LA MAIN UTILE
Elle est de dimension moyenne, plutôt grande, néanmoins, que petite; doigts noueux, la phalange extérieure carrée^ c'estrà-dire dont les deux côtés se prolongent parallèlement; il ne faut pas tenir compte de la courbe qui termine presque toujours les doigts; le' pouce grande avec une racine développée; la paume moyenne, creuse et assez ferme. (Je ne m'occuperai point des mains utiles à petit pouce, pour la raison que j'ai donnée en tête du chapitre des mains en spatule.)
Si je me suis bien expliqué, le lecteur aura suffisamment compris qu'un type ne se caractérise pas moins par ses répugnances que par ses entrainements, par ses défauts que par ses qualités. Or, la persévérance, la prévoyance, Tesprit Tordre et de convenance, que j'ai dit être des choses presque étrangères aux mains artistiques, mains que le beau et ce qui plaît préoccupent davantage que Y utile et ce qui sert^ abondent au contraire dans les intelligences que représentent les phalangiBs carrées.
Organiser, classer, régulariser, symétriser : telle est la mission, tel est le mandat des mains utiles. Elles ne conçoivent ni le beau ni le vrai, hors des
limites de la théorie et du converhu. Elles ont pour les similitudes et les homogénéités, le goût que les mains coniques ont pour les contrastes. Elles savent en quoi les choses qui diffèrent se ressemblent, et en quoi les choses qui se ressemblent diffèrent, ce qui, dit Montesquieu, constitue Ve^prit (comme nous l'entendons en France, où il procède du jugement^ et non de l'humeur, comme en Angleterre, et non de l'imagination, comme en Italie) où s' échelonnent en traits marqués les degrés de la hiérar-
chie; là, selon elles, séjournent la puissance et la sagesse politiques. Elles confondent volontiers la discipline a,Yec la. civilisation {\)^ c'est-à-dire Tordre obligé avec l'ordre consenti. Elles sentent durement ou, du moins, sévèrement ; rangeant tout au devoir, tendant .à l'unité, assujettissant \q^ pensées à la pensée^ les hommes à Yhomme^ et ne tolérant des mouvements de l'âme, de l'esprit et du cœur, que ceux que la raison (considérée dans un sens assez étroit) accepte et permet.
Une loi entre autres leur est chère, celle de la continuité^ et c'est surtout par là, c'est-à-dire par la tradition, la transmission, que leur expansion a lieu.
Ces intelligences, d'ailleurs vigoureuses, n'ont point d'ailes ; elles peuvent s'étendre et ne sauraient s'élever. Elles chaussent les bottes de sept lieues, mais le char brûlant d'Élie n'est point à leur, usage.
(1) Si on maintient le peuple dans l'ordre par la crainte des supplices, il sera circonspect dans sa conduite, sans rougir de ses mauvaises actions ; mais si on le maintient dans l'ordre par les principes de la vertu et les lois de la politesse sociale, il éprouvera de \a honte d'une action coupable, et il avancera dans le chemin de la vertu.
(Confucms,)
La terre est leur unique domaine. L'homme dam
la vie sociale : leurs regards ne vont .pas plus loin.
Elles ne savent du monde des idées que ce que l'œil nu sait du firmament. Toujours prêtes d'ailleurs à nii^r ce qu'elles ne peuvent ni sentir ni comprendre,
et à donner pour bornes à la nature, celles de leur compréhension.
En France, ce ne fut qu'au XVII* siècle, époque vouée à la méthode et au savoir-vivre érigé en science, que les idées dont les mains utiles sont les instruments à peu près exclusifs, prirent la direc* tion de la société.
L'architecture, sous leur empire, ne dut plus, comme aux XV* et XVI® siècles, tendre à la poésie et aux plaisirs de Timagination, mais à la symétrie et à l'utilité matérielle; corbme un célibataire désillusionné qui prend femme et se range, elle dut rompre avec la fantaisie et s'asseoir, elle aussi, sur la froide dalle de la réalité.
Les monuments de Louis XIV, entièrement dénués d'idéalité, semi-palais, semi-couyents, semicasernes, grands de surface, mais non de caractère, rappellent par leur uniformité, leur aridité, le génie de ce despote inexorable et vain, que. le soin de sa personne et de sa fausse grandeur retint toute sa vie loin des champs de bataille, loin des voies épiques et populaires, et auquel la tolérance et la clémence, ces vertus des grandes âmes et 'des grands
esprits, furent aussi inconnues qu'à Philippe II. a L'esprit de Louis XIV, dit Saint-Simon, était au-dessous du médiocre; il eut toute sa vie plus de faible que de goût pour la gloire. Né modéré, secret, maître de sa langue, son amour pour l'ordre et la règle était extrême ; il se tenait en garde con-
tre le mérite transcendant, contre la supériorité de l'esprit, des talents et des sentiments. Il jugeait les hommes par leur goût et leur aptitude pour les détails, noyé qu'il était lui-même dans les vétilles, et perdant son temps dans l'examen des minuties. Parce qu'il aimait la st/métrie, il se croyait doué de l'instinct du beau. Il réglait tous les matins l'emploi de sa journée, donnait ses ordres avec netteté, et était exact aux heures qu'il indiquait. Quoi qu'il pût arriver, il prenait médecine tous les mois, entendait la messe tous les jours et communiait cinq fois par an. Il avait le goût de la promenade et de la chasse. 11 montait et se tenait à cheval avec grâce, tirait à merveille, dansait bien, jouait admirablement à la paume et au billard. Il savait composer son sourire, son langage et jusques à ses regards. Sa politesse, pleine de nuances, était pourtant toujours la même.
