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LA GOUACHE

La gouache n'est pas autre chose qu'une détrempe ; seulement les couleurs y sont détrempées avec de la gomme arabique fondue dans l'eau, au lieu de colle de peau. Nous n'aurons donc rien à dire de plus à ce sujet.

LA PEINTURE A L'CEUF

Ce procédé, un des plus anciens, se prête à une grande quantité de combinaisons. Il peut aller depuis la détrempe jusqu'à l'aquarelle,

l'œuf.

c'est-à-dire depuis la plus grande matité jusqu'à la plus grande transparence ; et comme il permet l'adjonction des résines et de la cire, il peut acquérir une solidité que la peinture à l'huile n'aura jamais.

Anciennement on broyait les couleurs à l'eau et on les détrempait avec des jaunes d'œufs frais émulsionnés à l'eau froide (c'est la détrempe à l'œuf), on y adjoignait quelquefois le blanc d'œuf naturel ou Talbumine pour augmenter la transparence. Pour introduire les résines, on les faisait préalablement dissoudre dans une essence et c'est à l'état de vernis qu'on les mêlait à l'œuf, soit directement, soit en émulsion avec de l'eau.

Pour introduire la cire, il fallait d'abord la rendre miscible à Feau par l'intermédiaire d'un alcali et l'on n'en connaissait qu'un, qui était la chaux.

C'est par ces mélanges habilement employés qu'ont été obtenues ces peintures du moyen âge, ayant résisté à plusieurs siècles sur les murs humides, et que l'on a souvent prises à tort pour des fresques. De même beaucoup de

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tableaux sur bois^ sur cuivre, ardoise ou autres matières peints de la mêrue façon ont été considérés comme des tableaux à l'huile. Ce qui a fait commettre cette erreur, c'est que, dans ces peintures, les modelés des chairs sont tellement fondus et si finis qu'ils n'ont pu être exécutés qu'avec une pâte visqueuse longtemps malléable comme est la couleur à Thuile; mais les peintres du moyen âge obtenaient ces mêmes résultats en triturant le jaune d'œuf directement, sans eau, avec une résine : l'huile que contient celui-ci la dissolvait, et les couleurs broyées avec cette pâte avaient absolument la consistance de la peinture à l'huile.

Aujourd'hui, si l'on veut imiter ce genre de peinture, il n'est pas nécessaire de prendre des œufs; il est plus simple de faire l'analyse des matières que contenaient ces mélanges, de ne prendre que celles qui sont utiles et de reproduire ainsi cet antique procédé.

— Qu y a-t-il dans un œuf?

— Le jaune et le blanc.

— Qu'y a-t-il dans le jaune?

— De la vitelline analogue à la caséine,

LA PEINTURE A l'œUF. 24^

une huile, plus du soufre et autres matières inutiles.

— Qu y a-t-il dans le blanc ?

— De l'albumine et autres matières inutiles. Pour reconstituer les parties utiles de Foeuf,

il suffît donc de caséine, d'huile d'œufet d'albumine. Nous pouvons y introduire les résines en les dissolvant directement dans Fhuile d'œuf, y introduire la cire avec Falcali volatil (ammoniaque), qui transforme en même temps la caséine en colle, et voilà la peinture à Tœuf refaite chimiquement et plus purement qu'autrefois, puisque nous n'avons pas les matières inutiles de l'œuf : entre autres, le soufre, qui serait même nuisible, si l'on voulait employer le blanc de plomb. Une peinture exécutée par ce procédé est excessivement solide, surtout si on la recouvre avec un vernis final de bonne qualité. On pourrait pour cet usage essayer un vernis composé de résine normale dissoute dans l'huile d'œuf dans les proportions de deux parties de résine contre une partie d'huile. Comme ce vernis serait beaucoup trop épais pour être employé, on pourrait l'étendre

de pétrole volatil, qui, une fois évaporé, ne laisserait que l'huile et la résine. Mais ce vernis est très lent à sécher, il poisse pendant des semaines, et il faudrait que le tableau fût mis à l'abri de la poussière pendant tout le temps du séchage : aussi ne donnons-nous pas cette formule comme bien pratique.

L'huile d'œuf peut aussi dissoudre le copal, en le décomposant beaucoup moins que toute autre huile, parce que le point d'ébullition de l'huile d'œuf est juste le même que le point de désorganisation du copal, 370 degrés centigrades, et que celui-ci, étant bien immergé dans de l'huile d'œuf bouillante, ne peut ainsi être porté à une température supérieure.

Les solutions du copal dans l'huile d'œuf sont incolores et il n'y a pas de perte de poids.

Les vernis ainsi obtenus sont donc beaucoup plus forts que ceux à l'huile de lin et ne jaunissent pas.

Tout ceci, comme nous l'avons dit déjà à propos de l'huile d'œuf, est peut-être l'avenir; mais, pour l'instant, personne n'a encore étudié cette question, car on ne peut donner comme

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une étude suffisante les quelques expériences que nous avons pu faire et que nous n'avons pas poursuivies, comme hélas! tant d'autres choses intéressantes, pour Téternelle raison que la vie est courte et qu'à tout entreprendre on ne termine rien.

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