CHAPITRE III
Régime du travail^ et çaleur naturelle du travail après l introduction du commerce étranger, — des impôts^ des dîmes^ des douanes^ etc. — des primes y — des priçilèges — et des prohibitions d'importation et d'exportation.
230. L'homme n'entreprend pas de travailler aux objets de sa consommation individuelle si, en s'occupant au travail d'objets d'échange, il peut par réchange même retirer les choses de sa consommation avec plus d'utilité par les effets combinés du coût, — de l'aptitude, — de la situation économique, — de l'éducation, — de l'influence du travail sur les emplois, — des impôts et des primes, — et de la valeur naturelle de tous les élémens qui constituent le mérite du travail (§68).
23 1 . Tout individu qui travaille pour l'échan-
ge, tend à s'occuper aux travaux propres à lui procurer, au marché le plus convenable, la comparaison la plus utile( § 12g ).
232. Tous les travailleurs de l'univers se présentent répartis dans une série de classes-
233. Chaque classe est formée de tous les concurrens étrangers et nationaux présentant à coût égal, un égal mérite d'aptitude éduquée ou non éduquée, par suite du niveau naturel produit par les effets ci-dessus énoncés du coût, de l'aptitude , des impôts, etc. (§i4i )•
234Xe mérite naturel d'un travail en échange se mesure par le mérite naturel que peut obtenir dans l'exécutionde ce travail, la classe de travailleurs soit nationaux soit étrangers à laquelle il convient de rentreprendre,pour atteindre le but de la comparaison la plus utile, à la faveur des susdits effetsdu coût, de l'aptitude, etc. (§ 129).
^35. Ce mérite naturel qu'obtient une classe pour un travail convenablement embrassé, consiste à commander en échange de ce travail, les ouvrages des individus de sa propre classe a raison du coût de travail, compensation réciproque préalablement faite des avantages et des charges apportées par les primes et les impôts; et à commander les ouvrages des autres classes de travailleurs, soit nationaux soit étran-
geis à raison du degré de supériorité ou d'infériorité que l'on possède à leur égard. ( § 1 29 ).
236. La classe qui, parmi toutes les classes inférieures, se rapproche le plus d'une classe donnée, est celle qui dans les rapports combinés du coût, de l'aptitude, de l'éducation, de l'utilité à^ emploi j des impôts el des primes, se trouve la moins inférieure dans la comparaison du travail qui, parmi les travaux les plus convenables à procurer à la classe supérieure la meilleure comparaison à l'égard des classes inférieures de travailleurs soit nationaux , soit étrangers , est le moins propre à ce but par les effets du coût, de l'aptitude, de la situation économique, de l'éducation, de l'influence du travail sur les emplois, des impôts et des primes, et de la valeur naturelle de tous les élémens qui constituent le mérite du travail f § 1 28)
237. Si la classe immédiatement inférieure à une classe donnée, est dans une situation où la raison du profit naturel, la raison combinée des impôts et des primes, et la raison de la valeur naturelle de tous les élémens qui constituent le mérite du travail, ne diffèrent pas des raisons qui existent dans la situation de la classe supérieure, le degré d'infériorité se déduira du mérite qui, dans les rapports d'aptitude, d'éducation et d'utilité d'emploi,
considérés à égalité de raison, résulte de la comparaison de l'exécution donnée, moyennant un coût égal, par les deux classes, à cet ouvrage qui pour la classe supérieure est le moins propre à présenter une comparaison avantageuse envers les classes inférieures de travailleurs soit nationaux soit étrangers , d'après les principes établis au § 236.
L'échange des ouvrages exécutés par la classe supérieure contre les ouvrages exécutés par la classe inférieure, se fera d'après le degré de supériorité d'aptitude éduquée , ou non éduquée, ressortant de l'exécution de l'ouvrage cidessus énoncé.
La différence de salaire des ouvriers de la classe supérieure, au salaire des ouvriers de la classe inférieure, se déduira du degré de supériorité qui, dans l'exécution de cet ouvrage, résultera du rapport combiné d'aptitude éduquée ou non éduquée, et d'utilité apportée à l'emploi par le travail(§ 142).