AUX dames, il ôtait son chapeau tout à fait, mais de plus ou moins loin, selon leur rang. Aux gens à demi titrés, il. le tenait en l'air ou à son oreille, quelques instants plus ou moins marqués. Aux seigneurs, mais qui Tétaient moins que ces derniers, il se contentait de mettre la main au chapeau. — Comme pour les dames, il Tôtait pour les princes du sang. — A ses repas, il se soulevait à demi pour chaque dame à tabouret qui arrivait. — Il voulait (car nul homme ne fut moins romanesque que lui) que ses maîtresses et les dames de sa cour eussent faim quand la fantaisie de les voir manger le prenait. — En voyage, il n'aimait pas qu'elles s'aperçussent de la chaleur ou du froid. Elles lui plaisaient par une humeur toujours égale, et il voulait qu'elles fussent toujours gaies, toujours prêtes à marcher, à danser, à le suivre où il lui plaisait d'aller. — Il était constamment vêtu de couleurs plus ou moins sombres, avec une broderie très-légère ; jamais de bagues ni de pierreries qu'à ses boucles de souliers, de jarretières. et de chapeaux; le cordon bleu sous l'habit, excepté les jours de fête de famille, où il le portait pardessus avec des pierreries pour huit à dix millions.))
23d u science de la haim
Si le type carré à grand pouce, qui est le seul auquel puisse appartenir ce caractère, n'eût pas été en extrême majorité en France, sous ce règne, le nom de Louis XIV ne nous fût pas parvenu environné de tant de louanges. Les hommes de cette génération, semblables par l'organisation et le tempérament, le furent aussi non-seulement par le génie, mais encore, à beaucoup d'égards, par les traits du visage ; qu'on les regarde, qu'on les écoute, ils ont tous entre eux un air de famille. Ce sont de grands nez aquilins et des boucbes austères; ce sont des esprits positifs et méthodiques, raisonnables et limités.
Les visages ronds, les nez retroussés, les airs indépendants, les vives allures physiques et morales appartiennent à la race philosophique du XVIII» siècle.
Et les nez dessinés en bec d'aigle, les visages en mufle de lion, les yeux ronds des bêles fauves, les sourcils surbaissés, à l'époqne batailleuse et remuante de l'Empire.
Même en littérature, ce que les mains utiles peuvent comporter d'idéalitc se borne à peu de cliose; elles s'en défient comme de l'audace dans la
pensée, comme de la nouveauté dans la forme.
Leur muse, méticuleuse, bégueule, dont la science surpasse l'innocence, ne s'aventure jamais que sur les routes frayées, aimant mieux procéder par la mémoire que par le sentiment, et donnant plus de fête à son esprit qu'à son imagination. — Aux mots qui peignent les objets dans la spécialité de leur formcy ces mains préfèrent ceux qui les expriment dans la spécialité de leur usage. (Ainsi elles donnent le nom générique de barque à la jonque, à la pirogue, etc. ) D'où, dans leurs écrits, le défaut de couleur /oca/e. — Elles aiment, avant tout^ dans le style, la clarté et la correction dans ce qu'elles appellent la poésie : le rhythme, l'agrément dû aux soins de l'arrangement et de la combinaison : — dans les rapports sociaux : la sûreté, l'exactitude, — dans la vie : la modération.
Circonspectes et prévoyantes, le connu leur plaît, l'inconnu leur est suspect. Nées pour la culture des idées moyennes, elles tiennent moins au vrai qu'au vraisemblable. Elles se recommandent par le bon sens plus que par le génie, par l'esprit et le talent plus que par les autres facultés de l'imagi-
nation. A leurs yeux, très -compétents en ce point, l'homme le plus sociable n'est pas celui qui goûte le mieux les qualités des autres hommes, mais celui qui s'affecte le moins do leurs défauts. Elles ne se proposeut pas le beau, qui est un besoin de l'âme, mais le bien, qui est un besoin de l'esprit.
