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La science de la main, ou L'art de reconnaitre les tendances de l'intelligence d'apres les formes de la main par le capitaine S. D'Arpentigny

Connais-toi loi-même. Belle et sage maxime à laquelle il est plus aisé à la généralité des hommes d’applaudir que de se conformer.

En Ionie, où la terre fournit presque d’ellemême ce qui est nécessaire aux hommes, et où, vu la chaleur du climat, une grande partie des besoins inhérents à nos latitudes, sont ignorés, on a pu la graver sur les frontons des temples comme un pm eple que chacun, dans l’intérêt le mieux entendu de son bonheur, était tenu de mettre en

pratique ; mais, dans nos rudes contrées où nous n’obtenons rien du sol qu’à la sueur de notre front, où les forces de notre corps et de notre esprit s’épuisent dans une lutte sans fin contre les éternelles agressions du froid et de l’humidité, le temps nous manque pour nous livrer à celte belle étude de nous-mêmes, depuis si longtemps recommandée.

Aussi, est-ce dans notre brumeux Occident, et depuis que la population, en s’y multipliant outre mesure, nous a rendu le travail manuel de plus en plus obligatoire et pénible, que sont nées ces théories destinées à nous révéler, par le facile examen de quelques signes physiques, le secret de nos penchants et de nos facultés.

Qui n’a lu Gall, et ses adeptes enthousiastes, les phrénologistes? mais leur étude est épineuse et leurs conclusions souvent contradictoires — qui n’a lu Lavater et les autres physiognomonistes? mais leurs indications sont vagues, dans leur aj>parente précision, et leurs décisions souvent trompeuses. Cependant, une théorie aidant à l’autre, la physiologie a fait un pas. — Ainsi la lumière s’accroît dans la crypte, à mesure qu’une lampe de

plus est allumée sous ses voûtes. - Encore une dé-

couverte, et peut-être cette science atteindra-t-plle un degré suffisant, sinon complet, de certitude. Or, les signes indicateurs de nos entraînements et de nos instincts que Gall a vus dans les protubérances du crâne, et Lavater dans les traits de la physionomie, je crois les avoir trouvés — non pas tous, mais ceux qui ont traità Y intelligence — dans les formes de la main.

Et en effet, après la parole que Charron appelle la main de l’esprit, la main n’est-elle pas, surtout dans la sphère des choses, le principal instrument de notre intelligence? elle a donc beaucoup à nous révéler sur les répugnances et les aptitudes intellectuelles de chaque individu.

Car, de môme que les animaux ont une organisation conforme à leur instinct, de môme que le castor, que la fourmi, qui ayant reçu l’instinct, l’un de bà l i r et l’au t re de charpen ter , on t en mém e tem ps reçu l’instrument sans lequel ils ne pourraient ni bâtir ni cbarpenter : de même que parmi les animaux d’une même famille dont les instincts sont identiques, l'organisation est également identique ;

tandis que parmi les animaux d’une même espèce comme les chiens, les araignées, par exemple, dont les instincts sont différents, en partie , l’organisation est aussi en partie différente : de même, dis-je, Dieu en nous dotant d inslincls divers, nous a logiquement dotés de mains de formes diverses. La main d’un poète ne peut ressembler à celle d’un mathématicien, ni la main d’un homme d’action à celle d’un homme de contemplation. Je n’entends pas parler d’un poète appris, d’un mathématicien appris, mais d’un poète que la nature a fait poète, mais d’un mathématicien que la nature a fait mathématicien. Encore une fois, ce serait avoir une bien faible idée de la prévision de Dieu, de sa justice, de sa puissance, que de croire que les instruments dont il nous a munis ne sont pas appropriés, par la variété de leurs formes, à la variété de nos intelligences.

C’est sur cette vérité, et en partant de ce point

de vue, que j’ai établi mon système. De plus habi- -

les, s’ils le jugent digne de leur attention, le reprenant au pied, l’exposeront et le développeront mieux que je n’ai su le faire. Je ne réclame

que l'honneur d’avoir le premier entrevu les plages fécondes de cette science nouvelle (1 ).