238. Mais si, dans les lieux respectifs de ces deux classes, la raison du profit naturel, la raison combinée des impôts et des primes, et la raison de la valeur naturelle d'un élément quelconque qui constitue le mérite du travail, étaient différentes, l'ouvrage qui détermine le degré de supériorité d'une classe à l'égard
de la classe immédiatement inférieure, s'échangera contre tous les ouvrages de la classe inférieure , à proportion de la valeur naturelle que cet ouvrage même, étant exécuté par la classe inférieure, présente dans l'échange entre les travaux de la classe inférieure soit par la raison que dans le lieu de la classe inférieure a le profit naturel des capitaux, soit par la raison combinée des impôts et des primes, soit par la raison que dans ce lieu a la valeur de tout autre élément qui constitue le mérite naturel du travail. Réciproquement ce travail de la classe inférieure qui détermine son infériorité à l'égard de la classe supérieure, s'échangera contre tous les ouvrages de la classe supérieure à proportion de la valeur naturelle que ce travail, exécuté par la classe supérieure, représente dans l'échange entre les travaux de la classe supérieure, soit par la raison du profit naturel des capitaux dans le lieu de la classe supérieure, soit par les primes et les impôls, soit par la raison que dans ce lieu a la valeur de tout autre élément qui constitue le mérite du travail (§ il^Z ).
La différence du salaire entre les ouvriers de ces deux classes dérive des mêmes principes
aSg. yi' adaqiiato annuel de la valeur de tous
les travaux que les hommes de cette grande classe décrite au § i33, peuvent exécuter sans nuire à la conservation de leur existence , durant le période d'années dans lequel s'accomplit le cours des vicissitudes naturelles de fertilité et de stérilité , tend à se circonscrire dans Vadequato annuel de la valeur que présentent, dans ce période, toutes les choses nécessaires à rentre tien de l'individu , et d'une famille de propagation ordinaire, et au paiement des impôts, déduction faite du rapport que les travaux de cette famille et les primes doivent rendre ( § i34- )
240. Le travail de l'homme qui ne peut avoir de concurrens dans l'exécution de son travail , puise son prix dans le niveau produit par le conflit de la demande et de l'offre des acheteurs.
lEFFETS qui^ en conséquence de ces principes dérivent des primes et des impôts établis et constans.
2.1^1. Lorsque l'impôt dont on charge la grande classe de travaillans désignés au § i33, s'élève au point que s'ils avaient à le supporter, la limite naturelle de la récompense de leur travail descendrait au dessous des bornes énoncées dans le § 104. Cet impôt fera nécessai-
rcment augmenter d'autant la valeur naturelle de leur travail que la limite viendrait à se rcsfreindrc si les travaillans devaient supporter Fimpôt ( A ).
Tout impôt, qui augmentant les frais pour Tenlretien des enfans des travailleurs qui ap partienncnt à cette classe , produit une augmentation dans le prix du travail, doit améliorer la condition du célibataire. Cet état aura par conséquent plus d'atlrails.
242. Piéciproquement si cette grande classe de travailleurs recevait des bénéfices du gouvernement, la valeur naturelle du prix de leur travail diminuerait d'autant que la limite naturelle de la récompense de leur travail s'élèverait au - dessus des termes énoncés dans le § 1 34, lorsqu'ils auraient à jouir des bénéfices (b).
243. Si le travail exécuté par les travailleurs d'un lieu est moins imposé qu'un travail égal exécuté par les travailleurs d'un autre lieu, l'impôt le plus fort altérera l'état d idonéité con\parative entre les deux lieux pour le choix de l'occupation à ce travail.
244- Si les travailleurs d'un lieu sont plus imposés que les ouvriers d un autre lieu, l'impôt le plus fort altérera l'état d'îdonéilé com-
parative d'un lieu à Tégard de raalie pour l'occupation au travail.
245. Si par l'effet de l'impôt national , le travail étranger devenait plus convenable que le national pour un ouvrage, le législateur par cet impôt auraôté ou diminué le travail des habitants de son propre Etat, et transporté à l'étranger le travail enlevé ou diminué.
246. Si par l'effet, soit de la diminution de l'impôt national , soit d'exemption, soit de primes, le travail national devenait plus propre que le travail étranger , le législateur par cette diminution, exemption, ou prime , aura enlevé ou diminué le travail des habitans des pays étrangers , et apporté dans son propre pays, le travail qu'il aura enlevé, en tout ou en partie, à l'étranger.