Cette sorte de despotisme tracassier, qui a sa source dans l'amour de l'ordre et de la règle ; l'hypocrisie et la méticulosité, qui naissent d'un amour exagéré pour la réserve et l'esprit de conduite ; cette sorte de pédantisme qui résulte du respect personnel ; la froideur, qui ressemble à la modération; la flatterie et l'adulation, vices particuliers aux esprits doués de l'instinct hiérarchique, la roideur dans l'ajustement et le maintien, la dureté dans la ponctualité, l'abjecte soumission dans l'ambition, sont les défauts les plus saillants des personnes appartenant au type utile.
Elles n'acceptent que l'homme appris, cultivé, discipliné, martelé, i(ti//^jur lepatron. Où l'homme 'ippri.s ae montre dans sa grandeur et dans son (iclat, là elles vont chercher leurs exemples et leurs
modèles. — Quand la Dation, comme mie généreuse parvenue, voulut enfin parler un langage digne de sa fortune et à la hauteur de sa gloire, ce ne fut pas aux source^ cachées dans les épopées chevaleresques du moyen âge, que les mains à phalanges carrées du XVII^ siècle en appelèrent. Elles tournèrent leurs yeux vers Athènes et vers Rome, vers les noms consacrés d'Euripide et de Virgile, de Démosthène et de Cicéron. — Dès lors, le pouvoir appuyé sur le génie des universités^ eut une littérature à part, comme il avait une architecture à part, Tune et Tautre d'imitation et de reflet, Tune et l'autre se décorant de l'épithète de classique* —Mais les campagnes, naturels séjours de la Liberté et de la Vérité élémentaires^ s'en tinrent à la naïve poésie du sol, et dédaignant les dieux étrangers, demeurèrent gauloises, chrétiennes et romantiques. Chaque pays, dit quelque part Philippe de Commines, en parlant du long séjour des Anglais en France et des Allemands en Bourgogne, finit toujours, quoiqu'on fasse, par demeurer aux paysans^ c'est-à-dire aux nationaux. Il en est de même de l'arène littéraire.
Plutôt bourgeois que citoyens, les hommes à phalanges carrées s'accommodent mieux des privilèges que de la liberté. L'autorité est au fond de tous leurs instincts, celle du rang, celle du sang, celle de la loi, celle de l'usage; ils veulent sentir et faire sentir le frein. Tout ce qui gtne Chomme le fortifie^ disent-elles, par la bouche de Joseph de Maistre, il ne peut obéir sans se perfection-ner^ et par cela seul guHl se surmonte^ il est meil* leur.
Voyez quelle déplorable influence exercent sous Louis XIV, les troubles de la Fronde sur les mains utiles! Dans la crainte de les voir se renouveler, elles se hâtent, dans leur fanatisme pour l'ordre^ d'investir la royauté de tous les pouvoirs; elles l'enivrent de faste et, de volupté ; elles se perdent dans les obscures nécessités du servilisme ; elles placent le trône au niveau de l'autel et se proclament avec orgueil les apôtres du fétichisme monarchique. — Du Dieu commode et doux de Montaigne et de Rabelais, elles passent au Dieu de Pascal et de Bossuet : Dieu de fer, à la voix intolérante et dure. Elles manquent du don de persua-
sion, et les prédicateurs qu'elles produisent, goûtés à la cour pour leur magnifique langage, ne convertissent, dans les Cévennes, qu*à Taide des arquebuses et des hallebardes. Nulle impartialité, nulle libéralité, nul sentiment des temps anciens dans les historiens. Rien de lyrique dans les poètes; BOUS le savant tissu de leur style, sous la parcimonieuse moisson d'images et de fleurs latines qui le décorent, on entrevoit des âmes qui tremblent sous lés regards vigilants du pédantisme littéraire, religieux, pohtique, et auxquelles, en vertu de Torganisation qui les gouverne, doivent demeurer étrangers les sublimes entraînements de Tenthousiasme
et de la liberté.
