‹ La science de la peintureChapitre 27 sur 63 · DE L'EXÉCUTION · texte numérisé non relu

DE L'EXÉCUTION

Nous avons dit qu'à l'exécution le peintre, affranchi de toute sagesse, pourrait peindre à sa guise ; nous ferons toutefois remarquer que les empâtements excessifs, à part qu'ils ne peuvent être vus sous tous les jours, sont plutôt nuisibles à la solidité de la peinture et qu'il ne sera pas nécessaire d'en abuser, puisque, trouvant toujours aux endroits qui sont en lumière une ébauche lumineuse, et aux endroits foncés une ébauche déjà sombre, on n'aura pas à faire, pour couvrir, les efforts qui se traduisent toujours par un épaississement de couleur, quand on doit faire lumineux sur un fond sombre ou sombre sur un fond lumineux.

Ici une objection va se présenter naturellement, si, malgré sa sagesse, on s'est trompé dans l'ébauche, ou si on change d'idée, si

l'ébauche et l'exécution. 193

enfin, là où l'on avait ébauché un personnage en bleu, on le veut en rouge ou si, après avoir pensé mettre un tapis sur une table, on le veut remplacer par une nappe blanche, etc.

Nous répondrons qu'il ne faut pas hésiter et enlever l'ébauche complètement avec de la benzine à l'endroit que l'on veut changer, et l'ébaucher à nouveau comme on le désire.

Toutes les fois que l'on peut exécuter du premier coup, cela vaut mieux ; mais il est certain qu'il n'est pas possible de tout faire ainsi ni toujours réussir. Il y a des glacis nécessaires et des morceaux ratés.

Quand on est donc forcé de reprendra plusieurs fois, il faut ne le jamais faire sans avoir préalablement frotté un peu de vernis à retoucher et ne jamais repeindre deux fois de suite le même morceau en pleine pâte, c'est-à-dire éviter les repeints.

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