247. Si l'on met un impôt sur un ouvrage exécuté par tout travailleur quel qu'il soit, cet impôt n'altérera pas lidonéite\ mais il accroîtra la valeur comparative à raison de la valeur naturelle de l'impôt. La prime agira en sens inverse.
248. Si les individus appartenant à la même classe par les effets combinés du coût, — de l'aptitude éduquée ou non éduquée, — de la situation économique, — deFinfluence du travail sur les emplois, — des impôts et des primes, —
cl do la valeur naturelle de tous les élt'mcns qui consLituent le mérite du travail, se trouvaient les uns plus imposés que les autres ; la valeur du travail des plus imposes s'élèvera audessus de la valeur du travail exécuté, à coût égal, par les individus moins imposés de la même classe, en raison de la valeur naturelle de l'impôt le plus fort.
249. ïl y a des philantropcs généreux qui emploient gratuitement la plus grande partie de leursoccupations à l'avantage de l'humanité; il en est d'autres, lesquels, bien qu'ilsreçoivent un juste prix de leur travail, ne l'abandonneraient pas si le prix diminuait. L'cspritse refuse à l'idée qu'un législateur puisse abuser de la vertu. S'il arrivait cependant que par l'effet de l'impôt, la récompense de leurs travaux se réduisît au-dessous de la valeur naturelle du travail, de manière que la diminution de la récompense excédât les bornes de leur généreuse philantropie, il s'ensuivrait que, ou le salaire devrait augmenter à raison de cet excédent, ou ces philantropes recourraient à d'autres travaux.
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CHAPITP.E IV.
BÉGIME de V agriculture, — profit naturel de /'emploi de ï agriculture et de tout autre tm.ploi quelconque, — revenu que /'emploi de l agr'culture donne au-dessus du profit naturel agiicole, — et valeur naturelle des çe'géiaux des ieirains cultivés et des terrains incultes, après V introduction du commerce étranger, des prîmes, des impôts, dîmes, douanes etc, des privilèges, et des prohibitions d importation et d exportation.
250. Chaque cultivateur qui travaille pour réchange, tend à employer les terrains, le travail et les capitaux à la production des denrées qui soient propres à lui procurer au marché le plus convenable la comparaison la plus utile dans les effets conibinés de l'échange de toutes les parties fractionnaires des denrées (§ 195).
25 1. Le profit naturel à retirer par les employans demeurant dans un même lieu, est le profit qui, sous l'établissement des primes et des impôts, résulte de Vemploi le moins propre parmi les emplois convenablement choisis par les employons du lieu, pour obtenir la plus grande utilité dans la concurrence de tous les
ernploynns nationaux et étrangers , d'après les effets des impôts, des primes, et de toutes les circonstances influant sur les emplois nationaux et étrangers (§206).
252, Si ces employans^ par un choix convenable, occupent des capitaux à la culture du sol, le profit naturel des emplois sera égal au profit naturel agricole, c'est-à-dire, à la valeur naturelle du revenu, que , au-dessus de la valeur du travail individuel, et de la perte du revenu antérieur, les capitaux circulans produisent dansla classe qui, parmi toutes les classes des terrains convenablement choisis pour y employer les capitaux, est la moins propre à produire un revenu utile par les effets combinés de l'aptitude productive, — du coût de culture, transport et vente, — du travail des employanst — de la perte du revenu antérieur, — des impôts et des primes^ §209).
253. L'emploi naturel des capitaux que les em,ployans d'un lieu dirigeront vers l'agriculture, ne peut s'étendre à la production de ces denrées, dont la culture, d'après les lois qui, sous l'influence des primes et des impôts établissent lidonéilé de l'entreprise des emplois^ sera prcférablement choisie par ies cmployans d'autres lieux nationaux ou étrangers, pour en fournir toute la quantité demandée. Pareille-
ment les capitaux que les cinployans d un lieu dirigeront vers d'autres entreprises quelconques, ne pourront s'étendre à un genre dVmploi qu\, d'après les mêmes lois, sera préférablement choisi par les cinployans d'autres lieux nationaux ou étrangers (§ 207 ).
254- Tous les terrains de l'univers se présentent répartis en une série de classes.