Ainsi, d'un côté, Tart plastique n'est plus, car Tart plastique n'est rien où l'assentiment des masses est compté pour rien ; et de l'autre, la vraie poésie n'est pas encore , car l'ange Géant, l'ange au front couronné d'étoiles et qui siège à la droite de Dieu, l'ange des chants lyriques, des pensées sublimes , des grandes images , l'ange que Racine eût peut-être évoqué si son siècle le lui eût permis, n*a pas encore agité sur la France, que préoccupent les
soins de son organisation et les scrupules dévots de son roi, ses grandes ailes de feu. Les mains artistiques s'en sont allées , et les mains psychiques ne sont pas venues. C'est le temps des lettrés et des beaux-esprits ) des nuances et des subtilités littéraires , des grands talents sans doute , mais non pas des lumières. Coustou, Coysevox et Puget, ce dernier surtout, donnent bien encore la vie au marbre, mais ils ne lui donnent plus le beau. Trop grands poëtespour n'être pas incompris, Le Poussin 8^ exile en Italie y Lesueur s'enferme dans un cloître, et Claude Lorrain dans la nature (Lamennais). Nul homme officiel de ce temps n*a un sentiment vrai des beautés de la nature champêtre ; dans le tracé des jardins, la géométrie se substitue au dessin, et la symétrie à la grâce. Au théâtre, l'excès de réserve , de convenance et d'art , nuit au spectacle et le refroidit. Gomme la nation, la muse tragique, durement entravée, s'interdit le mouvement, et semble comprendre que sous le faix écrasant de ses innombrables théories, elle agirait sans grâce. Toutefois la comédie, la fable, le roman de mœurs, compositions appartenant au genre moyen, et laissées plus
libres, probablement pour cette raison, atteignent à cette époque aux dernières limites de la perfection. — La France qui, avec le génie des mains artistiques a abdiqué la haine du convenu et de la régularité, Tentrain fanfaron, les airs évaporés, la verve pétulante , si chers aux contemporains du sire de Brantôme, ne procède plus qil'avec poids et mesure. Elle a discipliné jusqu'à la galanterie et théoriquement levé le cours des fleuves dé Tendre, Elle a pris un air grave, magistral, et s'est alFublée d'une volumineuse perruque : ne la dérangez pas, elle est en affaire ! — A la science, dont Tautorité redoute les hardies et logiques déductions, à Thistoire, dont les recherches lui donnent de Tombrage, au courage guerrier, dont Taveugle ardeur et Taventureux élan l'ont trop de fois compromise , le génie des mains utiles impose pour borne infranchissable, pourpoint de départ obligé et pour frein : la foi officielle^ la tradition^ la tactique. Malheur du reste aux esprits récalcitrants et novateurs que leur instinct entraine vers les splendides horizons du monde des idées î Ces terribles mains comptent au nombre de leurs arguments la spoliation, Texil, les fers et le bourreau.
Ainsi Baville, qui ne voyait qu'un inconvénient dans les tortures et les supplices publiquement infligés aux protestants, à Montpellier : la compassion qu'ils inspiraient à la foule. — Ainsi Dominique, à qui le fanatisme suggéra l'idée de Tanéantissement de tout un peuple. — Ainsi le duc d'Albe , qui se glorifiait d'avoir fait mourir 18,800 hommes par la main du bourreau. — Ainsi Robespierre, si compassé, que pétrifièrent la logique, la légalité et la probité, — Ainsi Louis XIV, dont l'esprit noué ne put jamais s'élever jusqvCaxi doute.
Non men che saper dubitar mi agrada (Dante).
Un très-beau portrait du cardinal de Richelieu, par Philippe de Champagne, appartenant au Musée de Caen, représente ce prélat avec des doigts pointus. C'est là une flatterie gratuite s'il en fut (si pourtant flatterie il y a, car la main se montrant
de profil, les doigts ne peuvent guère apparaître autrement que pointus). Le cardinal de Richelieu, qui recommande dans son testament d'éloigner des affaires publiques tous les gens d'une probité trop délicate, eut, comme chacun sait, le sens social et
politique aussi étendu qu'il eut le sens moral borné. Plus coulant sur les intérêts du ciel que sur ceux de la terre, il n'arma contre les protestants que pour les dépouiller de leur force matérielle. Quoiqu'il eût la manie des vers, c'est-à-dire du rythme et du nombre dans la parole, il n'avait à aucun degré le sentiment de la poésie. Ce fut un ennemi très-réfléchi et très-hardi des instincts indépendants et hardis, un niveleur aux yeux duquel deux choses
seules furent saintes : l'unité et l'autorité.
Certainement, ainsi qu'Aristote, ce parangon du type carré; ainsi que Boileau, ce prototype des poètes selon la règle, ainsi que Turenne et Vauban, ces généraux selon la science, Richelieu eut des phalanges carrées et non des phalanges pointues.
Versailles, où tout se range à la ligne droite et s'efface dans une tyrannique et fatigante symétrie — où les maisons, comme des douairières hautaines , s'étalent, raides et froides , uniformément fardées de grands pans de briques rouges en guise de porphyre ; — Versailles, où il semble qu'on ne devait se promener- qu'en habit de cérémonie et
d'un pas de procession, — où, pour analyser les sentiments que fait éclore la fastueuse indigence de son architecture bâtarde, Tesprit en appelle plutôt à Tarithraétique qu'à la poésie! — Versailles, disje, ses jardins, son palais , seront toujours pour les mains utiles à grand pouce, la plus parfaite expression du beau monumental comme il leur est donné de le comprendre.