(t) Ou peut-être retrouvée car Anaxagoras, dit-on, voyait aussi des signes indicatifs des tendances de l’esprit dans les formes de la main. Les Grecs ont presque tout entrevu ou deviné. (Note de l’auteur .)

Dénomination des mains.

Les mains peuvent être divisées en sept catégories, lesquelles sont assez distinctes entre elles, par

les formes qui leur sont propres, pour être claire-

ment décrites.

Je leur ai donné les dénominations suivantes : La main élémentaire, ou à grande paume.

La main nécessaire, ou en spatule.

La main artistique, ou conique.

La main utile, ou carrée.

La main philosophique, ou noueuse.

La main psychique, ou pointue.

La main mixte.

Ces types, de même que les races dans l’espèce canine, ne peuvent s’altérer, se modifier que jusqu’à un certain point. Une force secrète, celle qui maintient l’harmonie du monde et qui fait que l’homme de nos jours est le même que celuj du temps de Moïse, les ramenant sans cesse à leur pureté première.

Des différentes manières dont ces types se répartissent et se mêlent entre eux, résultent les différentes civilisations qui se succèdent sur la terre.

Dans ses bois, pleins d’ombre et de rayons. Pan, sur sa flûte, toujours la même, joue des airs toujours différents.

Une nation qui ne compterait que deux ou trois types, serait comme une lyre qui n’aurait que deux ou trois cordes.

L’humanité est un navire dont Dieu est le pilote.

Et l’homme, sur ce navire, est un passager que ses tendances gouvernent.

Il obéit, comme le petit globe qu’il habile, à une

force générale et extérieure, et à une force particulière et intérieure.

Les lois sont nées de la conscience que nous avons de la puissance abusive de nos tendances.

Mais elles constatent notre liberté, en ce sens,

qu’elles résumentles forces réfléchies que notre raison appose aux forces spontanées de nos instincts.

Chaque type s’aflirme par l’invincible persistance des tendances qu’il comporte.

Du jour qu’il n’exhala plus l’harmonieux soupir qui constatait sa divinité, Memnon ne fut plus pris pour un dieu.

Des ligues attachés à la paume de la main.

Avant de dire ma pensée sur les différents types, je vais parler des signes attachés aux différentes parties de la main.

Sur la paume de la main siège le signe des appétits physiques, et, jusqu’à un certain point , celui de V intensité des aptitudes intellectuelles que ces appétits déterminent.

Trop grêle, tropélroite, trop mince, elle indique •• .V. W*

<6 la SCIENCE DE U MAIN.

tion sans chaleur et sans force, des instincts sans portée.

Si vous l’avez souple, d’une épaisseur et d’une surface convenables, c’est-à-dire en harmonie avec les proportions des doigts et du pouce, vous serez apte à tous les plaisirs (privilège inappréciable !), et vos sens, facilement excités, tiendront en haleine les facultés de votre imagination.

• Que sans cesser d’être souple, elle offre des développements trop marqués, l’égoïsme et la sen-

sualité seront vos penchants dominants.

Enfin, si son ampleur est tout à fait hors de proportion avec les autres parties de la main, si elle joint à une dureté excessive une épaisseur excessive, alors elle indiquera des instincts et une individualité marqués au coin d’une animalité sans idées.

Jetez les yeux sur les animaux dont les pieds solides et arrondis sont formés d’un ongle unique, fendu ou non fendu, sur le bœuf, le cheval, l’àne, le dromadaire, par exemple; l’exploitation à notre profit de la force qui est en eux, mais dont Dieu a

drt leur refuser l’intelligence, après leur avoir refuse les moyens de la mettre en œuvre à leur avantage, ne rend-elle pas évident l’excès de leur stupidité? Il n’en est pas de même des animaux dont les pieds sont articulés , comme les lions, les tigres, etc.; la supériorité de leur organisation est constatée par la supériorité de leur intelligence , laquelle est démontrée par la liberté dont ils jouissent.