255. Chaque classe se compose de tous les terrains nationaux et étrangers, qui, par le niveau naturel de comparaison, présentent égale raison de mérite naturel de travail, — égale 7'aison de profit naturel agricole aux capitaux requis pour la culture, le transport, la vente, et les impôts jusqu'à la vente effective , — et égalité dans le revenu excédant la valeur naturelle du travail de V employant^ le dédommagement des capitaux consommés, et le profit naturel des capitaux. Le niveau naturel de comparaison dérivera du conflit de la concurrence de tous les individus, capitaux et terrains étrangers et nationaux par les effets combinés de l'aptitude productive, — du travail et des capitaux cmployahles par les concurrens pour la culture, le transport et la vente, — de la raison du mérite naturel du travail, et de la raison du prohtnaturci en tous lieux nationaux ou étrangers, — des primes et des impôts jusqu'à la vente
i^tTeclivc, — et de la perte du revenu antérieur (§ 186-2).
256. Le mérite naturel d'un produit agricole en échange est le mérite naturel qu'en peut obtenir la classe de terrain à laquelle la culture de ce produit est propre pour parvenir au Lut de la comparaison la plus utile dans la concurrence nationale et étrangère , sous l'influence des susdits effets des primes et impôts, de l'aptitude productive , etc. ( 186 — 3).
257. Le mérite naturel qu'une classe de terrain obtient pour un produit agricole convenablemcntcultivé,consiste à commander enéchangc les produits des terrains de sa propre classe à égalité d'utilité dans le revenu qui , à la faveur des primes , excède la valeur naturelle du travail de Y employant^ et le profit agricole des capitaux requis pour la culture, le transport, la vente et les impôts; et à commander les produits des autres classes de terrains nationaux et étrangers, à raison du degré de supériorité ou d'infériorité qu'elle présente li leur égard ( 186—4).
258. L'infériorité d'une classe de terrains dérive de la culture la moins propre parmi les plus propres à être choisies à l'égard des classes supérieures ; et vice versa la supériorité d'une classe dérive de la culture la moins propre
parmi les plus propres à être choisies à l'ëgard des classes inférieures.
259. La classe qui , parmi toutes les classes inférieures , se rapproche le plus d'une classe de terrain , est celle qui dans les rapports combinés d'aptitude productive, des primes et du coût de culture, transport, vente et impôts, se présente la moins intérieure sous la comparaison du produit qui, parmi les produits les plus convenables à procurer à la classe supérieure la meilleure comparaison à l'égard des classes inférieures de terrains nationaux et étrangers , est la moins propre à ce but par les effets d'aptitude productive , — de primes , — de coût de culture, transport, vente et impôts, — de raison de mérite de travail , — de raison de profit des capitaux — et de perte du revenu antérieur ( lyS ).
260. Si la classe qui , à l'égard d'une classe de terrains , est la moins supérieure parmi toutes les classes supérieures , se trouve dans une telle situation économique qu'il en dérive égale raison de profit naturel, et égale raison de valeur de mérite de travail, le degré de sa supériorité envers la class(; inférieure découlera de la supériorité qui, dans le revenu excédant la valeur naturelle du travail de Xemployant^ le profit agricole et la compensation
«les capitaux consommes ressortiia de la denrée la moins propre parmi les plus propres à être choisies par la même classe sr.pcricurc pour atteindre Tutilité de comparaison à Vcgard des classes inférieures des terrains nationaux et étrangers sous Tinfluence des effets susénoncés des primes, impôts, aptitude productive , etc. ( i86 — 5 ).
L'échange des produits de la classe supérieure contre les produits de la classe inférieure se fera à raison du degré de supériorité.
261. Mais si dans les lieux respectifs de ces deux classes, la raison du profit naturel, et la raison de la valeur naturelle du mérite de travail étaient différentes, la denrée qui, parmi toutes les denrées convenablement cultivées par (a classe supérieure, sera la moins propre à obtenir utilité de comparaison envers toutes les classes inférieures des terrains nationaux et étrangers, s'échangera contre tous les produits de la classe inférieure sous le calcul de cette valeur naturelle du travail de V employant ., — de ce profit naturel des capitaux recpiis pour la culture, le transport, la vente et les impôts jusqu'à la vente effective , — et de ce mérite de revenu excédant la valeur naturelle du travail de V employant ^ la compensation des ca-
pilaux el le profit naturel que la même denrée cultivée dans la classe inférieure en affinité, présente dans rechange contre les denrées de la même classe inférieure , d'après les principes énoncés au § 25y. Et vice i^crsâ celte denrée cultivée par la classe inférieure, commandera toutes les denrées de la classe supérieure à raison de cette valeur naturelle du travail de Vernployant., de ce profit naturel, et de cet excédent de revenu que la même denrée cultivée par la classe supérieure présente dans l'échange contre les denrées de la susdite classe supérieure ( 186—6).