Le publicain pur sang, le bureaucrate estampillé au vrai type du genre, a nécessairement des phalanges carrées. Satellite de l'arithmétique, il grayite dans sa sphère aride, et tire d'elle sa pâle splendeur. Sa plume revêche et rechignée n'obtempère qu'à la loi, car il porte le fisc dans son cœur, et n'a pas plus d'entrailles que le lise. Vivant en dehors de la pensée, en dehors des événements, loin du choc des opinions, des intérêts, des épées, il concentre sur lui tout ce que son cœur a de sensibilité, tout ce que son esprit peut former de combinaisons. Il est ainsi fait, qu'il ne saurait se passionner pour rien ; la foule ondoie et bourdonne dans la rue : c'est le roi qui passe ! aussitôt il suspend à ses lèvres un sourire d'allégreçse (?W/^^(?,'qu'il éteindra coname
un lampion, dès que le roi aura passé. A ses yeux, le meilleur des gouvernements est celui sous lequel il émarge. Il sait d'avance à quel dge il se mariera et combien d'enfants il aura. Placé en dehors de toute chance de gloire, attendu que Yinnovation lui est interdite, il la ravale partout où la salue l'enthousiasme populaire. Il porte aux professions gui ne relèvent, pas de Vécritoire le mépris que les paysans ont pour les métiers où Ton ne sue pas. A son avis, l'homme n'est supérieur aux autres créatures que depuis l'invention du papier, et il regarde comme contestable la renommée des prétendus grands hommes'qui n'ont jamais su lire ni écrire. — Plus que le poëte, plus que l'artiste et le savant, ces patriciens de droit divin, il tient à la hiérarchie et aux classifications sociales ; il attend de Yassijnila" tion une aristocratie factice , un rang, une importance que ne saurait lui donner la nature éminemment roturière de ses travaux.
En France, le scribe brodé, chargé de renouveler la chaussure du soldat et de compter les survivants après la bataille, a droit aux mêmes décorations, distinctions , prestations, que le général qui nous a
\ conduits à la victoire. — Tant vaut le sang, tant vaut Fencre.
Nous avons des jaugeurs qui ont rang de colonel, . des coUationneurs à la boutonnière enrubanée, ' étoilée, constellée!]
Il est, en Chine , un signe honorifique à l'usage des lettrés et de Télite des employés de TÉtat, que la France devrait adopter pour sa bureaucratie de haut'bord : une plume de paon I
Il sera haut de taille, le soldat, selon le cœur des mains en spatule. Il aura les épaules larges, le teint coloré , rhumeur égale , joyeuse, Tair ouvert, martial et délibéré. -En campagne, les poules iront (telles-mêmes se fourrer dans sa gibecière. Comme les grognards de TEmpire, il ne croira ni à la poule aux œufs d'or ni aux buissons qui chantent, mais bien au sabre et au cognac. — Qu'il soit fort et vaillaijt, elles lui pardonneront l'intempérance.
Les grandes mains à phalanges carrées le veulent exact et rangé, toujours brossé, boutonné, strictement agrafé. Les joies d'une licence passagère, elles ne les lui permettront pas ; il n'aura soif, il n'aura faim qu'aux heures réglementaires et prescrites.
Sans doute il sera brave et robuste, mais 'avant tout, il sera obéissant et soumis ; il aura le jugement droit, mais il n'aura l'esprit ni brillant ni raffiné.
Selon ces deux types (à l'état moral où ils sont encore en France), on ne doit voir dans une armée qu'un instrument, dont la perfection consiste à être fort et souple, c'est-à-dire composé de soldats plus vigoureux qu'intelligents, et d'of&ciers inférieurs plus dociles que capables.
La haute capacité dans les subalternes leur semble plus dangereuse qu'avantageuse. Ils prétendent qu'elle les mène infailliblement au mépris des choses de détail, à la présomption, à l'indiscipline ; et à ce sujet, ils citent Salluste, qui a écrit qu'un soldat qui se connaît en tableaux a nécessairement l'esprit factieux. (Grand^hommage à l'indépendance des natures artistes.)
Aux gardes du corps, vers la fin du règne de Char^ les X^ les gardes à la main élémentaire vivaient entre eux, calmes, la tête vide, l'air vulgaire et inoffensif. Corpulents et inertes, ils se tenaient à cheval avec aplomb, mais sans grâce. — D'autres
se faisaient une parure de Tuniforme, pour eux il n'était qu'un vêtement. Ils se levaient au point du jour et se couchaient de bonne heure. Ils avaient un pot de fleur sur leur fenêtre. Ils faisaient deux à deux, et en silence, de longues promenades, d'où ils rapportaient un bouquet de violettes ou une belle branche d'épine fleurie. Dès qu'ils étaient rentrés, ils passaient tin peigne mouillé dans leurs cheveux et se mettaient à battre leurs hardes. Une cage d'osier, ombragée d'une poignée de mouron, leur portrait peint à l'huile par un vitrier, un filet pour la chasse aux cailles, et un perroquet de plâtre peint en vert, complétaient avec le lit sans rideaux, la table de sapin, la commode de noyer et les
trois chaises du gouvernement, leur modeste mobilier.