A la dose de liberté qu’il possède, on peut aussi mesurer la valeur morale d’un peuple.

Vous peserez ces rapprochements, ces similitudes, si succinctement présentés qu’ils soient, et nous passerons outre. Vous fermerez ce livre, si votre esprit ne perçoit rien qu’à l’aide de longs développements.

Les indications fournies par la paume de la V..*-'

main sont nécessairement confirmées ou modifiées par les indications que présentent les autres parties • ' u ,'

de la main

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Les signes attachés ans doigts.

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Laissant de côté les signes douteux ou de peu d'importance, je ne m’occuperai que des signes capitaux, indicateurs à peu près infaillibles des penchants capitaux.

Il y a des doigts lisses, et il y en a de noueux ;

Parmi ces derniers, ceux de telle main n’ont qu’un nœud, ceux de telle autre en ont deux. Les nœuds significatifs ne sont pas ceux qu’on ne découvre qu’à l’aide du tact, mais ceux que l’œil aperçoit d’abord et facilement.

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Nos doigts se terminent ou en spatule, c’est-à-dire en s’élargissant plusou moins; ou carrément, c’està-dire par une phalange dont les lignes latérales se prolongent parallèlement; ou en cône plus ou moins aigu.

A ces différentes formes sont attachés autant de signes différents.

Mais avant de les interpréter, disons un mot des nœuds. ,

Si celui qui lie votre troisième phalange (celle qui porte l’ongle) à la seconde est saillant, vous avez de l'ordre dans les idées ; si celui qui lie votre seconde phalange à la première est saillant, vous avez une dose remarquable d’ordre matériel.

Avec ces deux nœuds, en même temps que vous aurez l’arrangement, la symétrie et la ponctualité, vous procéderez par la réflexion ; entre la pensée et l’action, il s’opérera dans votre esprit un temps d’ arrêt. La science sera en germe chez vous.

Les doigts sans nœuds, au contraire, portent en •* ; .. a

eux le germe des arts. Si positif que soit le but vers

lequel leur intérêt les pousse, ils procéderont tou- ' ' •

jours par l’inspiration plutôt que par le raisonnement, par la fantaisie et le sentiment, plutôt que par la connaissance, par la synthèse plutôt que par l’analyse.

Le goût (au point de vue intellectuel), parce qu’il *,7'*'

résulte de la mesure, appartient surtout aux doigts - •

noueux; et la grâce, parce qu’elle ne se raisonne pas, appartient surtout aux doigts lisses.

Des personnes sacrifient l’ordre supérieur à l’ordre inférieur ; elles se ruinent pour avoir une maison bien tenue. Louis XIV immolait le bien-être à la symétrie, le mérite au rang, l’Etat à l’Eglise. Le nœud des idées lui faisait probablement défaut.

Après la prise de je ne sais quelle bicoque conquise par Picrochole sur Grandgouzier, ledit Picrochole, se comparant à Alexandre Macédo , se proposait d'appugner Angoumois, Gascoigne, Gualice, Espaigne, Tunis, Ilippes , Corsicquc , Roma,

Italie, Hiérusalcm , quand le capitaine Mcrdaille, son conseiller, se levant pour parler : Couvrez, couvrez-vous, dit Picrochole. — Cyreje suis à mon debvoir, mais ne soyez jamais tant soubdain à vos entreprises.

Ce conseil du capitaine Merdaille, j’engage les doigts lisses à le prendre en considération. Ils ont trop de passion, trop de hâte ; en fait d’études, d’amours, d’affaires, ils manquent souvent le but pour y tendre avec trop d’ardeur.

Mais je reviendrai sur ce sujet. Passons à l’interprétation des phalanges extérieures , c’est-à-dire des troisièmes phalanges.

Nous avons sous les yeux sept mains appartenant à autant d’individus. Elles sont tendues vers nous, sans s’appuyer sur rien, et les doigts entr’ouverts.

La première est munie de doigts lisses se terminant en spatule.