Le régime de l'échange des produits de quelque classe que ce soit , contre les produits de toute classe avec laquelle elle n'ait pas de rapport d'affinité, s'établira sur les mêmes principes par l'enchaînement réciproque d'une classe à l'autre ( 186 — 7).
262. Si une classe est en affinité avec d'autres classes par une culture entremêlée de denrées diverses, de manière qu'elle soit en affinité avec plusieurs classes supérieures ou inférieures , l'échange de chaque denrée s'appuyera sur le degré de comparaison avec les classes en affinité, et par conséquent l'échange sera dirigé par les mêmes principes identiques mentionnés
ci-dcssiis, qui dirigent Fcchangc des denrées, dérivant d'un terrain où Ton ne cultive qu une seule dcnre'c (174). ,
263. La denrée qui ne peut avoir des concurrens à la culture, puise son prix dans le niveau produit par le conflit entre la demande du vendeur et Toffrc de l'acheteur.
EFFETS qui., en conséquence de ces principes, dérivent des primes et des impôts ctnblis et constmits.
264. Un impôt quelconque dont on charge un terrain sans l'appliquer à une qualité spéciale de cultures ou de produits, doit être supporté par le propriétaire du terrain, si les capitaux cndommngeabIes\\iï appartiennent, lorsque cet impôt n'arrive pas au point d'enlever parlie du profitnaturel que l'on pourrait retirer en transportant les capitaux à d'autres terrains ou à d'autres emplois, soit nationaux, soit étrangers. Mais si les capitaux ne lui appartiennent pas, il ne supporte l'impôt que jusqu'à ce qu'il n'al)sorbe tout le revenu excédant le profit naturel des capitaux. Quant au propriétaire des capitaux endommageahles., il n'est sujet à l'impôt que jusqu'à ce que l'impôt arrive au point de lui enlever parlie du profit naturel qu'il rcti-
lerait de ses capitaux transportés à un autre emploi. Le propriétaire des capitaux non endom- . mageahles se dérobe à l'impôt qui enlèverait partie du profit naturel.
265. Si cet impôt arrivait au point d'enlever partie du profit naturel que Ton pourrait retirer du susdit capital mobile , il en naîtrait les effets suivans : — ou il y aura, soit des terrains, soit des emplois nationaux ou étrangers , exigeant des capitaux et donnant le profit naturel, et alors le fonds imposé sera abandonné, et les capitaux qui y étaient employés, on les dirigera vers les travaux et les emplois qui rapportent le profit naturel : — ou bien il man que de terrains ou à' emplois qui requièrent des capitaux, et rapportent le profit naturel courant, et alors le fonds imposé sera également abandonné et les capitaux seront dirigés vers les terrains ouïes emplois soit nationaux soit étrangers, les plus propres au remploi des capitaux, c'està-dire, les plus propres après ceux d'où dérive la limite naturelle du profit agricole actuel. Cela cependant aura lieu seulement dans le cas où ce terrain ou emploi qu'on doit choisir rapporte aux capitaupt transporlables un revenu plus fort que le revenu du fonds imposé, puisque, si ce terrain ou emploi le plus propre après ceux qui constituent la limite
naturelle du profit agricole actuel, donnait un revenu moindre, ou égal au revenu du fonds imposé, alors on continuerait d'employer les anciens capitaux sur ce fonds imposé.
2()6. Il existe une exception. Il y a des terrains que l'on possède, non dans la seule vue d'en tirer un revenu, mais bien encore comme objet de plaisir. On acquiert aussi des terrains dans le seul but de jouir des charmes de leur situation. De même qu'il arrive qu'un terrain qui n est pas assujetti à l'impôt, est acheté, àcause des charmes de sa situation, à un prix bien plus fort qu'il ne s'élèverait si la valeur du terrain était considérée simplement en raison d'un capital qui donne le profit naturel; il arrivera aussi qu'un terrain d'agrément sujet à un impôt qui enlèverait partie ou même la totalité du profit naturel du capital que Ton pourrait transporter du fonds imposé, ne sera pas non plus abandonné, sinon lorsque l'impôt excédant le profit naturel des capitaux transportabless'éleveraità une charge si onéreuse que, ni le possesseur, ni un acquéreur quelconque ne voudrait la supporter pour avoir le droit de jouir de ce terrain d'agrément.