Ils épousaient des femmes à leur image, c'est-àdire grandes sur de grands pieds, homasses, d'humeur paisible, buvant de tout, sachant camme eux marcher au pas, et.partageant leur admiration pour la grande marmite des Invalides.
Les gardes à la main utile suivaient les cours gratuits ouverts dans les fanges du pays latin. Ils
fréquentaient les laboratoires, les amphithéâtres, les bibliothèques, et humaient de tous côtés la science avec avidité; les herbiers, les collections d'insectes, etc. , étaient de leur compétence. — On leur demandait rheure, comme à des cadrans ; le quantième, comme à des calendriers; le jour de la semaine, comme à des almanachs ; cela les flattait. Ils se piquaient d'une tenue de tous points conforme aux prescriptions de l'ordonnance. Ils savaient des mots de langues mortes, que, dans les grandes occasions, ils soufO-aient gravement au nez des gens comme des dragées à sarbacannes.
La fougue, le bruit, la vie extérieure étaient ail contraire le partage des jeunes gardes aux doigts spatules lisses ; gens de bouteilles» écuyers élégants et hardis, ils brillaient en outre par les grâces du corps et de la tournure. Ils s'habillaient à merveille^ et seuls, entre tous, portaient bien la cravache. On les rencontrait partout. Vers eux accoudaient comme les guêpes aux fruits mûrs, et les oisifs d'estaminet, éternels prôneurs de l'absinthe et du vin blanc ; et les Anglais blasés sur l'aie et les femmes roUsses ; et les baronnes du Saint-Empire aux exigences
énormes, et les phrynées aux yeux armés en course^ et les demoiselles sans dot, à la recherche d'un fiancé, portant savamment leur cœur en écharpe, et les fringantes choristes aux rotules effrontées, etc., etc. — Dans leurs chambres, un peu moins dénuées que celles dont je viens de parler, on apercevait ime guitare, des fleurets, des pipes de toutes les formes, de bonnes armes de chasse et de combat, un volume de Pigault-Lebrun, des portraits de fenune en silhouette entourés d'un cercle de papier doré.
Toutes les fois qu'un peuple marche dans une direction déterminée^ toutes les influences s'accordent à l'y pousser, celles même au détriment de qui s'accomplit le mouvement.
C'est ce qu'où vit sous Louis XIV, où les génies de tous les genres durent tendre et pousser vers Vordre matériel avant tout, pour mériter les faveurs du type dirigeant, qui se servit d'eux, contre eux, de même que les navigateurs se servent du vent pour marcher contre le vent.
On est frappé de deux choses en lisant les Lettres édifiantes; d'abord de la force de volonté, de l'esprit
d'abnégation et de patience, du courage et du savoir des missionnaires qui les ont écrites ; puis de la foi puérile qu'ils manifestent dans Tefficacité des moindres cérémonies du culte catholique. Ils semblent convaincus que, qui ne croit pas à leur Église^ nonseulement n'est pas chrétien, mais né croit pas même en Dieu. Une exclusivité si étroite, si impie même et le dédain qu'ils ont toujours témoigné pour la raison humaine dénuée des lumières de la révélation^ ont rendu vains tous leurs efforts chez les infidèles, où ils ont poussé plus d'individus dans les voies ardentes du fanatisme et du martyre, que dans celles de la civilisation. — A les entendre, c'est l'Église et non Dieu qui dispose des âmes. L'un d'eux dérobe un nourrisson à sa mère, et le baptise en cachette; la cérémonie achevée, l'enfant meurt; le missionnaire pleure de tendresse et de j oie c^'avotr sauvé une âme de V enfer! comme si Dieu, sans cette formalité, eût été tenu de méconnaître l'innocence de cette créature.
C'est pendant le XVII^ siècle que la plupart des Lettres édifiantes ont été écrites ; elles reilètent admirablenïent le génie intolérant et sec, hiérarchi-
que, dicipliné, opiniâtre des mains utiles. Seulement, ces missionnaires furent quasi tous doués d'un cœur simple et charitable ; leur modestie de bon aloi ne fut pas du genre de celle qu'on a définie Vorgueil des humbles; ni leur bienveillance poiu* les petits et les faibles, du genre de celle qu'on a définie : la haine des grands et des forts. Ces qualités ont atténué les défauts de leur type; mais s'ils eussent eu le cœur aussi exclusif que l'esprit, leurs succès, déjà si minces, eussent été bien plus minces encore.
Il y a cette différence entre l'amour pour V autorité comme l'entendent les mains en spatule, et ce même amour comme l'entendent les mains utiles (les unes et les autres libres des suggestions de l'éducation), que les premières s'attachent à la personne du despote, et les autres à l'institution du despotisme. Il suffit à celles-là que le despote soit fort, et à cellesci qu'il soit légitime.