La seconde est munie de doigts noueux se terminant aussi en spatule.

A toutes les deux, à cause de la phalange en spatule, le besoin impérieux d’agitation corporelle, de locomotion et très-généralement d’occupation ma-

nuelle — plus d’enlrailles que de cervelle — la science des choses par leur côté utile et physiquement sensible. Amour des chevaux, des chiens, de la chasse ; la navigation, la guerre, l’agriculture, le commerce.

A toutes les deux le sens inné des choses tangibles; l’intelligence instinctive de la vie réelle, le culte de la force physique, le génie du calcul, des arts industriels et mécaniques, les sciences exactes applicables, les sciences naturelles et expérimentales, les arts graphiques, l’administration, le droit, etc., etc. Jacquard, Vaucanson, Constantin Périer avaient les doigts très-spatulés.

Seulement :

Comme les doigts lisses procèdent, ainsi que je viens de le dire, par l’inspiration, la passion, l’instinct, l’intuition, et les doigts noueux (à double nœud) par le calcul, le raisonnement, la déduction, les probabilités, la main aux doigts lisses excellera surtout dans les arts par la locomotion , dans les sciences applicables où l’adresse spontanée et le génie primc-sautier prévalent sur la combinaison.

Le prince Jules de Polignac aimait la chasse, les voyages, l’équitation, les exercices du corps. Son témpérament était sanguin, — il avait le nez aquilin et le teint coloré. Ses épaules étaient larges, sa poitrine saillante, sa taille bien prise ; mais la partie inférieure de son corps ne répondait pas à l’autre : de gros pieds, des jambes arquées, je ne sais quoi de rustique, la mauvaise grâce du cygne hors de l’eau — telle avajt été sa force, dans sa jeunesse , et son agilité , qu’en Russie , ayant été attaqué par un ours, il parvint à le terrasser et à le f tuer. Une autre fois, il vint de même à bout d’une troupe de grands chiens de montagne que des bouviers de l’Oural avaient excités contré lui. Enfin, un jour, sans savoir nager, et uniquement pour donner la mesure de son énergie, il paria qu’il traverserait le Volga dans sa plus grande largeur sans autre aide qu’une main qui le soutiendrait

par le menton ce qu’il fit. De tels athlètes sont peu propres à goûter les subtilités des gouvernements mixtes ; prompts aux coups de tête, prompts aux coups de main, ils s’égarent aisément dans les routes sans limites tangible* de l’idée. Leurs doigts

sont spatulés et tisses. L’Empire a besoin d’un ministre, ils lui imposent un Vizir ; la voile attend un souffle, ils déchaînent la tempête.

Les mains on spatule à nœuds ont les sciences mécaniques pratiques relativement élevées, comme

lecture militaire, navale, civile (genre utile), les

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la statique, la dynamique, la navigation, l’archi- '*'•

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ponts et chaussées, les gros métiers, la stratégie J combinée, etc., etc.

Ainsi Vauban , Monge , Carnot , Cohorn ,

Arago, etc.

Voici maintenant une main dont les doigts lisses se terminent carrément (c’est-à-dire par une phalange onglée dont les côtés latéraux se prolongent parallèlement); cette autre, dont la phalange extérieure est également carrée, a des nœuds dans les doigts.

A toutes les deux, à cause de la phalange carrée , le goût des sciences morales, politiques, sociales, philosophiques; poésie didactique, analytique, dramatique, la grammaire, les langues, la logique, la géométrie ; — amour de la forme littéraire, du

mètre, du rhythme, de la symétrie, de l’arrangement, de l'art défini et convenu ; vues plutôt justes que grandes, génie des affaires, respect personnel, idées positives et moyennes; instinct du devoir et de l’autorité, culte du vrai pratique, bel esprit, esprit de conduite, amour de la progéniture, et généralement plus de cervelle que d’entrailles.

Aux phalanges carrées sont dues les théories, les méthodes qui régissent, non pas la haute poésie, elles n’y atteignent pas, mais les lettres , les sciences et quelques arts. Elles portent le nom d’Aristote inscrit sur leur drapeau, et marchent en tête des quatre facultés.