2.^'j. Si \ emploi plus propre à être choisi par le possesseur qui, à cause de l'impôt, doit abandonner la culture de son terrain, et di-
rigcr SCS capitaux vers cVaulrcs emplois, sn 1rou\c dans un Etat élrangcr; le législateur par cet impôt aura causé labandon de la culture du terrain national, fait transporter les capitaux à Tctranger, et favorisé les emplois étrangers.
268. L'impôt auquel est assujettie une denrée jusqu'à la vente effective soit sous le titre d'impôt, de douanes intérieures^ de douanes d'exportation à l'étranger, ou d'importation de l'élrangcr, soit sous tout autre titre quelconque, doit être envisagé comme une augmentation du coût requis pour la culture, le transport et la vente de celte denrée.
26g. La prime dont est favorisée une denrée jusqu'à la vente effective, soit sous le titre d'encouragement, soit sous le titre de prime pour l'exportation à fétranger, ou sous tout autre litre quelconque , doit être envisagée comme une diminution du coût requis pour la culture, le transport et la vente de celle denrée.
270. Si les denrées d'un terrain ont été moins imposées que les denrées égales produites par un autre terrain, l'impôt le phis fort agira comme augmentation nécessaire de coût, et altérera les rapports dans la comparaison de Vidoncitc des terrains à la culture des denrées.
271. Si par l'effet de Timpôt national le terrain étranger devient plus propre que le national à la culture de ces denrées, le législateur par cet impôt aura ôLé, ou diminué la récolte de ces denrées dans les terrains nationaux, et transporté à l'étranger la culture détruite ou diminuée de son propre Etat, (c)
272. Si réciproquement par l'effet, soit de la diminution, soit de l'exemption des impôts, ou par l'effet des primes, le terrain national devient plus propre que l'étranger à la culture de ces denrées, le législateur par cette diminution, exemption, ou prime, aura ôté ou diminué la récolte de ces denrées dans les terrains étrangers, et apporté dans l'Etat la culture supprimée ou diminuée de l'Etat étranger.
273. Si Ton met un impôt sur un produit dérivé de quelque terrain que ce soit, cet impôt agira comme une augmentation nécessaire de coût ; il n'altérera point cependant Vidonélié relative des terrains, mais il accroîtra la valeur comparative en raison de l'augmentation apportée dansle coût requis pour la culture, le transport et la vente de la denrée, d'après les mêmes lois qui déterminent la valeur naturelle d'échange entre les produits qui ont requis un coût différent de culture , transport et vente (d).
Tics versa la prime sur un produit dérivé
de quelque terrain que ce soU, diminuera la valeur naturelle du produit en raison de la diminution apportée dans le coût de culture transport et vente de la denrée favorisée.
274" Envisageant Fimpôt comme une augmentation, et la prime comme une diminution de coût, on infère aisément le système d'échange entre les denrées produites par des terrains qui appartiennent à la même classe par les rapports combinés de l'aptitude productive, — du travail et des capitaux employables pour la culture, le transport et la vente, — de la raison du mérite du travail, et de la raison du profit naturel, — des primes et des impôts, — et de la perle du revenu antérieur. Si l'impôt fait accroître le coût du capital et du travail d'une denrée plus qu'il n'augmente le coût d'une autre denrée produite par les terrains de la même classe, l'échange doit s'établir de manière qu'à l'égard du produit moins imposé la valeur comparative de celui plus imposé soit plus grande à raison de l'augmentation du coût d'après les principes qui déterminent la valeur comparative des denrées, lesquelles exigent un coût différent de culture (§ 162). Si la prime fait diminuer le coût du capital, et du travail d'un produit, plus qu'elle ne diminue le coût d'un autre produit de la même clas-
se, la valeur comparative du produit plus favorise doit diminuer en raison de la diminution du coût, d'après les mêmes principes cidessus énoncés.
275. Les primes et les impôts qu'on étahlit sur les terrains en raison soit du genre, soit de la qualité des denrées produites, soit de la qualité de la culture, doivent être regardés comme diminution et augmentation du coût; ils causent les mêmes effets que s'ils étaient répartis sur les produits.
276. La dîme présente le caractère d'un impôt sur les denrées.