Les mains artistiques ne tiennent à l'ordre m^aié^ fiel qu'en tant qu'il aide et contribue à la beauté,
Les mains utiles l'aiment pour Ini-mêine, admettant tout ce qui résulte de son intervention^ L' ordres
LA SCIENCE DE LA MAIiN 255
comme les Anglais et les Américains l'entendent, froisse notre goût artistique et nous est antipathique. L'ordre extrême réduit tous les principes à Tétat de méthodes, ce qui les matérialise presque, et les frappe jusqu'à un certain point de stérilité. Et c'est ainsi, comme dit madame de Staël, que l'analyse tue l'esprit, que la chimie tue la vie, que le raisonnement tue le sentiment.
CONTINUATION DU MÊME SUJET
Les mains chinoises.
Les doigts à phalanges carrées doivent être en immense majorité en Chine.
Voici pourquoi :
Les masses y défèrent avec amour aux exigences de la hiérarchie et à l'autorité souveraine d'un seul.
On n'y pèse pas les raisonnements à la logique, mais à Vubage.
On y fait plus de cas du bon sens que du génie,
de Tordinaire que de Textraordinaire, du réel que de ridéal, du milieu que des extrémités.
Ou y préfère la philosophie sociale et pratique à la philosophie spéculative; l'histoire et les autres sciences morales et politiques à la métaphysique et aux sciences abstraites.
L'homme qui gouverne bien sa famille, s'il a été fils respectueux et soumis, s'il a eu pour ses aînés les déférences prescrites, y est jugé digne et capable de gouverner une province, un royaume, l'empire!
On y place la politesse, le savoir-vivre, le sentiment des convenances et l'exacte observance des riles^ en tête des vertus sociales. Or, les rites, en Chine, régissent les différentes manières dont chacun, selon son âge, son rang, sa profession, doit marcher, s'asseoir, entrer, sortir, écouter, regarder, saluer, se vêtir, se mouvoir, etc,
Il en a été de même en France au XVIP siècle, époque où l'obéissance passive constituait le premier mérite du fils et du sujet, et où la connaissance du blason, de l'étiquette, du cérémonial, des formules et des manières du monde suffisait pour mériter Tépithète de gentilhomme accompli.
Ik SCIENCE DE L\ MAIN 259
On savaitmalTorthographeàla courde Louis XIV, mais on y savait saluer avec plus de grâce qu'en aucun lieu du monde.
Le portrait moral de Gonfucius, tel que nous Font transmis ses disciples, offre le parfait modèle de rhomme supérieur, comme le comprennent les Chinois.
En voici quelques traits .
Khoung-Tseu, lorsqu'il résidait encore dans son village,; était extrêmement sincère et droit; mais il avait tant de modestie, qu'il paraissait dépourvu de la faculté de parler.
Lorsqu'il se trouva dans le temple des ancêtres et à la cour de son souverain, il parla clairement et distinctement; eî tout ce qu'il dit portait l'empreinte de la réflexion et de la maturité.
A la cour, il parla aux officiers inférieurs avec fermeté et droiture, aux officiers supérieurs avec une franchise polie. Lorsque le pripce était présent, il conservait une attitude respectueuse et digne.
Lorsque le prince le mandait à sa cour et le chargeait de recevoir les hôtes (les grands vassaux),
260 LA SCIENCE DE L\ MaIN
son attitiidiî changeait soudain, sa démarche était grave et mosiirée, comme s'il avait eu des entraves aux pieds.
S*il venait à saluer les personnes qui se trouvaient auprès de lui, soit à droite, soit à gauche, sa rohe, devant et derrière, tombait toujours droite et bien disposée.
Son pas était accéléré en introduisant les hôtes, et il tenait les bras étendus comme les ailes d'un oiseau.
Lorsqu'il entrait sous la porte du palais, il inclinait le corps comme si la porte n'avait pas été assez grande pour le laisser passer.
Il ne s'arrêtait point en passant sous la porte, et dans sa marche, il ne foulait point le seuil de ses pieds.
En passant devant le trône, sa contenance changeait tout à coup; sa démarche était grave et mesurée, comme s'il avait eu des entraves, ses paroles semblaient aussi embarrassées que ses pieds.
Prenant sa robe avec ses deux mains, il montait ainsi dans la salle du palais, le corps incliné, et retenant son haleine, comme s'il n'eût osé respirer.
En sortant,' après avoir fait un pas, il se relâchait un peu de sa contenance grave et respectueuse, et prenait un air riant; et, quand il atteignait le. bas de Tescalier, laissant retomber sa robe, il étendait de nouveau les bras comme les ailes d'un oi« seau.
En recevant la marque distinctive de sa dignité (comme envoyé de son prince), il inclina profondément le corps, comme s'il n'avait pu la supporter; ensuite il Téleva en haut avec les deux mains, comme s'il avait voulu la présenter à quelqu'un, et la baissa jusqu'à terre comme pour la remettre à un autre : présentant dans sa contenance et son attitude l'apparence de la crainte, et dans sa démarche, tantôt lente, tantôt rapide, tous les différents mouvements de son âme.