" : Ce type ne brille pas par l’imagination, comme

les poètes l’entendent. Toutefois, ce qui, dans les

• •<* r - limites qui le circonscrivent, ressort de celte fa-

. " culté, appartient aux doigts lisses, comme la litlé-

, ... — rature proprement dite, j'entends celle qui n’a

, . qu’elle-mème pour fin; et ce qui ressort du raisonnement, de la combinaison, comme les sciences sociales, l’histoire, etc., appartient aux doigts noueux.

Descartes, Pascal, avaient les doigts noueux ; Chapelle, Chaulieu, les avaient lisses.

Les doigts en spatule ont l’action et le savoirfaire d'abord, puis le savoir ; les doigts carrés ont le savoir d’abord, puis le savoir-faire. Il y a plus de mains carrées en France que de mains en spatule, c’estrà-dire plus de gens de langue que de gens de main, plus de cervelles organisées pour la théorie des sciences que d’hommes propres à les bien appliquer.

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La main de monsieur Guizot (l’ex-ministre) est grande avec de gros nœuds et d’amples phalanges carrées — il est de ces esprits rétrospectifs dont la lampe ne jette de rayons qu’en arrière, qui demandent aux morts le secret des vivants, et à qui le temps passé cache le temps présent. Nourri dans le professorat, il en a la marque et le pédantisme. — Deux choses lui ont toujours été antipathiques : la guerre, parce qu’elle laisse dans l’ombre les discoureurs stériles en actes, et le peuple, parce qu’il ne suffit pas, pour lui paraître un grand homme, de montrer un grand esprit — maigre, le teintbilieux.

les traits accentués, habile à légitimer scs lâchetés par des axiomes, il s’est produit par la parole et maintenu par la corruption. — Comme on ne x connaît que ce qu’on aime, il sait par cœur sa légale, sa mécanique Angleterre ; mais notre France, mobile comme sou climat, diverse comme ses zones, avide d’émotions élevées, que l’uniformilé fatigue, que les orages fécondent, et à qui répugnent les sophistes sans pairie matérielle et sans fibre nationale, il ne l’a jamais connue et il ne la connaîtra jamais.

Avec plus de talents et moins de chevalerie que le prince de fabrique papale qui fut si funeste à la branche aînée des Bourbons, M. Guizot a été le Polignac de la branche cadette. Seulement, M. de Polignac, homme d'action, est tombé l’épée à la main, et M. Guizot, homme de doctrine , la parole à la bouche.

Doigts lisses et spatulés, d’une part, doigts ■noueux à phalanges carrées, de l’autre.

Il y a plus de simplicité, mais moins de politesse, il y a plus de franchise, mais moins d élé-

gance chez les peuples où les phalanges en spatules abondent que chez ceux où le type carré domine.

Cette cinquième main a des doigts lisses, dont *' la phalange onglée offre la forme d’un cône ou > '■ / ’<d’un dé à coudre. 4.

Arts plastiques, peinture, sculpture, architec- ■

lure monumentale; poésie de l’imagination et des . .

sens (Arioste), culte du beau par la forme solide et '

visible; entraînements romanesques, antipathie "J ! pour les déductions rigoureuses; besoin d’indépen- 1

dance sociale , propension à l’enthousiasme, assu- . /rjettissement à la fantaisie. Cette même main avec des nœuds : même génie avec plus de combinaison et de force morale.

Celle autre main a des doigts noueux avec des

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phalanges onglées quasi-carrées, quasi- coniques y-- '

(le première nœud donnant à la phalange exté- V ’ * ''■[ rieure une forme à peu pfès ovblde). / • \

Elle indique un génie tourné vers les idées spéculatives, vers la méditation, vers les hautes sciences philosophiques, et les déductions rigoureuses par la parole. Amour du vrai absolu; poésie de la

raison, de la pensée, haule logique, besoin d’indépendance politique , religieuse et sociale; déisme, démocratie, liberté.

