Il s'ensuit de laque l'homme tend toujouis
à lechcrchar les choses les plus utiles, etqu^il ne de'vie de celte tendance que parTeffet de la prépondérance duplaisii imme'diat, ou du mal immédiat, et seulement dans les limites de la force de cette prépondérance , et rien de plus.
26. En calculant le bien et le mal qui doit résulter du travail, l'homme peut tomber dans des erreurs, par l^effet d'une fausse estimation , soit delaqualitéet faculté intrinsèque de la chose, soit de la satisfaction qu'il peut en obtenir, soit de son aptitude au travail, de la faligue et du temps exigés, soit enfin, de la qualité cl quantité de ses besoins. Il peut arriver alors, qu'il préfère par erreur, à l'acquisition des choses plus utiles, l'acquisition non-seulement de choses moins utiles, mais encore de choses nuisibles. Ces erreurs dansTeslimalion doivent être d'autant plus fréquentes et d'autant plus grandes, lorsque cette estimation pénètre et s^étend dans le futur. La perspicacité, les connaissances acquises par l'élude et par l'expérience , ainsi que l'habitude contractée d'assujettir l'irritabilité des sens à l'empire delà raison, aident puissamment à rendre l'homme moins sujet à de pareilles erreurs ; mais l'état d'isolement de l'homme sauvage , et la léthargie dans laquelle sont plongées ses facultés morales, font qu'il ne peut guère profiter de ces moyens pour éviter ces erreurs. 11 est néan-
moins continuellemcnl porU' à s'inslruire par la slimulation vigilante de l'utile, qui doit suffire Je soi-même, pour éloigner Thomme de beaucoup d'erreurs, dans^ la recherche du peu de produits exigés par les besoins bornés d'une existence sauvage.
27. La qualité et la quantité de produits utiles que les hommes acquièrent dans cet état sauvage, dépendent collectivement des dons d'une terre inculte, de l'aptitude que les hommes possèdent pour le travail , et de l'activité avec laquelle ils employent la fatigue et le temps, en occupant leur aptitude au travail.
28. La stérilité et la situation ingrate d'une région , poussent l'homme à employer dans son travail une activité pleine de chaleur, par l'effet des difficultés que lui présente cette pénible situation , pour se procurer les choses qui kii sont nécessaires.
29. Les besoins, et avec eux le désir de les satisfaire, croissent et se multiplient prodigieusement chez l'homme qui a les moyens de réunir des produits abondans ; et cet ardent désir de satisfaire ces besoins, excite vivement l'homme au travail. Or, comme plus un pays est fertile et heureusement situé , plus on y trouve et obtient aisément l'abondance des produits, il s'ensuit que l'homme peut être porté à une activité pleine
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de chaleur pour le travail, non-seulement par l'effet de la stérilité et de l'ingrate situation d'une région, mais aussi par l'effet de la fertilité et de l'heureuse situation d'un pays.