Son vêtement de nuit ou de repos, était toujours une fois et demi aussi long que son corps.
Il portait dans sa maison des vêtements épais, faits de poils de renards.
Le premier de chaque lune, il mettait ses habits de cour et se rendait au palais pour présenter ses devoirs au prince.
La viande qui n'était pas coupée en droite ligne, il n'en mangeait pas; si un mets n'avait pas la sauce qui lui convenait, il n*en mangeait pas ; si la couleur en était altérée, si Todeur en était mauvaise, s'il n'était pas des produits de la saison, il n'en mangeait pas.
Il n'y avait que sur la boisson qu'il n'était pas réglé ; mais il n'en prenait jamais une quantité qui pût porter le trouble dans son esprit.
Il ne s'abstenait pas de gingembre dans ses aliments et ne mangeait jamais beaucoup.
En mangeant, il n'entretenait point de conversation. Si la natte sur laquelle il devait s'asseoir n'était pas étendue régulièrement, il ne s'asseyait pas dessus.
Quand les habitants de son village l'invitaient à un festin, il ne sortait de table que lorsque les vieillards, qui portaient des bâtons, étaient eux-mêmes sortis.
Son écurie ayant été incendiée, il dit à son retour : Le feu a-t-il atteint quelque personne? Je ne m'inquiète pas des chevaux.
S'il était malade et que le prince allât le voir, il
se faisait mettre la tête à Torient, se revêtait de ses habits de cour et se ceignait de sa plus belle ceinture.
Lorsque le prince le mandait près de lui, sans attendre son attelage qui le suivait, il s'y rendait à pied.
Si quelqu'un de ses amis venait à mourir n'ayant personne pour lui rendre les devoirs funèbres, il disait : Le soin de ses funérailles m'appartient.
Quand il se livrait au sommeil, il ne prenait pas la position d^m homme mort; et lorsqu'il était dans sa maison, il se dépouillait de sa gravité habituelle.
Si quelqu'un lui faisait une visite pendant qu'il portait des habits de deuil, quand même c'eût été une personne de sa connaissance particulière, il ne manquait jamais de changer de contenance et de prendre un air convenable. S'il rencontrait quelqu'un en bonnet de cérémonie ou qui fût aveugle , quoique lui-même ne portât que ses vêtements ordinaires, il ne manquait jamais de lui marquer dé là déférence et du respect.'
Quand il rencontrait une personne portant des vêtements de deuil, il la saluait en descendant de
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son attelage; il agissait de mûme quand il rencontrait les personnes qui portaient les tablettes sur lesqueUes étaient inscrits les noms des ritoyens.
Quand le tonnerre se faisait entendre tout à coup ou que se levaient des vents violents, il ne manquait jamais de changer de contenance et de prendre un air de crainte respectueuse envers le ciel.
Quand il montait sur son char, il se tenait debout ayant les rênes en mains. 11 ne regardait point en arrière, ni ne parlait sans un motif grave. Il ne montrait rien du bout du doigt.
[Traduction de G . Pautier.)
Voici quelques-unes des maximes de Confucius. Elles prouvent que le génie, la haute raison et la sagesse appartiennent à toutes les races et sont de tous les pays :
Aimer les hommes, c'est là la vertu. Connaître les hommes, c'est làla science.
Mépriser les hommes, c'est ruiner la vertu.
Ceux qui savent faire des discours étudiés ne sont pas propres à terminei' les procès crim'-neh; il ne faut que des gens doux, sincères et droits, qni gardojit l.ijujuurs le juste milieu.
Si un État n'est pas gouverné par les principes de la raison, les richesses et les honneurs sont alors des sujets de honte.
Si un État est gouverné par les principes de la raison, la pauvreté et la misère sont un sujet de honte.
Khomme supérieur vit en paix avec tous les hommes, sans toutefois agir absolument de même.
L'homme vulgaire agit absolument de même, sans toutefois s'accorder avec eux. Le premier est facilement servi et difficilement satisfait; Tautre, au contraire, est facilement satisfait et difficilement servi.
C'est par la seule vertu qu'on peut émouvoir le ciel. Ne priez point sans sujet ; ne priez point quand vous n'en éprouvez pas le besoin.
Ce que le ciel voit et entend n'est que ce que le peuple voit et entend. Ce que le peuple juge digne de récompense et de punition, est ce que le ciel veut punir et récompenser. Il y a une communication intime entre le ciel et le peuple. Que ceux qui gouvernent les peuples soient donc attentifs et réservés.
Si, le matin, vous avez entendu la voix de la raison céleste, le soir vous pourrez mourir.
Étudiez- VOUS, perfectionnez- vous, soyez simple de cœur et aimez votre prochain comme vous-même.
Si Ton ne connaît pas la valeur des paroles des hommes, on ne les connaît pas eux-mêmes.