C’est la main philosophique ; elle regarde moins en dehors qu’en elle-même, et s’occupe plus des idées que des choses.

Enfin, cette dernière main a des doigts lisses se • ' •

terminant en cône effilé.

Contemplation, religiosité, idéalité ; insouciance des intérêts matériels, poésie de l’âme et du cœur, lyrisme, besoin d’amour et de liberté ; culte de tous les genres de beau, par la forme et par l’essence, mais par l’essence surtout.

J’ai donné à cette main, à cause de ses attributs,

le nom de inain psychique.

Ainsi, aux doigts en spatule et carrés. Dieu a < / - *'*•

donné la matière et la réalité, c’est-à-dire l’indus- -

trie, les arts utiles et nécessaires ; l’action, la théo- ' . . • .

rie des choses , l’intelligence des faits, les hautes • * »• * » sciences ; — ainsi, aux doigts coniques et pointus, , „ . .

Dieu a ouvert le champ sans limites de l’idéalité : , "" / aux doigts coniques, en leur donnant l’intuition du

beau, selon le sens extérieur : l ’ art — aux doigts , ’ ’ ^ .

pointus, en leur donnant l’intuition du vrai et du beau, selon le sens intérieur, la haute poésie, la philosophie idéaliste, le lyrisme.

La main dure, raide, et qui s’étend difficilement : '• jusqu’à sa pleine horizontalité, indique un carat-

1ère peu disciplinaire, un esprit sans souplesse,

... * * , “* 1 ' • * sans élasticité.

Je dirai plus loin quels rapports doivent avoir dans chaque type, les diverses parties de la main entre elles ; mais en attendant, ne perdez pas de vue ce que j’ai dit de la paume et des nœuds ; de la paume, dis-je, qui, comme vous l’avez vu, renseigne sur le tempérament et l’intensité des instincts; et des nœuds, dont l’influence est toujours en harmonie avec le génie que signale la phalange extérieure, et qui accusent l’esprit de calcul et de combinaison.

j Auxgrandesmainsl’espritdeminutieetdedélail.

— De l’amour qu’il eut toute sa vie pour les vétilles, ^ . Z on peut conclure que Frédéric I" de Prusse, qui fut

surnommé le roi Sergent, qui régna la schlague à la main, qui bûtonnaitson fils et dont on s’attirait l’estime avec des bottes bien graissées, avait les mains très-grandes. — De même que du surnom de longue-main, donné à je ne sais quel roi de Perse, on peut inférer que ce prince, dont la politique fut effectivement plus tracassière que grande, avait l’esprit de détail — Louis XVI, né serrurier,

Paul de Russie, né caporal, le glabre François II d’Autriche, né fabricant de cire à cacheter, avaient les mains très-grandes. Ils eurent le génie de leur aptitude, j’entends de leur nature, et ils n’eurent point celui de leur rang. Ils ont régné parce qu’ils étaient de familles royales, ils eussent bien régné s’ils eussent été de nature royale. C’est à peu près la contre partie de la théorie de Joseph de Maistre (Le Pape, livre ni).

Aux mains moyennes l’esprit synoptique, c’est-àdire la conception des détails et de l’ensemble. «

Des villes n’offrent que les côtés acerbes de la civi. lisalion : elles sont sans théâtres mais non pas sans prisons ; sans musées, sans promenades, mais non

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pas sans casernes ; de même, des gens n’ont que les tendances négatives ou mauvaises de leur type.

Apres églantiers dont toute la sève est en épines; indigentes ou sordides silhouettes, qui ne rendent que l’ombre.

L’observation rigoureuse de la mesureétant la con- '

dition nécessaire du rhythme musical, c’est parmi , les doigts carrés qu’on trouve le plus de musiciens ‘ \ ’ J * V corrects et savants. — L’instrumentation appartient surtout aux doigts en spatules, et le chant par excellence aux doigts pointus.

