cette enfance d'une nation , où l'échange commence à peine à s'établir, l'art de prévoir la concurrence est luimême dans l'enfance par sa propre nature. Mais dans la marche progressive de l'état social les chances du hasard dans la concurrence au marché sont beaucoup atténuées par l'étude et par les moyens que chacun met en usage pour se préserver des événemens dangereux. Si celui qui offre et qui n'est pas pressé par le besoin, s'appcrçoit que le prix qu'on lui propose est audessous de la valeur naturelle du travail, il retire son ouvrage du marché pour en obtenir un prix plus avantageux, lorsqu'il prévoit que les travailleurs discontinueront d'exécuter ces ou-

Yiages appréciés au dessous de la valeur naturelle du travail, et que par cet effet les ouvrages auront une demande avantageuse au marché futur, yice versa : Tache leur , duquel on prétend un prix au dessus de la valeur naturelle du travail, retire sa demande, s'il n'est pas pressé par le besoin, et s'il al'espoir d'acheter plus avantageusement au marché futur. C'est pourquoi, par suile de cet empressement général de retirer l'utile le plus grand possible de la concurrence au marché, et d'éviter le préjudice le plus grand possible , les effets de la concurrence imprévoy able se tempèrent aussi, e t la valeur des choses tend toujours à la valeur naturelle du mérite du travail, comme l'aiguille aimantée tend toujours vers le pôle.

84- Il est cependant trop vrai que l'homme est très souvent exposé à succomber sous les coups du sort, c'est-à-dire des é vénemens imprévus. Mais quelque capricieux que le sort paraisse dans la variété desévénemens partiellement considérés, l'expérience nous démontre clairement que tout part d'un ordre sublime et régulier dans ces mêmes événemens irréguliers. En effet, qu'estce que le sort?... le cours des effets qui partent des causes que Vhomrne ne peut connaître. Il n'y aurait pas de sort, c'est-à-dire, de hasard, si l'on pouvait démêler la nature de toutes les

causes qui règlent l'ordre constant de Tunivers.

Les faveurs et les injures du sort se compensent à -peu -près. Quelquefois les événemens imprcvoyables présentent une offre avantageuse, ou une demande avantageuse; et d'autres fois on se trouve, par ces mêmes évcnemens, frustré dans son offre et dans sa demande. En dernière analyse , la valeur des choses au marché est la valeur naturelle du travail , plus ou moins les chances du sort.

Gomme dans le cours ordinaire des choses ces chances se compensent, il s'ensuitquele prix des travaux de l'homme, considéré cumulativcment par Yadequato des effets des événemens imprévoyables dans le cours ordinaire de sa vie laborieuse , doit tendre à être celui du mérite naturel du travail de sa classe. Aujourd'hui un travailleur retire moins que ce qu'il croit lui cire du pour la valeur du mérite du travail : il s'en plaint; mais qu'il jette unregardsur les ventes antérieurement faites, il verra que ce qui paraît être un prix inférieur, sera peut-être la balance du compte.

85. Dans les progrès de l'agrandissement de l'état, l'homme instruit par l'expérience de ce résultai uniforme que présentent les événemens partiels que l'on ne peut prévoir , dans le cours ordinaire des choses se sert de cette connaissance pour enchaîner le sort à ses calculs. C'est parl'ex-

périence de ce résultat uniforme que l'agricole, comprenant qu'il ne lui est pas donné de prévoir les événemcns de chacune des saisons de l'année , entreprend de prévoir, et prévoit les événemens complexes d'une dix-huitaine d'années. C'estaussi par cette expérience que l'assureur se rend garant des effets des tempe Les de l'Océan, et que le commerçant des rentes viagères calcule les caprices de l'inexorable destin.

86. Ainsi , par les effets combines du sort et du travail de Fliomme , la valeur naturelle du travail tend à être la valeur naturelle du mérite du travail.

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