Les musiciens tels quels sont nombreux parmi les mathématiciens et les algébristes; mieux que d’autres, ils pèsent les sons aux nombres.

La main de l’éminent pianiste Liszt étant très-, grande, c’est par le fini; ses doigts étant trèsnoueux, c’est par la précision ; ses phalanges étant très-spatulées, c’est par la force qu’il enlève l’admiration de son auditoire. Maigre, svelte, la tête longue et sèche, le profil en découpure, il secoue, les bras croisés, et d’un air d’infatuation à la fois courtoise et cavalière, ses cheveux lourds et plats, comme ceux de Bonaparte premier consul, ne do-

mandant pas mieux que de rappeler ce personnage et de lui donner un pendant ehez les marchands»d’estampes. 11 s’assied et le concert commence, concert sans autre instrument que le sien, sans autre concertant que lui-même. Ses doigts volent et l’on croirait entendre le piétinement de toute une armée : c’est Attila, c’est le fléau de Dieu qui passe; ou c’est l’ouragan hurlant dans la plaine, tandis que la grêle fouette grain à grain l’ivoire retentissant. Il n’avait pas trop présumé de ses ressources; ses doigts valent, en effet, tout un orchestre — mais, si ardent et si fougueux qu’il semble, il se possède néanmoins; car sa main n’est pas seulement celle d’un instrumentiste, elle est encore celle d’un mathématicien, d’un mécanicien, et par extension, celle d’un métaphysicien, c’est-à-dire celle d’un homme plus réfléchi que spontané — plus d’habileté que de passion, plus d’intelligence que d’âme.

Le génie ergoteur et subtile, l’amour de la polémique, l’instinct de la controverse se rencontrent fréquemment dans les personnes dont la grande main offre des doigts noueux à phalan-

gps carrées. Telle élait sans doute celle de ce fameux monsieur Daube

Qu’une ardeur de dispute éveillait avant l’aube.

Quand, amputé de ses membres les plus robustes et les plus vivaces, tête sans corps, l’empire grec, réduit à une seule ville, s’éteignit enfin dans lesxertiges d un état anormal, les mains que je viens de signaler y gouvernaient sans doute toute chose. Elles se préoccupaient, jusque sous le cimeterre de Mahomet II, d’arguties incompréhensibles, d’abstractions, de distinctions, de criailleries théologiques, manquant ainsi à ce qu’elles devaient à la patrie, non par defaut de courage, elles en montraient à leur manière, mais par stupidité.

Les très-petites mains effilées ont le synthétisme.

Le goût que la France montre aujourd’hui pour les œuvres historiques et littéraires où les détails abondent, prouvent les progrès intellectuels de la démocratie ; car elle est la souche laborieuse des grandes mains, comme l’aristocratie est la souche oisive des petites mains. Or, un peu avant la Révolution, on n’écrivait guèresque pour l’aristocratie,

laquelle préférait naturellement les livres synthétiques aux livres analytiques.

Notre admiration pour les œuvres des artistes et des écrivains est en raison des rapports plus ou moins nombreux qui existent entre notre organisation physique et la leur.

C’est une beauté que des nœuds pour les doigts en spatule et même carrés, attendu qu’ils sont voués par la nature aux arts utiles qui sont des arts de combinaison ; mais ils sont une difformité pour les -, doigts coniques et pointus, attendu que ces doigts > sont voués aux arts libéraux qui sont des arts d’inspiration.

Au reste, la prédominance de l’inspiration,, ne comporte pas l’absence de tout génie de combinaison, de même que la prédominance de la combinaison n’implique pas l’absence complète de l’inspiration.

Alexandre procédait, selon l’expression de Bossuet, par grandes et impétueuses saillies. Il chérissait les poètes et n’avait que de l’estime pour les philosophes. César chérissait les philosophes et

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ou

n’avait que de l’estime pour les poètes. Tous les deux sont parvenus au fait de la gloire ; le premier par l’inspiration étayée de la combinaison, le second par la combinaison étayée de l’inspiration. Alexandre fut grand par l’âme, et César par l’esprit.

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